D'où viennent les géants de l’agrochimie ?

Christian Gloria - Réussir Grandes Cultures Février 2012

D'où viennent les géants de l’agrochimie ?
Trois multinationales se partagent 62 % du marché des produits phytosanitaires en France. © V. Marmuse / CAIA

Les grands groupes phytopharmaceutiques ont peu évolué depuis dix ans, après une période de fusions et acquisitions renversante entre 1992 et 2002.

Bayer CropScience, Syngenta, BASF : ces trois multinationales se partagent 62 % du marché des produits phytosanitaires en France. Comment est née leur domination dans l’agrochimie ? Que sont devenus les illustres Ciba Geigy ou Rhône-Poulenc ?
De 1992 à 2002, le monde de l’agrochimie a été l’objet de bouleversements qui ont conduit à la création des grands groupes que l’on connaît aujourd’hui. « Ces consolidations, comme les nomme Jean-Charles Bocquet, directeur de l’UIPP, ont concerné les sociétés américaines (DuPont, Monsanto, Dow avec Rohm § Haas…) et européennes (Bayer, BASF, Ciba, Sandoz, Rhône-Poulenc…). Des groupes japonais ont, quant à eux, pris des participations ou créé certaines sociétés (Philagro…). »

Petit à petit…

Syngenta est issu notamment de fusion-acquisition de groupes suisses (Ciba, Sandoz donneront naissance à Novartis) et britannique (ICI devenant Zeneca). Le groupe américain Cyanamid a acquis la branche agriculture de Shell en 1993. Le nouveau groupe AHP est racheté par BASF en 2000. Les Allemands Hoechst et Schering créent Agrevo en se regroupant puis Aventis avec le Français Rhône-Poulenc. Puis, Bayer emportera tout le morceau au début des années 2000 pour aboutir à Bayer CropScience, premier groupe phytosanitaire actuel en France.
À côté de ces grandes acquisitions ou fusions, les sociétés ont continuellement racheté de petits groupes agrochimiques de par le monde. C’est ce qui se passe encore actuellement, de façon beaucoup moins visible que de grands chamboulements à coups de milliards d’euros. Les groupes investissent également dans le secteur semencier.

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Repère n°1 : marchés de niche

D’origines diverses, plusieurs sociétés ont émergé en France en se spécialisant sur des marchés de niche et sur les produits génériques : Belchim Crop Protection (belge, japonais), Certis (japonais), Gowan (américain), Nufarm (australien)… Leurs parts de marché oscille entre 0,5 et 2 % en France. D’autres sociétés arrivent sur le marché français en développant des spécialités tombées dans le domaine public comme Sapec (Portugal) et Rotam (Singapour, Chine).

Repère n°2 : parts de marché

En 2003, cinq sociétés détenaient 80 % du marché français : Bayer, BASF, Syngenta, Phyteurop et Dow. En 2010, la même part de marché revient à sept groupes avec Philagro et Makhteshim Agan en plus selon l’UIPP. En 2010, le chiffre d’affaires des produits phytosanitaires s’élevait à 1,8 milliard d’euros en France. Celui de Bayer CropScience était de 480 millions d’euros (M?) suivi par BASF (345 M?) et Syngenta (342 M?) pour leurs branches phytopharmacie.

Repère n°3 : Asie dans la danse

La Chine et l’Inde s’intéressent de près au marché des phyto. Dans les faits, ChemChina a fait l’acquisition de 60 % du capital de Makhteshim Agan le 18 octobre dernier. ChemChina est le plus grand producteur chimique de Chine. Makhteshim Agan se voit dès lors comme une « puissance économique mondiale en solutions de protection des cultures. » En 2006, l’Indien UPL (United Phosphorus Limited) avait déjà racheté Cerexagri.

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Commentaires 1

elplantador

à force de se racheter entres elles, est ce que toutes ces firmes vont enfin pouvoir se racheter une conduite ?

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