Dans l'Orne : Des rendements en blé qui ne progressent plus

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Dans l'Orne : Des rendements en blé qui ne progressent plus

Concernant la Ferme Orne, “les rendements en blé ne progressent plus depuis 20 ans. Ils suivent même une droite de régression,” analyse Xavier Goutte en charge de l'agronomie et productions végétales à la Chambre d'Agriculture.

Programme chargé pour les élus de la Chambre d'Agriculture réunis en session ce lundi. Les rendements et marges de la moisson 2011 et leurs évolutions dans le temps sont tombés. Un bilan de l'opération paille a été dressé avant d'enchaîner sur les dossiers calamités, viande bovine...

Un effet météo

“En blé, les rendements ne progressent plus depuis 20 ans. Il sont même en légère baisse en suivant une droite de régression”. Chiffres à l'appui (voir tableau), Xavier Goutte (responsable agronomie et productions végétales) explique ce phénomène par le ciel. “On n'atteint plus les sommets du passé. Cela s'explique par la météo”. 2011 ne déroge pas à cette tendance lourde : sec et chaud alors que 2010 avait été sec et froid. “4oc de plus que la moyenne trentenaire au printemps. L'été avant l'heure.” 2011 se caractérise également par un déficit hydrique. La norme des 60 mm d'eau par mois n'a été atteinte qu'en juin. Illustration avec la station d'Argentan : 30 mm en janvier. “On a tapé dans les réserves utiles des sols dès le début de l'année”, résume Xavier Goutte. Conséquence, dans la plaine nord par exemple, le potentiel s'est trouvé compromis dès mars.

De 30 à 115 qt/ha

Cette météo capricieuse combinée à la différence de nature des sols dans le département se sont traduites par de très gros écarts de rendements. “De 30 à 115 qt/ha en blé”, avec in fine une moyenne à 71 “mais parler de moyenne cette année est un exercice particulier”, pondère Xavier Goutte. Si la plaine nord a terriblement souffert, notre agronome évoque “un triangle d'or Le Merleraut - Moulin-la-Marche - Echauffour qui a pris 10 mm de plus qu'ailleurs en avril/mai”. Le Pays d'Auge, sauf dans sa partie nord/ouest (Neauphes-sur-Dives), s'en tire également très bien.
En orge, les écarts sont également monstrueux avec une moyenne en légère progression par rapport à l'an dernier (+ 1 q) mais encore loin de 2008 et 2009 (76 qt). Petite année pour le pois sans catastrophe. A contrario du blé et de l'orge, beaucoup de parcelles s'articulent autour de la moyenne estimée à 41 qt.
La grande satisfaction de ce cru 2011, c'est le colza. “La recherche a fait d'énormes progrès. On a récupéré le retard des années 80/90. 2011 est la meilleure de ces 20 dernières années avec du nouveau matériel génétique”, commente Xavier Goutte. L'implantation automnale avait pourtant été délicate mais la plante a pu faire son enracinement très tôt. La moyenne 2001 s'établit à 41 qt “et en matière de marge, c'est le colza qui s'en tire le mieux”.
S'il fallait un perdant, ce serait la féverole. Un désastre (25 qt) qui va sans doute se traduire par une sole 2012 en recul massif même si les surfaces départementales n'étaient déjà pas très significatives.

6 900 tonnes de paille pour 135 éleveurs

“On recherchait au départ 25 000 tonnes de paille. On en livrera finalement 6 900 T d'ici le 16 septembre”. Aux commandes de l'opération “paille”, Michel Salmon et Jean Vigue ont mouillé leur chemise tout l'été d'autant plus que la pluie revenue a particulièrement compliqué les chantiers.
A ce jour, une vingtaine de camions en provenance de la Somme restent à réceptionner. Les 135 éleveurs ayant fait appel à l'association “Orne Solidarité Sécheresse” seront alors couverts pour l'hiver. Cette paille provient d'Eure-et-Loir (2 620 t, 960 ha , 27 céréaliers), de l'Eure (2 200 t, 609 ha, 25 céréaliers) de la Somme (2 000 t, achat en barge) mais aussi de l'Orne (80 t, 2 céréaliers). Au-delà de quelques impondérables (3 incendies criminels de barge, un haras qui a refusé la livraison...), Jean-Louis Belloche (président de la Chambre d'Agriculture) s'est félicité de l'initiative. “Ça a permis de moraliser le prix de la paille rendue ferme même si 90 e/t, c'est encore élevé pour les éleveurs. On a réussi une belle opération. Un merci particulier au Conseil général pour son aide financière”. La gratuité des péages, négociée par la FNSEA auprès des sociétés d'autoroute, a contribué aussi à réduire la facture. Reste que quelques enseignements ont été tirés de ce chantier 2011. S'il fallait réitérer l'opération en 2012, “utiliser toute la paille qu'on a chez nous (Ndrl : plus particulièrement dans l'Eure avant d'aller en chercher plus loin) et tout écrire dans les contrats”, recommande Michel Salmon. Dernier conseil du directeur adjoint de la Chambre qui assistait à sa dernière session. Après 39 années au service de la Ferme Orne, Michel Salmon fait valoir ses droits à la retraite à la fin du mois. Il a démarré sa carrière avec l'excès d'eau en 1974, puis la sécheresse en 1976. Il a démontré cet été qu'il n'avait pas perdu la main face aux caprices de la météo. Cela méritait bien une salve d'applaudissements. Alors bonne retraite Michel.

Procédure calamité sécheresse 2011

1 200 dossiers ont été déposés. Le président de la Chambre d'Agriculture a une nouvelle fois soulevé le problème de la méthodologie de calcul qui pénalise fortement les systèmes “herbe”. Un dossier compliqué avec peut-être le risque pour les bénéficiaires d'avoir un jour à rembourser cette aide. Autre proposition de Jean Grimbert : demander l'exonération de la taxe sur le foncier non bâti pour faire face aux difficultés de trésorerie générées par la sécheresse.

TG

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Source Réussir l'Agriculteur Normand

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