Des prix du foncier agricole très variables d'un bout à l'autre de l'Europe

La rédaction

Des prix du foncier agricole très variables d'un bout à l'autre de l'Europe
La fin des quotas laitiers a contribué à faire grimper encore un peu plus à la hausse les prix de la terre aux Pays-Bas. - © Actuagri

Des écarts gommés en partie par la valeur ajoutée produite

Que signifient exactement ces écarts de prix ? Dans son rapport sur le prix de la terre, la FNSafer montre que si l'on rapporte le prix des terres à la valeur ajoutée corrigée produite à l'hectare, les différences se nivellent en partie. Il faut ainsi 6 à 7 ans de valeur ajoutée par hectare pour acheter un hectare en France et à peine 10 aux Pays-Bas. Toutefois, au Royaume-Uni et en Allemagne, les prix paraissent davantage déconnectés des réalités agricoles : il faut dans les deux cas plus de 20 ans de revenus pour acquérir un hectare.

Pour acheter un hectare de terre agricole, il faut dépenser un peu plus de 6000 euros en moyenne en France... Mais 55 200 euros aux Pays-Bas ! Avec la Pologne, l'Hexagone fait figure d'eldorado européen des terres pas chères. D'autant plus qu'au fil des ans, les écarts se creusent entre les états de l'Union. Il y a vingt ans, l'hectare hollandais ne se négociait « que » 18 000 euros contre quelque 4 000 euros en France. De 1 à 4,5 à l'époque, le rapport est passé de 1 à 9. Plusieurs facteurs expliquent ces ratios : les différences de niveau de revenus entre agriculteurs, les taux d'intérêt qui font monter les prix lorsqu'ils sont faibles, or ils sont plutôt un peu plus élevés en France qu'aux Pays-Bas ou en Belgique par exemple, mais aussi les politiques nationales ou bien l'arrivée des investisseurs. Aux Pays-Bas, la fin des quotas laitiers a ainsi provoqué un boom du marché. Les prix ont grimpé de 6 % car les exploitations ont profité de l'occasion pour s'agrandir.

Un effet assez neutre du Brexit sur les prix britanniques

Dans les quatre pays qui constituent le groupe de tête en dehors des Pays-Bas — le Royaume-Uni, l'Allemagne, le Danemark et l'Italie —, la terre se négocie peu ou prou autour de 20 000 euros l'hectare en moyenne. Malgré les incertitudes politiques liés au Brexit, quelque 72 000 hectares se sont échangés en 2016, à peu près comme en 2015, selon le cabinet britannique Savills, expert en valeurs immobilières. Les prix ont toutefois baissé de 3 %. Pour Savills, le marché a peu bougé en 2016, hormis sur quelques points. Ainsi, la proportion d'acheteurs non agriculteurs a par exemple augmenté. En Allemagne, d'après des chiffres d'Euractiv qui s'appuie sur des sources officielles allemandes, l'hectare se serait négocié en hausse de 8 % en 2015. La politique de soutien aux cultures énergétiques engagée en 2004 continue d'alimenter une tendance haussière. Globalement, la tendance est à l'agrandissement des fermes et c'est à l'est du pays que les prix augmentent le plus.

Orientation plutôt baissière au Danemark et en Italie

Au Danemark et en Italie, qui complètent le peloton de tête, les prix sont plutôt tendanciellement orientés à la baisse. Au Danemark, où ils ont néanmoins légèrement grimpé en 2015, la forte baisse des revenus agricoles plombe le marché. Les envolées du marché des terres de la fin des années 2000 semblent bel et bien terminées. En Italie, la mauvaise conjoncture des exploitations se double d'un accès au crédit difficile. Tout n'est pas plus simple ailleurs.

Source Réussir Grandes Cultures

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 5

cestmoi63

que les marges soient positive ou négative ne change rien à l'augmentation du prix des terres qui ne se justifie pas d'un point de vue économique. Mais les agri ne considèrent pas la terre comme un elt économique mais patrimonial; donc le retour sur invest ne veut rien dire pour eux. De plus, combien d'agri calcule véritablement leur marge ou leur coût de commercialisation? de plus s'ils sont 100% contracté en coop?

@bruno02

citer nabila parait raccord avec ton commentaire
des cessions a prix d'or il y en a partout bonne ou mauvaise region , meme apres années difficiles , soit le pactole etaient enorme avant et dans certaines bonnes regions c'est vrai , soit les banques pretes , sur du foncier elle recuperent souvent plus la mise avec donc des clients deraisonnable , soit certains se plaignent plus que de raison ca se voit vite , en tout cas le comptable me dit que sur son secteur tous les types assurés aleas climatiques font des resultats positifs , oui positif malgré 3t/ha de rendement blé et 25% de franchise

coast62

Je suis désolé, il n'y a pas que l'urbanisation qui fait monter le coût du foncier,
j'y avis même mis un petit com http://www.pleinchamp.com/forums-pleinchamp/plein-champ-sur-les-cereales/la-safer-nous-protege/(offset)/20
les agriculteurs sont aussi responsables...
certaines personnes en voyant ces chiffres veulent te vendre au max régional..... (si c'est pas toi, c'est un autre). Ce sont les fossoyeurs du métier....
on fait partie du même milieu, on cultive la même terre, mais on ne fait pas partie du même monde

CRASH38

Pour la France, il faut lire attentivement mais attentivement les textes du journal officiel et particulièrement ce qui est écrit en minuscules caractères en bas de tableau ! Le prix maximum (des terres) n'est pas du tout celui écrit dans le tableau mais celui qui est dépassé par x% des transactions (sans quantification ni qualification) ! Moyen de satisfaire les actions limites des affaires des SAFER et leur pouvoirs exorbitants du droit de propriété universel dans tous les pays d'Europe. La FNSAFER ne défend que ses ouailles c'est à dire les SAFER et le conseil d'administration (les membres) de ces sociétés souvent des SA !

Bruno 02

L'urbanisation mange, à prix d'or, nos hectares et faussent les cours des véritables terres agricoles qui restent à vocations agricoles.
Qui irait aujourd'hui acheter aux prix évoqués avec les marges négatives de ces 2 dernières années ???
Non mais allô, quoi !

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier