Disponibilité en eau : faut-il être inquiet ? Vigilant surtout…

Xavier CASSEDANNE, Crédit agricole SA

Disponibilité en eau : faut-il être inquiet ? Vigilant surtout…

Le déficit hydrique accumulé depuis l’automne est encore marqué dans de nombreux pays et notamment en France, Espagne, Roumanie et Slovaquie.

En France, les précipitations sont bien revenues fin février et début mars. Elles seront déterminantes pour remplir les réserves d’irrigation du maïs grain, surtout dans les régions Centre Val de Loire, Pays de la Loire et le nord de la Nouvelle Aquitaine. Ces précipitations atténuent la sécheresse mais ne permettent pas sur cette période un retour à la normale. Dans le cas de réserves non remplies, les agriculteurs pourraient être poussés à revoir davantage à la baisse leurs intentions de semis en maïs grains. D’ailleurs, à ce jour, les semis de tournesol ont débuté dans le sud du pays et la surface pourrait sensiblement augmenter, notamment au détriment du maïs grains, en raison de ces inquiétudes persistantes sur le manque de disponibilité en eau.

Nappes phréatiques : une situation hétérogène

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Dans le même temps, le Bureau de recherche géologiques et minières (BRGM) constate que la situation des nappes phréatiques au 1er mars 2017 est hétérogène selon les régions. Une partie importante du territoire n’a pas bénéficié de la recharge hivernale habituellement observée à cette période de l’année. Là encore, le déficit des pluies hivernales en est la principale cause. Selon un communiqué du BRGM en date du 22 mars, seulement 28 % des nappes phréatiques affichent un niveau moyen ou modérément haut, en particulier sur une faible partie du sud du Bassin parisien et le pourtour méditerranéen. L’Ouest affiche des niveaux très déficitaires en termes de recharge.

Compte tenu de cette situation, les services préfectoraux des Deux-Sèvres, par exemple, ont mis en place une vigilance renforcée : un suivi quotidien est assuré sur les cours d'eau et les nappes, de façon à préserver les ressources destinées à l'alimentation en eau potable. Le préfet a été amené à prendre les premiers arrêtés de restriction d'eau de l'année mais, ceux-ci ont été levés depuis peu de temps avec le retour des précipitations.

D’autres régions sont concernées par des niveaux plus bas que le moyenne, il s’agit de l’Adour-Garonne, des aquifères de l’est du territoire (Lorraine, Franche-Comté, Alsace) ainsi que les aquifères de la Vallée du Rhône.

Blé : bonnes ou très bonnes conditions de culture 

Les conditions de semis ont été difficiles pour le colza, du fait d’une période très sèche. Les régions les plus touchées sont le Grand-Est, la Franche-Comté, le Centre-Val de Loire et l’Occitanie. Néanmoins, les autres cultures semblent avoir passé le cap de l’hiver de manière satisfaisante. Selon Céréobs de FranceAgrimer, les conditions de cultures en blé tendre sont notées bonnes et très bonnes pour 90% des surfaces au 27 mars.

Des précipitations sont encore nécessaires pour augmenter l’humidité des sols en profondeur et permettre aux cultures de résister à des épisodes secs prolongés. La vigilance est donc de mise et renforcée depuis l’arrivée des températures élevées en ce début avril. Cela pourrait entraîner un déficit hydrique à terme. Les régions à suivre sont la nouvelle Aquitaine et Poitou Charentes qui cumulent les déficits : des prévisions à 15 jours peu optimistes (-43% de précipitations vs moyenne cinq dernières années sur les 15 prochains jours), alors que la période des semis maïs démarre. Autres régions sensibles : Rhône Alpes et Franche Comté.

Une nouvelle carte du BRGM, montrant l'état des nappes en fin de période de recharge hivernale, sera diffusée le 20 avril. Elle devrait permettre d’y voir plus clair.

Source Service expertise du Crédit agricole SA

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