Dow et Dupont pourraient fusionner pour donner naissance à un géant de la chimie

Dow et Dupont pourraient fusionner pour donner naissance à un géant de la chimie

Les deux géants de la chimie Dow Chemical et DuPont pourraient annoncer dans les prochains jours leur fusion pour donner naissance à un géant, pesant près de 120 milliards de dollars en Bourse. Une fusion risque de compliquer le redressement de la chimie européenne et entraîner d'autres rapprochements.

Selon des sources bancaires, Dow Chemical et DuPont veulent fusionner, pour 120 milliards de dollars, afin de créer un géant, avec des activités allant des pesticides aux semences transgéniques en passant par l'isolant thermique Styrofoam et la fibre synthétique Kevlar, utilisée dans la fabrication de gilets pare-balles.

Les deux entreprises espèrent ainsi répondre à la chute des prix des matières premières et au ralentissement de grandes économies émergentes (Chine et Brésil) qui ont entamé la rentabilité du secteur. "C'est une opération de fusion défensive aux Etats-Unis pour ensuite peser plus lourd sur les marchés sur lesquels ils veulent se recentrer en Europe", juge M. Livinec.

La fusion, qui reste très incertaine, ferait du groupe un géant des pesticides et des semences, relançant les spéculations de nouveaux rapprochements.

"Si jamais cette opération de fusion est réalisée, (le nouveau groupe) sera un concurrent pour les filières (européennes de la) pétrochimie et plasturgie, qui va peser très très lourd. Et, la chimie européenne risque d'en souffrir", explique Marc Livinec, conseiller sectoriel chimie chez Euler Hermès.

 

La chimie européenne se redresse doucement depuis deux ans

Cette annonce rendrait notamment  plus probable le fait que Monsanto tente d'approcher de nouveau Syngenta afin de maintenir sa position sur ce marché. Monsanto, spécialisé dans les semences transgéniques, avait renoncé en août à son projet de rachat de Syngenta devant le refus des dirigeants du groupe suisse. Ces derniers ont également récemment rejeté, selon les analystes, une offre de ChemChina.

D'autres rapprochements pourraient avoir lieu "au niveau mondial, dans l'agrochimie et les polymères de performance, et l'Europe n'y échappera pas", explique Enrico Polastro, vice-président du cabinet Arthur D. Little, en estimant que des entreprises comme Arkema et Evonik pourraient être concernées.

Après avoir connu à partir de 2008 une crise très importante, la chimie européenne se redresse doucement depuis deux ans (+0,6% en 2014, +0,2% sur les trois premiers mois de l'année). Une reprise favorisée par la chute du cours du pétrole, qui lui a permis de réduire quelque peu son écart avec les Etats-Unis -qui bénéficient de prix très bas avec le gaz de schiste- et la dépréciation de l'euro par rapport au dollar.

Avec un chiffre d'affaires (hors pharmacie) de 551 milliards d'euros, la chimie européenne détient la deuxième place au niveau mondial, devant les Etats-Unis (468 mds EUR) mais loin derrière la Chine (1.111 mds EUR), selon le Cefic (Conseil européen de l'industrie chimique).

Source avec AFP

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