Entreprises : Les semenciers français gardent le cap à l'Est

Gabriel Omnès et Nicole Ouvrard

Le gigantesque marché potentiel de l'est de l'Europe continue d'attirer les semenciers, même si la crise accroît les incertitudes économiques sur ce front.

Le formidable enjeu commercial des pays à l'est de l'Europe n'a pas fini d'attirer les semenciers. Le groupe RAGT profitait du rassemblement d'Euromaïs, près de Colmar, début septembre, pour souligner sa « stratégie clairement positionnée sur le continent européen, de l'Atlantique à l'Oural ».
Et c'est plutôt du côté de l'Oural que se situent les terres à défricher. Le semencier dévoilait ainsi l'ouverture de deux nouvelles stations de recherche, en Hongrie et en Ukraine, respectivement consacrées au maïs et au tournesol, qui ont conduit leurs premières expérimentations cet été. Cela porte à 15 le nombre de ses stations éparpillées sur le territoire européen.

Semences dans l'usine Euralis de Tcherkassy, en Ukraine. À cause de la crise, il est difficile de se faire payer, malgré un potentiel de marché des semences formidable. (N. Ouvrard)

Semences dans l'usine Euralis de Tcherkassy, en Ukraine. À cause de la crise, il est difficile de se faire payer, malgré un potentiel de marché des semences formidable. (N. Ouvrard)

Réduire les coûts

Avec ses 140,7 millions d'euros de chiffre d'affaires pour l'activité semences sur l'exercice 2007-2008, le groupe affirme être désormais à la tête « d'un dispositif mature, permettant de répondre aux besoins de l'ensemble du marché européen ».
Du côté d'Euralis, on croit aussi au développement à l'Est. « Il y a un marché formidable », s'enthousiasme Vincent Rocheteau, directeur général d'Euralis semences Ukraine. Le marché de la Communauté des États indépendants (CEI) représente 6 millions d'hectares de maïs et 10 millions de tournesol. De plus, Euralis est leader dans les variétés de maïs précoce, ce qui correspond au deux tiers du marché de la zone. « Nous sommes les seuls semenciers de l'Ouest à avoir un outil de production sur place, acquis en 2007. Cela nous permet de réduire les coûts de production et de gagner en compétitivité. Notre objectif est de doubler notre part de marché en semences de maïs pour atteindre 8 % à 10 % fin 2010 », explique le directeur général. Mais le marché local est difficile et peu sûr. « Nous ne vendons qu'à des distributeurs, pas directement aux agriculteurs, et nous avons une assurance crédit pour sécuriser les paiements ».

Les effets de la crise

Ces incertitudes sur le paiement ont temporairement fait reculer Limagrain. Malgré son chiffre d'affaires de 1,2 milliard d'euros pour l'exercice clôt en juin 2009 et ses filiales dans 36 pays, le groupe semencier a reconnu le 15 septembre devant la presse avoir mis entre parenthèses ses ambitions à l'Est. « Nous disposons d'une filiale en Ukraine et en Russie, mais la crise a contrarié notre développement, a expliqué le directeur général Daniel Chéron. Nous avons préféré ne pas trop vendre sur ces pays cette année à cause de l'inquiétude de ne pas être payé. Dans les pays de l'Est, le potentiel est très important, mais il faut être prudent face à une situation économique pas encore stabilisée. »
Avant de préciser qu'il entendait maintenir le cap, comme le prouve le voyage qu'il devait entreprendre quelques jours plus tard au Kazakhstan pour y étudier les opportunités offertes par ce pays.

Source Réussir Grandes Cultures Octobre 2009

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