Epandage de pesticides: malaises en série dans une école primaire de Gironde

Epandage de pesticides: malaises en série dans une école primaire de Gironde

Une vingtaine d'enfants d'une école primaire girondine et une enseignante ont été pris de malaises le 5 mai, après l'épandage d'un fongicide sur des vignes à proximité, a-t-on appris mercredi de sources concordantes.

Les faits, révélés mercredi par le quotidien Sud Ouest, se sont produits dans la matinée dans cette école primaire entourée de vignes située à Villeneuve (393 habitants), accueillant 46 enfants âgés de 8 à 10 ans, selon Pierre Kessas, l'inspecteur d'académie supervisant l'établissement. Selon lui, "certains enfants se sont plaints de picotements aux yeux, de maux de gorge" et le phénomène devenant "collectif", le directeur a suivi le protocole qui s'impose dans ce cas: confinement des enfants et demande d'intervention du médecin scolaire. L'Agence régionale de santé (ARS) et le centre antipoison ont également été alertés, a-t-il déclaré, en précisant qu'une enseignante, prise de violents maux de tête, avait été emmenée aux urgences, d'où elle est cependant sortie le jour même.

Il y a eu des "irritations oculaires, des voies ORL, des céphalées", a également expliqué le docteur Martine Vivier-Darrigol, responsable de la cellule de veille à l'ARS, en précisant qu'il s'agit des "effets connus des fongicides" et qu'ils "correspondent bien aux symptômes décrits" par 24 enfants. Les enfants ne courent en principe aucun risque à moyen et long terme, a-t-elle précisé. Le malaise, qui a suscité la colère de parents d'élèves, a aussi entraîné l'ouverture d'une enquête de la Direction régionale de l'alimentation, l'agriculture et la forêt, a précisé M. Kessas. La maire de Villeneuve, elle-même viticultrice, n'a pu être jointe. 

L'ONG Générations futures, qui fustige régulièrement les effets des pesticides, a dénoncé les faits dans un communiqué, estimant qu'il est "temps que des mesures soient prises" contre la proximité des lieux de vie et des sites d'épandage de pesticides. "Nous recueillons chaque semaine lors de la reprise des pulvérisations (entre mars et septembre) des dizaines de témoignages de riverains victimes", a-t-elle affirmé. "Nous appelons les ministères concernés à prendre de réelles mesures de protection des populations", a ajouté l'ONG, qui souhaite la mise en place de zones non traitées notamment le long des habitations. Des polémiques autour des conséquences de l'épandage opposent régulièrement riverains, défenseurs de l'environnement et producteurs. Fin avril, le ministère de l'Agriculture a annoncé qu'un arrêté devrait les interdire en journée, afin notamment de protéger les abeilles.

Source AFP

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Commentaires 23

Ricodu28

Non des débats il n'y a que ça, on perds du temps à brasser de l'air il faudrait plutôt essayer quelques façons de faire et retenir tout ce qui arrive à contenter le plus grand nombre, que ce soit dans la partie agris ou la partie voisins. Sur mon pulvé j'ai un peu bidouillé un éclairage en bout de rampe, c'est du bricolage, rien n'est breveté, de premier abord ça fait assez brouillon, je perds un peu de temps à installer ça dans le champ mais ça fonctionne et même si je n'ai pas de parcelles de 1Ha bordées de haie ça me permet en tout cas de ne pas bruler les colzas des voisins quand je sors de nuit (ce qu'en passant tout le monde n'arrive pas forcément à faire chez nous même en plein jour ^^).
Quand aux fins de bidons jamais ramenées c'est juste parce que mon collègue au silo me faisait exactement cette reflexion quand il m'avait vu ramener un desherbant devenu PPNU!


Pour la personne "de l'est de son département", je dirais que je comprends, même si le pourcentage de constructions n'est pas aussi important aux abords de ma sole (plus petite aussi), j'ai tout de même des maisons et des usines ou les gens plissent du nez en voyant arriver le pulvé autour de mes parcelles; il y en a même une dont je me suis fait exproprié pour "l'intêret collectif" (sous entendu: construire un max de maisons avec chacune un minimum de terrain) ou le lotissement 3 ans après ne sors toujours pas de terre et ou l'on est plus proche d'un paysage de steppe que d'un terrain de golf! Je suis "admiratif" en tout cas de tout ce que vous avez tenté pour satisfaire le voisinage (je n'en aurais pas fait autant, se remettre en cause et modifier ces pratiques ok mais il faut que tout le monde y mette un peu du sien; dans conciliant il y a con mais pas seulement!)et relativement étonné que les gens ne fassent pas l'effort de voir que ça chamboule l'économie d'une ferme.
Certes les bruits sont amplifiés dans le calme de la nuit mais avec les debits de chantier et l'outil utilisé, c'est tout de même moins bruyant qu'une moissonneuse dans de l'orge ou du blé versé qui reprends l'humidité! Quand au double vitrage qui n'est pas le coeur du problème, tant pis pour ceux qui n'en ont pas, qu'ils investissent ils economiseront du chauffage l'hiver et profiterons un peu moins des bruits extérieurs! Et pour ce qui est des chiens qui hurlent, quand une bande de jeune se retrouve dans un coin pour boire un coup, écouter de la musique, discuter , fumer des petards ou/et ricaner, ca donne la même chose mais personne ne met de coups de fusils aux jeunes.
Les traitements ce sont des operations ponctuelles que les agris essayent de faire avec parcimonie et beaucoup plus par necessité que par réel plaisir d'aller traiter et si grandes soit la parcelle, personne n'y passe la nuit entiere alors que les gens soient un peu plus tolérant. Des gens qui militent pour la protection des abeilles, de leur santé et le respect de la legislation par les agriculteurs sont capables d'aller tondre la pelouse un dimanche ou toute autre période durant laquelle la réglementation l'interdit mais ne voudraient pas qu'une entreprise se serve de son matériel pendant une période ou on l'autorise, voire même dans le cas présent on l'impose? On reproche aux agris de ne penser qu'à l'argent qu'ils vont pouvoir amasser avec leur récolte et quand ils se sensibilisent enfin aux problèmes des abeilles et de réels soucis de santé publique on vient remettre une petite dose parce que potentiellement quelques jours par mois on entendra moins bien le son de sa télé, le son clair de sa respiration ou le tic tac de la pendule en allant se coucher le soir? C'est le monde à l'envers!
Pour ma part je vais continuer à ma façon jusqu'à ce qu'on nous ponde un texte qui remettra tout en cause: traitements entre 21h et minuit avec mon pulvé qui ressemble à un sapin de noël en gardant les parties habitées pour le milieu de la nuit et si quelqu'un a quelque chose à redire je l'invite à se présenter histoire qu'on débate 5 minutes de comment cultiver ces parcelles. En bonus, j'offre une grande rafale de phalanges aux plus méritants si besoin!
Je veux bien qu'on vienne me pedaler sur les roustons quand je ne suis pas dans les clous, mais quand on fait des efforts pour ne pas trop pouvoir essuyer de reproches faut pas trop titiller la bête car ça peut partir relativement vite!

@ricodu28

le débat a lieu d'être puisque c'est sans arrêt la même rangaine. Là il faut harmoniser le pour et le contre, qu'il y est du bon sens et de la cohérence et ainsi tout le monde sera content. Nos produits sont dangereux mais nos plantes en ont besoin, on ne peut faire sans sauf le jours ou des produits aussi efficace et non-dangereux sortiront. Et laisse faire les personnes qui utilisent et ne ramènent jamais les fins de bidons, le jours où ils auront un contrôle qu'ils ne viennent pas pleurnicher... Pour le traitement de nuit, montre nous comment tu traite en 24m en ayant un éclairage peu puissant sans gps et dans des parcelles de 1ha bordées de haie (comme dans mon département)...

valt120

J'ai une école maternelle près d'un champs en culture, je n'intervient que le soir où le mercredi pour effectuer les traitements, et je ne trouve pas cela contraignant... juste un geste de respect et de protection envers nos enfants et les voisins. En revanche, je ne cultive pas de colza, car je trouve cette culture barbare, où il faut appliquer des insecticides en plein soleil pour tout flinguer, les bons insectes (abeilles),comme les mauvais, et personne ne peut dire le contraire!

@rico

mon cas et celui de bon nombre d'agri , dans l'est de mon departement ou il y eu beaucoup de mitage de construction de hameau dans les bois qui ont finalement debordé sur les bordure de champ , 70% des parcelles ont une maison au moins en abord moi sur 190ha je n'ai que 5 parcelles ( en tout 21ha)ou il n'y a pas de maison ( et parfois juste un pavillon construit dans les années 70 en plein milieu d'un champ on ne sait pas pourquoi ) et un ilot de 30ha totalement entouré de lotissement ou je ne peux presque plus rentré
non tout le monde n'a pas de double vitrage et la nuit ca raisonne enormement les engins , ca fait hurler les chiens et comme tout le monde a au moins un chien c'est une serie , je traitais il y en a toujours un qui n'etait pas content, j'ai pris sur mon revenu pour mettre 5 m de bande enherbée autour des maisons , ca n'allait toujours pas et en plus les gens venait dans ma jachere se promener , passait en quad , en moto au depart c'etait la jachere puis le champ entier , y 'en qui voulait que ce ne soit pas broyé pour la biodiversité l'autre qui voulait que ce soit broyer toute les semaines pour que ca fasse propre , je suis passé en bio , j'ai cultivé de la luzerne , les engins de la deshy faisait trop de bruit , la 3eme j'ai arreté de faire venir la deshy pour la encore une perte de revenu , j'ai chosit de recolter la graine , 15 jours avant la recolte des gens viennent me voir , " il va falloir broyer votre c'est tout sale , ca va nous envahir" j 'ai eu beau leur expliquer qu'il n y avait pas une seule mauvaise herbe que c'etait la luzerne montée a graine qui noiricissait , je crois qu'ils sont repartis en pensant que c'etait des mauvaises herbes

franc-sois

Pas assez d'espace agricole "utile" ? Combien d'hectares de terres en jachères ou en gel PAC en France ?
Quelles pratiques ? Explosion de la productivité agricole (au détriment de l'emploi potentiel -ex. du maraichage à haute valeur ajoutée sur faible surface en Agriculture Biologique pointue, pas celle industrielle...), tournée vers l'export plutôt que d'assurer une nourriture saine et non toxique intérieure dans un premier temps etc...

Alors, oui, nous faisons collectivement des choix, par nos habitudes de consommation, de vote et nous en payons le prix, à tous les niveaux (santé, économie, investissement, non développement touristique -avec des infos telles que celle-ci- politiques.

A dimanche ! ; -)

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