États généraux : les semenciers présentent huit propositions

Lise Monteillet

L'UFS présente ses propositions pour le secteur des semences.

« Nous avons un secteur d’excellence, (…) il doit recevoir le soutien qu’il mérite », souligne Franck Berger, le président de l’Union française des semenciers (UFS), une organisation qui fédère 130 entreprises.

L’Union française des semenciers présente « huit propositions concrètes » à l’occasion des états généraux de l’alimentation. La France est le premier pays exportateur de semences au monde. En 2016, ce secteur représentait 47 % de la balance commerciale agricole française.

L’organisation professionnelle souhaite ainsi « soutenir la compétitivité » des entreprises semencières Pour cela, « nous avons besoin d’une bonne disponibilité en eau pour produire des semences », rappelle Franck Berger. D’où la nécessité de développer des « techniques d’irrigation économes et efficientes » ainsi que d’« accélérer les projets de stockage de l’eau ».

Moins de phytos, un casse-tête pour l’UFS

L’UFS s’inquiète aussi de la raréfaction des molécules disponibles pour traiter les cultures. Les parcelles de production de semences ont leurs propres exigences. Ce qui oblige les agriculteurs multiplicateurs à avoir recours à des traitements particuliers. Or, « la production de semences ne se chiffre pas en millions d’hectares », précise Franck Berger. Ce dernier regrette « l’hésitation » des firmes phytosanitaires à s’engager dans des procédures d’homologation sur des usages mineurs, pour une question de rentabilité.

Par ailleurs, le secteur a besoin des produits phytosanitaires pour traiter les semences. « L’application d’un traitement sur les semences reste une solution à très bas impact environnemental pour protéger les cultures en phase très sensible », défend Franck Berger. Ce dernier mentionne par exemple le thirame, un fongicide « peu cher » et qui offre « une très bonne protection des semences ». Selon le président de l’UFS, « de gros doutes » pèsent sur la reconduction de son autorisation. Ces inquiétudes n’empêchent pas les semenciers de s’intéresser de près aux solutions naturelles et de biocontrôle. Quant aux surfaces de production de semences bio, elles ont augmenté de 70 % en cinq ans.

Développer des variétés résistantes 

Une solution d'avenir pourrait être de développer des variétés résistantes aux maladies et aux ravageurs.  Il s’agit là d’un « axe de recherche de plus en plus prioritaire » aux yeux de Franck Berger, même si « la génétique n’est pas à même de tout résoudre dans un temps court ». 

L’UFS demande des « financements incitatifs » pour développer ce type de variétés, mais aussi des variétés adaptées au changement climatique ou intéressantes sur le plan nutritionnel. Pour cela, l’UFS imagine « le développement de grands programmes de recherche public/privé ainsi que des programmes d’investissements d’avenir ».

Néanmoins, pas de sélection génétique sans le maintien de la diversité génétique existante. Afin de préserver la biodiversité cultivée, l'UFS souhaite que les pouvoirs publics renforcent leur soutien dans ce domaine.

Un porte-drapeau de l’excellence française

D’autre part, les semenciers entendent « faire de la filière semence un porte-drapeau de l’excellence française comme le luxe, la gastronomie, l’aéronautique… » Pour cela, ils voudraient « informer et former » les attachés agricoles représentant la France à l’étranger aux enjeux du secteur. Ils plaident aussi en faveur d’une levée des barrières douanières et phytosanitaires.

Ne pas bloquer l’innovation

Sur le plan technique, l’UFS souhaite « permettre l’accès aux méthodes récentes d’amélioration des plantes », telles que les New breeding techniques (NBT). « Nous considérons que la législation en place dans l’Union européenne suffit pour réglementer les variétés issues des méthodes récentes », écrivent les semenciers. Ils sont donc opposés à une classification des plantes sélectionnées via ces techniques comme des organismes génétiquement modifiés (OGM).

Plus largement, l’UFS souhaite « renforcer les enseignements fondamentaux en biologie » dès l’école primaire, afin de « permettre aux futurs citoyens d’être en mesure de construire leur propre libre-arbitre » sur le sujet. Elle regrette que les filières agricoles et alimentaires « n’attirent plus » car elles sont aujourd’hui « fortement décriées ». D’où le besoin de susciter l’intérêt pour des carrières scientifiques et techniques auprès des jeunes.

 

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Commentaires 1

gib

Dans ce domaine comme dans d'autres ( irrigation, produits phyto , élevage,...), les " antis", ont surtout la place qu'on leur a laissé
Ce n'est pas seulement les fermes qui doivent ouvrir leurs portes , c'est tous nos partenaires qui doivent faire de la PEDAGOGIE au lieu de faire de la communication

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