Export de blé : La France va perdre son leardership

Lise Monteillet

Export de blé : La France va perdre son leardership

Compte tenu de la récolte catastrophique, beaucoup moins de blé tricolore sera exporté hors des frontières de l’Union européenne, selon Agritel. La société de conseil estime que l’Allemagne devrait ravir la place de premier exportateur européen vers pays tiers.

« Nous allons perdre notre place de leader européen en exportation hors Union européenne en blé tendre en 2016», a annoncé ce matin Michel Portier, directeur d’Agritel. Les exportations françaises vers les pays tiers sont ainsi estimées à 5,10 millions de tonnes pour la campagne 2016/2017, soit une chute de 60 % par rapport aux années précédentes. La faute à des rendements désastreux dans un grand quart Nord-Est de la France. L’Allemagne devrait gagner la première place dans le domaine. Agritel estime qu’elle pourrait exporter 6,65 millions de tonnes hors de l'UE.

carte 1

Variation des rendements de blé tendre en France en 2016 par rapport à la moyenne quinquennale (estimation au 6 août, en %, source Agritel)

Les rendements 2016 sont estimés à 5,48 t/ha. Il s’agirait du plus bas niveau depuis 1983. Malgré une augmentation de 1,2% des surfaces, la production française atteindrait seulement 28,68 millions de tonnes cette année, soit un recul de 12,22 millions de tonnes sur un an. 

graph 2

Evolutions des rendements de blé tendre en France (T/ha) depuis 1980

Hors de l’Union européenne, les plus gros acheteurs de blé français sont l’Algérie, le Maroc et l’Afrique de l’Ouest. Selon les prévisions d’Agritel, ces pays importeront beaucoup moins de blé tricolore cette année et se tourneront vers d’autres acteurs du marché mondial. « Il va falloir se battre pour récupérer nos parts de marché l’année prochaine », précise Michel Portier.

Les exportations de blé fourrager français dans l’espace communautaire devraient par contre se maintenir. De même, « les blés fourragers riches en protéines seront intéressants pour les fabricants d’aliment du bétail », note Agritel.

L’importation de blé étranger pourrait par contre augmenter dans l'hexagone, en provenance de Roumanie, d’Allemagne pour les blés de force, ou d’Angleterre pour le blé fourrager. Le blé britannique pourrait notamment être utilisé en alimentation animale dans le grand Ouest. 

graph3

Estimation de la variation de la production de blé en 2016 chez les principaux exportateurs par rapport à 2015

L’Europe, plombée par les rendements français, va donc voir chuter considérablement sa production de blé en 2016. Néanmoins, cette baisse devrait être compensée au niveau mondial par la hausse des volumes récoltés en Russie et aux Etats-Unis. Les céréaliers ne pourront donc pas compter sur une augmentation du prix pour atténuer les pertes. « De nombreuses restructurations sont hélas à venir au sein des exploitations céréalières, comme c’est déjà le cas dans l’élevage », déplore Michel Portier.

Un impact de 3 milliards d’euros sur la balance commerciale

L’impact sur l’économie nationale n’est pas anodin. Agritel s’attend à une baisse de l’excédent commercial français de près de 2 milliards d’euros en blé tendre, à laquelle il faut ajouter une perte supplémentaire de 1 milliard d’euros pour les autres cultures.

Michel Portier souligne que « des mesures doivent être prises par tous les acteurs de la filière » pour éviter « la faillite » d’exploitations. Au-delà des mesures sociales et fiscales à mettre en œuvre à court terme, Michel Portier appelle de ses vœux à une réforme de la Pac. Celle-ci suivrait plusieurs lignes directrices : la suppression de contraintes environnementales propres à la France, l’arrêt de la convergence des aides compensatoires entre pays européens, la suppression du prélèvement de 10 % sur les aides du premier pilier pour le paiement redistributif.

Il estime aussi nécessaire de développer le système assurantiel, en prenant comme exemple l’outre Atlantique.  Enfin, la volatilité doit être « partagée » selon lui entre tous les acteurs de la filière. La GMS, doit notamment accepter « de payer un prix convenable aux industriels »

Sur le même sujet

Commentaires 3

59

en effet c'est un très beau reve!!!

hetre humain

je pense que vous minimisez la baisse de rendement pour le centre de la FRANCE car c est elle qui a ete impactée par les pluies du 31 mai et 1juin la plus part des exploitation parles de 50%de pertes sur blé et beaucoup plus sur blé dur.

hetre humain

pour récupérer les parts de marche perdu cette année
premièrement toute la filière vendeurs de matérielles agricole et pièces d usure baisser ,vos prix de 50%
fournisseurs d intrants baisses des prix de 50%
Aliments du bétail également centre de comptabilité baisse des honoraires fabricants de produits vétérinaires baisses des prix de 50%
DEUXIEMEMENT
LES POUVOIRS PUBLIC
MSA ANNULATION des cotisations pour l année 2016
retour des versement pac en rapport avec les années 2007 2008
troisiemement
nous garantir un prix des céréales correct pour les 10 prochaines années voila se que devrait demandé la profession si on veut sauver l agriculture francaise mais malheureusement cela n est qu un reve il faudra encore faire des concessions avec des prix toujours plus bas .

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier