Export : une campagne céréalière sauvée par l’Égypte et les ventes de blés fourragers

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Export : une campagne céréalière sauvée par l’Égypte et les ventes de blés fourragers

La campagne céréalière 2014/2015, marquée par une qualité médiocre, notamment en blé tendre, a été en partie sauvée par les ventes à l’exportation de blé meunier vers l’Égypte mais aussi de blés fourragers vers des destinations inhabituelles comme la Turquie, le Bangladesh, ou le sud-est asiatique.

La campagne 2014/2015 ne fut pas un long fleuve tranquille pour la filière céréalière française comme l’ont expliqué les responsables de « France Export Céréales » à l’occasion d’une matinée d’information et d’échanges.

La campagne  a en effet bien mal commencé, marquée par une récolte importante mais médiocre en qualité, caractérisée par de mauvais chiffres en PS, en protéines ou en indices d’Hagberg. « 40% de nos blés étaient de qualité intermédiaire et 20% de qualité dégradée », rappelle  Pierre Duclos du Synacomex (Syndicat national du commerce d'exportation des céréales). Quand l’on sait que la France exporte plus de 50% de sa production vers des pays très exigeants en termes qualitatif, on mesure l’ampleur de la difficulté.

Des ventes vers l’Algérie en chute de 50%

Qui plus est, la récolte française a du faire les frais d’ « une communication déplorable » estime Pierre Duclos. Un grain de sable supplémentaire dans le rouage de la machine à exporter d’autant que « nos clients étrangers ne sont pas attachés à une origine et prennent  l’offre la plus opportune », rappelle-t-il.

Résultats : certains de nos acheteurs historiques se sont rapidement détournés de notre origine : les ventes vers l’Algérie ont ainsi baissé de 50% (2,6 Mt au lieu de 4,32 Mt)  et nos exportations vers le Maroc ont chuté de près de 900.000 t à 0,8 Mt.

Côté cours, les prix se sont rapidement effondrés, du fait des problèmes de qualité mais aussi à cause de l’offre pléthorique sur le marché céréalier européen et  mondial. L’Allemagne a ainsi vu sa production de blé atteindre le chiffre record des 28Mt et l’Europe a engrangé une récolte de 146 Mt, soit un disponible export de 34MT, du jamais vu ! La concurrence à l’export s’annonçait donc féroce. Nos concurrents européens, Suédois, Polonais ou Allemands, nous ont ainsi pris 3MT de part de marché sur les destinations pays-tiers.

Des blés intermédiaires sauvés par leur compétitivité

Quelques éléments politiques et économiques sont heureusement venus redonner quelques espoirs à cette campagne. D’abord,  la chute vertigineuse du pétrole qui a entrainé  une  baisse des coûts du fret,  -et « quand le coût du fret tombe, les continents se rapprochent » explique Yann Lebeau de France Export Céréales -, puis la baisse de la parité euros/dollars et enfin les restrictions à l’exportation des blés  russes, décrétées par leur gouvernement ... autant d’éléments qui ont redonné de la compétitivité à nos blés.

C’est vers l’Égypte qu’ils ont d’abord trouvé preneur. Les quantités achetées par le GASC  égyptien ont en effet triplé par rapport à l’an passé pour atteindre 1,9 Mt aujourd’hui. Nos blés intermédiaires ont également permis de « sauver le bilan export ». Des blés fourragers qui se sont exportés vers une multitude de destinations inattendues comme les Etats-Unis, la Turquie, le Bengladesh, la Corée du Sud ou le sud-est asiatique...

D’après les derniers chiffres de FranceAgrimer, les ventes à l’export de blé tendre français devraient ainsi s’élever à 17,8 Mt, au lieu de plus de 19Mt l’an passé, mais en progression par rapport aux premières estimations données par l’Office ministériel.

Mais « si nous  avons  gagné une bataille, nous n’avons pas gagné la guerre » conclut Pierre Duclos. En effet, le bilan de fin de campagne 2014/2015 risque d’être  lourd. On devrait finir la saison avec un stock de report en blé, évalué à 4 Mt, au lieu de 2,5 Mt lors de la campagne précédente !

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