FranceAgriMer : On a abandonné l'idée d'avoir une très bonne récolte»

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Les problèmes de sécheresse ont été au coeur des discussions du Conseil spécialisé sur la filière céréalière de FranceAgriMer. L'Office s'inquiète de la dégradation de l'état végétatif des cultures mais se refuse, pour l'instant, à chiffrer l'impact de la sécheresse sur la récolte.

« On a abandonné l'idée d'avoir une très bonne récolte 2011 (de céréales Ndlr) mais nous n'avons pas encore perdu l'espoir d'en avoir une moyenne », a déclaré Christian Vanier, directeur des filières de FranceAgriMer, à l'issu du Conseil spécialisé de la filière céréalière, qui s'est tenu mercredi 11 mai 2011.

Si l'on assiste déjà depuis trois semaines, dans certaines régions, à une dégradation de l'état végétatif des cultures, il reste en effet impossible de quantifier l'effet de cette sécheresse sur le potentiel de production. « Nous entrons dans une phase critique, une zone de danger, sans toutefois pouvoir chiffrer l'impact sur le potentiel de production », estime C. Vanier.

Les conséquences de la sécheresse ne seront pas les mêmes dans toutes les régions, et FranceAgriMer s'attend déjà à une très grande hétérogénéité des récoltes. Les conditions d'implantation seront notamment un facteur de réussite majeur. Une bonne implantation des cultures permet en effet à la plante de mieux gérer le stress hydrique. Le type de sol sera également déterminant, les sols légers étant beaucoup plus sensibles à la sécheresse.

« Nous sommes dans une prudente expectative. Les 15 jours qui viennent seront déterminants et chaque jour qui passe sans pluie nous conduit à l'irréversibilité », résume le directeur des filières de FranceAgriMer.


Le Weather Market*, plus que jamais à l'ordre du jour

Quoiqu'il en soit « le Weather Market est plus que jamais à l'ordre du jour», ajoute Michel Ferret de FranceAgriMer. Car les phénomènes climatiques affectent non seulement l'Europe du Nord mais aussi les États-Unis et la Chine.

Aux USA, si les pluies retardent les semis des blés de printemps et de maïs, une sécheresse persistante frappe les états du sud du Midwest. « Au 8 mai, les semis des blés de printemps sont réalisés à 22% contre 65% en mai 2010 » explique FranceAgriMer dans sa note de conjoncture. Quant aux blés d'hiver, ils sont estimés à 42% en « très mauvais état» et seulement 33% en «bon à excellent état».

En Chine, la sécheresse touche le pays depuis octobre et certains analystes n'hésitent pas à afficher des estimations de production très pessimistes (moins de 100 Mt), qui tranchent avec un discours officiel confiant.

A un stade crucial du cycle végétatif des cultures de l'hémisphère nord, les acteurs des marchés des grandes cultures ont donc les yeux rivés sur ces phénomènes climatiques, de part et d'autres de l'Atlantique, qui joueront un rôle crucial dans la volatilité des prix.

* On parle de Weather Market quand les conditions météorologiques influent sur les cours

Publié par SC

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