G20 agricole : Volatilité des prix, peu d'espoir de solutions

Elodie Saint-Marc

A l'approche du G20 qui se tiendra les 22 et 23 juin prochains, l'AFJA (1) organisait mardi un débat sur les enjeux agricoles, spéculation et volatilité des prix étaient au premier plan.

D'après Franck Galtier, économiste et chercheur au CIRAD (2), le processus du G20 ne jouerait pas en faveur de solutions « innovantes et ambitieuses » quant à la volatilité des prix. Il existe selon lui une auto-censure du gouvernement français amenant une certaine timidité dans la prise de décisions.

La volatilité est un paramètre important des marchés aujourd'hui et les prix sont très élevés. Michel Portier, directeur d'Agritel, explique cependant que « nous ne sommes pas installés sur les niveaux de prix » constatés cette année. Selon lui, l'instabilité va perdurer suite aux différentes réformes de la PAC, « en enlevant les filets de sécurité (prix d'intervention et de seuil) nous avons automatiquement apporté de la volatilité dans les marchés mondiaux ».

La transparence des marchés agricoles doit être requise pour éviter les bulles spéculatives. Franck Galtier n'y croit pas, d'après lui les opérateurs privés mais aussi les gouvernements n'y trouvent pas d'intérêt, le point à améliorer pour ces acteurs, selon lui, serait une meilleure régulation des marchés à terme avec pourquoi pas l'établissement de plafonnements des opérations.

« Partager le fardeau du stockage »

La solution énoncée par les différents participants du débat est la mise en place d'accords internationaux de constitution de stocks de matières premières agricoles. D'après Franck Galtier, il faut « partager le fardeau du stockage ».

Cependant, les avis sont partagés quant à l'utilisation et à la difficile gestion de ces stocks potentiels. Selon Michel Portier, ces stocks doivent être constitués pour instaurer une «sécurité alimentaire» et non pour intervenir sur les prix.

Laurent Levard, du Gret (Groupe de recherche et d'échanges technologiques), estime que cette solution permettrait une meilleure régulation des marchés avec la mise en place d'une coopération internationale. La mention de ce potentiel accord international étant absente du programme du G20, d'autres solutions devront être négociées...

(1) AFJA : Association française des journalistes agricoles, de l'alimentation et de l'environnement

(2) CIRAD : Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement

Publié par Elodie Saint-Marc

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