Glyphosate : les eurodéputés demandent une autorisation réduite dans le temps

Glyphosate : les eurodéputés demandent une autorisation réduite dans le temps

Les députés européens ont demandé mercredi à la Commission de ne renouveler l'autorisation du glyphosate, une substance utilisée dans les pesticides comme le Round Up, que pour 7 ans au lieu des 15 prévus, en raison des inquiétudes quant à son caractère cancérogène.

Les eurodéputés ont adopté une résolution, sans valeur juridique, demandant à la Commission européenne de renouveler cette autorisation de commercialisation du glyphosate seulement "pour une période de sept ans", alors que cette autorisation va expirer au mois de juin. La résolution rappelle en outre la possibilité de "retirer l'approbation d'une substance active pendant la période durant laquelle elle est autorisée si elle ne remplit plus les critères d'approbation". Le texte initial de la résolution demandait à la Commission de ne pas renouveler du tout l'approbation du glyphosate, mais les députés ont adopté un amendement présenté par le Parti populaire européen (PPE, droite) proposant une autorisation pour 7 ans, qui représente un compromis avec la position de la Commission.  

Les parlementaires appellent à limiter l'utilisation aux professionnels et de l'interdire dans les parcs, jardins publics et aires de jeux, ou à proximité. Utilisée depuis les années 1970, cette substance active est notamment présente dans le Round Up du groupe Monsanto, pesticide le plus vendu dans le monde. Le texte de la résolution pointe que l'utilisation du glyphosate "sur la planète a augmenté d'une manière spectaculaire, puisqu'elle a été multipliée par un facteur de 260 au cours des 40 dernières années", malgré des inquiétudes quant à son risque cancérogène et à ses effets perturbateurs sur le système endocrinien. Favorable à un renouvellement de son autorisation, la Commission appuie son choix sur l'avis donné en novembre par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), qui a jugé "improbable" le risque cancérogène du glyphosate. Une agence de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a à l'inverse déclaré la substance cancérogène "probable".  

Voter "non"

Le 8 mars, un comité d'experts représentant les Etats membres devait se prononcer sur le renouvellementmais le vote n'a finalement pas eu lieu, alors que plusieurs pays européens avaient annoncé leur intention de voter "non". Le comité doit à nouveau se réunir les 18 et 19 mai.    Pour l'eurodéputée libérale belge Frédérique Ries, l'un des rapporteurs de la résolution initiale, il s'agissait surtout d'"envoyer un signal fort" à la Commission. "On sait bien que le glyphosate ne sera pas interdit dans l'UE dès le mois de juillet et qu'on ne va pas transformer tout un modèle agricole en quelques mois", a-t-elle souligné. L'eurodéputée française du PPE Angélique Delahaye, à l'origine de l'amendement demandant une autorisation de 7 ans, souligne pour sa part qu'"il y a une attente des citoyens mais à ce jour, il n'y a pas d'alternative économiquement viable et garantissant la santé humaine à proposer aux agriculteurs en terme de désherbage".  

Les parlementaires ont également exorté la Commission et l'EFSA à publier "les preuves scientifiques" sur lesquelles l'agence s'est appuyée pour élaborer son évaluation du glyphosate. Un bras de fer s'est engagé entre défenseurs de l'environnement, Commission, EFSA et Monsanto sur ces documents. Le commissaire européen à la Sécurité alimentaire Vytenis Andriukaitis a contacté Monsanto et la Glyphosate Task Force, qui regroupe les grands groupes de l'agro-industrie, pour leur demander de publier les études commandées par leur soin et sur lesquelles l'EFSA s'est, entre autres documents, appuyé. Plusieurs ONG de défense de l'environnement, dont Greenpeace, ont rétorqué que l'UE pourrait s'en charger au nom de la transparence. De son côté l'EFSA a rappelé jeudi qu'elle ne faisait que se conformer à la législation européenne existante, et que la publication de données n'étaient pas automatique, notamment pour des problèmes d'"informations commerciales sensibles" et de propriété.

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 4

tom63

La commission se moque bien des citoyens.
Ce serait pertinent de connaitre le nom des personnes qui soit disant nous représentent.
Ah, si De Gaulle revenait.....

Golgot

On vient de me dire que mon commentaire était en cour de validation ? Mais n'es-ce pas la censure de nos propos plutôt ?

Golgot

Mes amis , nous détruisons les sols et la vie animale en balançant tous ces produits chimiques dans nos champs . Trop souvent je me dis que je détruis durablement au lieu de nourrir et aider la vie .

AIGLE201

quel courage !

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier