Glyphosate: une étude écarte le risque cancérogène, l'UE tranchera

Glyphosate: une étude écarte le risque cancérogène, l'UE tranchera

Le glyphosate, substance herbicide dont l'autorisation est contestée dans l'UE, ne doit pas être classé comme cancérogène, ont estimé mercredi les experts de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA), des conclusions attendues par Bruxelles afin de se pencher à nouveau sur le renouvellement de sa licence

Les conclusions finales de l'ECHA seront transmises ultérieurement à la Commission européenne, qui s'attend à les recevoir "avant les vacances d'été", a indiqué mercredi un porte-parole de l'institution, Enrico Brivio, juste après l'annonce de l'agence basée à Helsinki.

La Commission compte sur cet avis pour relancer la procédure pour un éventuel renouvellement de la licence du glyphosate dans l'Union européenne, une procédure qui sera alors relancée de zéro. La décision devra être prise "dans les six mois" après réception de cet avis, par le comité scientifique chargé du dossier, présidé la Commission et au sein duquel siègent des représentants des Etats membres. "Le glyphosate ne devrait pas être classé comme cancérogène", a expliqué lors d'une conférence de presse sur internet Jack de Bruijn, le directeur du Comité d'évaluation des risques de l'ECHA.

Fureur des ONG

Cette annonce a provoqué la fureur des ONG de défense de l'environnement, qui accusent ce comité d'avoir écarté les études négatives sur le glyphosate. Le Centre international de recherche contre le cancer (CIRC), une branche de l'OMS, avait notamment évalué le risque cancérogène comme "probable", rappellent-elles.

"Pour arriver à ses conclusions, l'ECHA a rejeté des preuves scientifiques flagrantes de cancers chez des animaux de laboratoire, passant outre les avertissements de plus de 90 scientifiques indépendants, et se basant sur des études non publiques commandées par des producteurs de glyphosate", a dénoncé Greenpeace dans un communiqué. Les experts se sont basés sur toutes les informations disponibles sur le glyphosate, à la fois concernant des études sur les humains et sur les animaux, a souligné de son côté M. de Bruijn.

L'ECHA est chargée de la classification des produits chimiques dans l'UE et doit déterminer le danger potentiel intrinsèque des substances évaluées. L'agence ne prend pas en compte les critères d'exposition, par exemple. "La science l'a emporté", a réagi de son côté l'Association européenne des fabricants de pesticides, l'ECPA (regroupant Monsanto, Bayer, Dow, BASF,

Syngenta...), qui dit s'attendre à ce que la Commission s'engage rapidement dans un nouveau processus d'agrémentation pour 15 ans. Soit "le même assentiment originellement suggéré par la Commission avant que la substance ne devienne l'objet d'un débat politique et affectif plutôt qu'un débat scientifique", s'est félicité Graeme Taylor, le porte-parole de l'ECPA.

Prolongation temporaire

L'utilisation du glyphosate est devenue de plus en plus controversée au cours des derniers mois, sur fond de campagne active des défenseurs de l'environnement. La Commission européenne n'a pas réussi à convaincre les Etats membres de renouveler la licence de l'herbicide, qui arrivait à expiration à l'été 2016.

Lors d'un vote fin juin au sein d'un comité scientifique où les Etats membres sont représentés, la France et Malte avaient voté contre et sept pays s'étaient abstenus (Allemagne, Italie, Portugal, Autriche, Luxembourg, Grèce, Bulgarie), bloquant la décision. L'exécutif européen s'était alors résolu à accorder une prolongation de 18 mois à la substance autour de laquelle les enjeux économiques sont importants: elle est l'ingrédient clé des herbicides les plus utilisés par les agriculteurs européens.

Des restrictions à son utilisation ont tout de même été instaurées, soit l'interdiction de certains adjuvants du glyphosate et des règles pour limiter son exploitation dans des endroits comme les parcs et les jardins publics. Si la décision d'autoriser le glyphosate se prend au niveau de l'UE, il revient à chaque Etat membre d'autoriser ou non l'utilisation de pesticides à base de la substance sur leur territoire. Le plus connu, et le plus vendu, est le Roundup de l'américain Monsanto.

Source AFP

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Commentaires 8

alain

les pesticides sont nocifs, effectivement ils sont nocifs pour la cible qui cherche à être contrôlé.un anti mildiou est nocif pour le mildiou etc...
mon père 90 ans a biné les betteraves à la main, il a utilisé des phytos qui jadis étaientt toxiques,i l boit son petit rouge tous les jours. handicapé des pieds il aurait pu tiré au cul.
quand il voit le mépris induit par les détracteurs de l'agriculture il dit que les gens se rendent même pas compte que le métier d'agri est ingrat; d'ailleurs nombreux sont ceux qui sont aller travailler à la ville, 2 générations après c'est le bobo qui veut commander pour défendre ces week-end à la campagne.
La nature peut être belle comme elle peut être hostile, l'agriculture est à la croisée de ce dilemme

jp 35

pour être totalement objectif il faudrait parler de cette info: http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/03/18/ce-que-les-monsanto-papers-revelent-du-roundup_5096602_3244.html
il faudra que les experts de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) nous éclairent ....

gibé

Puisque les ONG mettent en cause les évaluations par des scientifiques non indépendants ( la théorie du complot..;) , que tous publient leurs méthodes d'évaluation ( taille de l'échantillon , protocole , doses utilisées , ..) car si il y a des méthodes d'évaluations favorables au glyphosate , d'autres pourraient aussi être conçues pour montrer du danger
La commission a quant à elle choisi de retenir "toutes les informations scientifiques pertinentes " pour se prononcer...
Et oui braves ONG , dans un état de droit , un procès est à charge ET à décharge
Si non , on rentre dans une dictature .Noire , bleue , rouge ou ..verte c'est toujours intolérable

Utopie

Tout à fait bou21 nos grands parents témoignaient souvent du manque de blé après la guerre... les archi bio se soignent avec des médecines dites parallèles, bon ok, mais ils ne prennent pas la voiture pour aller bosser ? ils ne vont pas en voyages par avions ? ils n'utilisent pas de tel portables très polluants, des plastiques, des teintures cheveux, etc, etc...

agri 86

Il faut aussi accepter l'interdiction des medicaments c,est aussi cela l'intelligence des hommes... on peut ce soigner autrement.

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