Insectes ravageurs des cultures : L'État lâche du lest dans la lutte contre la chrysomèle du maïs

Gabriel Omnès

Les régions Alsace et Rhône-Alpes abandonnent la stratégie d'éradication au profit du confinement, avec une rotation seulement un an sur six et un emploi de larvicides parcimonieux.

Sous la pression de la profession, l'État a finalement abandonné la ligne dure suivie jusqu'ici dans la lutte contre la chrysomèle. En Rhône-Alpes et en Alsace, les deux régions où les captures ont été les plus nombreuses ces dernières années, la stratégie d'éradication cède la place au confinement. « La stratégie de confinement mise en place vise à maintenir les contaminations d'insectes à des niveaux faibles, sans conséquence économique sensible », précise un communiqué des préfets alsaciens.

La stratégie de confinement contre la chrysomèle vise à maintenir les contaminations à des niveaux faibles, sans conséquence économique sensible. (Inra de Versailles/S. Derridj-J. Wegener)

La stratégie de confinement contre la chrysomèle vise à maintenir les contaminations à des niveaux faibles, sans conséquence économique sensible. (Inra de Versailles/S. Derridj-J. Wegener)

En bon père de famille

Principale conséquence en cas de captures isolées : une rupture dans la monoculture de maïs imposée un an sur six seulement, contre un an sur trois auparavant dès le premier individu identifié. De même, l'application d'un larvicide ne devient obligatoire qu'au bout de la troisième année successive en maïs. Au-delà de 30 insectes par piège, une rotation triennale sera réalisée dans un rayon d'un kilomètre autour du piège. « C'est un pas en avant, mais le but est bien de sortir la chrysomèle de la liste des insectes de quarantaine pour permettre à chaque agriculteur de gérer ce problème en bon père de famille », estime Jean-Marc Schwartz, des Jeunes agriculteurs du Haut-Rhin.
Au 19 août, une quarantaine d'insectes avaient été identifiés en Rhône-Alpes, et une vingtaine en Alsace. La forte dissémination des captures — avec un faible nombre d'individus pour chaque piège — semble confirmer la thèse d'une colonisation généralisée dans ces régions. En Saône-et-Loire, où les mesures d'éradication s'appliquent toujours, une dizaine de chrysomèles ont également été piégées.

Source Réussir Grandes Cultures Septembre 2010

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