Installation : L'agriculture toujours attractive

Nicole Ouvrard

Si on observe une érosion lente des installations, c'est plus par manque de terres disponibles que par désamour du métier.

Depuis une dizaine d'années, le nombre d'installations totales est stable, autour de 16 000 par an, alors qu'il se situait au-dessus de 20 000 dans les années quatre-vingt-dix. « Le nombre d'hectares libérés par les agriculteurs partant à la retraite a été divisé par deux entre 1995 et aujourd'hui, passant de 2 à 1 million d'hectares alors que la surface moyenne à l'installation a tendance à augmenter », analyse François Lefebvre, chef du service de la statistique à l'agence de service et de paiement (ASP).
Après une baisse pendant dix ans, le nombre d'installations aidées, ayant bénéficié de la dotation jeunes agriculteurs (DJA) et des prêts bonifiés, a progressé de 2005 à 2008. « Ce regain d'intérêt était lié à une conjoncture économique favorable. Mais la situation s'est inversée en 2009, avec près de 5 200 installations aidées », regrette Jean-Michel Schaeffer, chez les Jeunes Agriculteurs.

Environ 6000 « vraies » installations sans DJA

Chaque année, on observe 10 000 à 11 000 installations non aidées. Il faut isoler les transferts entre époux (2000 environ) et les dispositions fiscales ou financières comptabilisées dans les installations mais qui n'en sont pas vraiment. Il reste alors environ 4000 installations non aidées d'agriculteurs de moins de 40 ans et 2000 de plus de 40 ans qui ont un vrai projet. « Ces derniers ont fait des détours professionnels en dehors de l'agriculture, ont une approche souvent très commerciale et vont rester agriculteurs jusqu'à la fin de leur carrière », insiste François Lefebvre. Parmi les installés sans DJA de moins de 40 ans, un quart concerne les grandes cultures.

Sans famille

La part des installations hors cadre familial est passée de 15 à 30 % entre 1990 et 2000 et stagne depuis cette date, ce qui prouve que l'attractivité de l'agriculture ne se dément pas. Ce phénomène est plus marqué dans le quart sud-est de la France et dans l'Ouest. Il est plus limité dans les régions septentrionales et le centre de la France ; 80 % des agriculteurs installés hors cadre familial ont des origines agricoles plus ou moins proches.

Profil type

Le jeune agriculteur qui bénéficie de la DJA est un homme (dans 78 % des cas) d'environ 28 ans. Il est le plus souvent d'origine agricole (70 %) et s'installe sur la ferme familiale (70 %) de 55 hectares en société (65 %). Avant d'exercer le métier à temps plein (98 %), il a obtenu au minimum un Bac pro option « conduite et gestion de l'exploitation », voire un BTS (30 %).

Manque de terres

Sur 1 million d'hectares libérés chaque année par les agriculteurs sortants, 400 000 hectares vont à l'agrandissement, 500 000 vont à l'installation et 100 000 sortent de la surface agricole utile, dont 70 000 sont urbanisés. Chaque année, il y a toujours un manque de terres disponibles par rapport aux demandes d'installation agricole.

En savoir plus

www.installagri.net
www.demainjeseraipaysan.fr
www.jeunes-agriculteurs.fr
Agreste cahiers n° 3, juin 2005.
Agreste primeur n° 160 , juin 2005.

Source Réussir Grandes Cultures Avril 2010

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