Interdiction de pesticides dans l'UE : fabricants et céréaliers réagissent

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Interdiction de pesticides dans l'UE :  fabricants et céréaliers réagissent
Cette interdiction portera sur les cultures de maïs, de colza, de tournesol et de coton (DR).

Alors que Stéphane le Foll et les associations environnementales se réjouissent, les fabricants de produits phytosanitaires et l'Union des associations des céréaliers (Orama) émettent des réserves après la décision d'interdire pendant deux ans dans l'UE trois pesticides jugés mortels pour les abeilles.

L'UIPP, qui regroupe les fabricants de pesticides, "regrette le moratoire" proposé par la Commission européenne et souligne qu'il été obtenu "sans obtenir de majorité qualifiée" au sein des Etats membres.  "L'absence de majorité qualifiée démontre bien les doutes importants qui pèsent" et "le défaut de preuves irréfutables et le refus de reconnaître des causes multifactorielles à la mortalité des abeilles risquent de se traduire, de fait, par une nouvelle utilisation excessive du principe de précaution", dénonce de son côté Orama, branche spécialisée de la FNSEA, principal syndicat agricole français.

La nouvelle interdiction, prononcé lundi et qui sera effective en décembre, "aggraverait la situation des producteurs de grandes cultures en France, déjà affectés par la suspension du thiametoxam sur colza l'été dernier", d’après Orama.

"Nous demandons dès maintenant la mise en œuvre d'une expérimentation à large échelle pour connaître les vraies causes de difficulté de la filière apicole et mesurer de manière fiable l'indicateur de +mortalité des abeilles+", réclame de son côté l'UIPP. Selon Jean-Charles Bocquet, directeur général de l’UIPP : « Cette proposition est d’autant plus décalée que les récentes recherches de l’EURL (le laboratoire de référence de l’Union Européenne) ont montré que les pesticides sont considérés par les laboratoires - et par les apiculteurs eux-mêmes - comme une cause mineure de la mortalité des abeilles, loin derrière l’impact des maladies et des parasites. »

Stéphane le Foll salue cette décision

Même réticences du côté des industriels concernés par cette interdiction. "La Commission devrait retourner à la table des négociations plutôt que de forcer une interdiction", a affirmé dans un communiqué le groupe Syngenta, qui soutient que "ces insecticides ne nuisent pas à la santé des abeilles".  "C'est un revers pour la technologie et l'innovation", a pour sa part déploré le groupe allemand Bayer dans un communiqué. "Les néonicotinoides sont sans danger pour les abeilles, s'ils sont utilisés correctement", a-t-il assuré. Un argument également invoqué par l'association qui regroupe les producteurs européens d'insecticides, l'EPCA, qui s'est dite "extrêmement déçue par la décision".

Le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, a lui salué cette interdiction qui portera sur les cultures de maïs, de colza, de tournesol et de coton. Il avait interdit, peu après son arrivée au gouvernement en juin dernier, le Cruiser OSR sur le colza. Pour d’autres cette mesure n’est pas suffisante. Ainsi, le réseau PAN Europe (Pesticide Action Network) demande à la Commission d'aller plus loin et d'interdire les pesticides pendant dix ans.

Les produits concernés par cette mesure sont notamment le Gaucho 350 (imidaclopride) de Bayer,  le Cruiser 350 (thiaméthoxam) de Syngenta et le Cheyenne (clothianidine) de Philagro.

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Commentaires 16

BANANE381

la réaction des fabricants de produits phytosanitaires est logique, leur devise: générer des bénéfices, le respect de l'environnement leur importe peu.
Qu'on le veuille ou non, utiliser des produits phytosanitaires revient à empoisonner notre environnement à petit feu.
les fabricants font remarquer que cette décision " c'est un revers pour la technologie et l'innovation".
cette décision les interpelle de façon profonde, leur impose une remise en question mais auront-ils cette intelligence?
vivre en harmonie avec l'environnement n'est pas un luxe mais une nécessité vitale et intelligente, l'humanité a tout à y gagner.

BANANE381

La réaction des fabricants de produits phytosanitaires est logique, leur devise est de générer de bénéfices, le respect de l'environnement leur importe peu.
Qu'on le veuille ou non, utiliser des produits phytosanitaires revient à empoisonner l'environnement à petit feu.
Syngenta soutient que cette décision : " c'est un revers pour la technologie et l'innovation "
Cette décision les interpelle de façon profonde, leur impose une remise en question mais auront-elles cette intelligence ?
Respecter l'environnement n'est pas un luxe mais une nécessité vitale pour l'avenir de la planète; mais à ce jour de plus en plus de personnes en viennent à se demander,si dans notre société dite évoluée, le respect est-il encore une valeur primordiale?

pascaldeere

a "sans sous si"
aucune haine dans mes propos, je ne vois pas en quoi dire "ces gens là" montre une quelconque haine. il me semble que ce terme soit tout a fait neutre, et je vous assure que la langue française est suffisament riche pour exprimer de la haine.
Il est certain que mes constatations peuvent ne pas vous plaire, mais un vieil adage ne dit il pas "il n'y a que la vérité qui blesse"?
Vous pouvez par conséquent argumenter pour expliquer en quoi mes propos seraient inexacts plutot que parler d'une haine que je n'ai pas

sans sous si...

je ne comprend pas pourquoi pleinchamp laisse passer des propos aussi haineux envers certain agriculteurs comme ceux de monsieur pascaldeere.
dire 'je travaille avec ces gens la 'laisse deja paraitre un grand mepris.
il est certain que les compensations diminueront voire disparaitrons pour les grandes cultures mais ce n'est pas pour cela que ces sommes serons reversées a l'agriculture
il en manquera une grande partie soyez en sur
les cerealiers s'adapteront et la haine se deversera toujours, ainssi va le monde.
et enfin que les donneurs de leçons se calment face a la réalité du terrain.
trop c'est trop!
il ne faut pas sous estimer le probleme des apiculteurs en particulier et des abeilles en general il y aura des solutions c'est obligatoire car trop grave mais pas dans la haine et la demagogie
un agriculteur de base.

gaffal

Pour la colza bio, faut semer des vieilles variétes qui contenaient naturellement une molecule toxique !

Pour les aides, vous les avez voulues découplées, alors faut pas se plaindre...

Concernant les abeilles, ce qui m' étonne le plus, c' est qu' il y a 20 ans elles se portaient plutôt bien, malgré les produits toxiques que l' on pouvait épandre
Et maintenant avec les produits soft et cher
ben elles en meurent ! Bizarre non !

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