Investir collectivement dans des stations météo pour réduire les coûts

Lise Monteillet

Investir collectivement dans des stations météo pour réduire les coûts

L’« agro météo » est en pleine expansion, avec un cocktail d’objets connectés innovants présentés lors des Culturales, près de Reims, les 14 et 15 juin. Rencontre avec Pascal Foy, agriculteur à Haussimont, utilisateur de stations météo pour lutter contre le mildiou de la pomme de terre.

À quelles fins utilisez-vous une station météo connectée ?

Pascal Foy : J’utilise depuis 20 ans le modèle Mileos, développé par Arvalis Institut du végétal, afin de lutter contre le mildiou de la pomme de terre. Ma coopérative, qui fait partie de Tereos, a investi dans un réseau de stations météo qui couvre aujourd’hui autour de 8000 ha de pommes de terre fécule. En 20 ans, les stations météo se sont considérablement développées. Elles ont gagné en performance, en fiabilité et elles sont moins volumineuses. La connectivité s’est aussi beaucoup améliorée. 

Quel est l’intérêt d’investir collectivement dans une station météo ?

P.F : Notre maillage est constitué de stations météo qui rayonnent 5 km autour d’elles. Sa mise en place a nécessité une connaissance fine du parcellaire mais nous y sommes arrivés. Nous sommes partis du fait que cette démarche doit être gérée collectivement, pour des raisons de coût. Nous n’allions pas demander à chaque adhérent d’acheter des stations météo qui se seraient trouvées à un kilomètre les unes des autres… La coopérative a décidé d’investir dans ces stations et elle facture une prestation au niveau des adhérents, sans obligation de souscription. Depuis deux ans, une autre coopérative, dans le cadre de l’union de Tereos, nous a rejoint, ce qui a conduit à installer 50 stations supplémentaires.

Que vous a apporté ces objets connectés, en tant que producteur ?

P.F : J’appréhende de façon beaucoup plus fine la gestion de la lutte contre le mildiou. Il y a 20 ans, après un épisode de pluie, j’aurais été tenté de sortir le pulvérisateur. Aujourd’hui, si le modèle ne se déclenche pas, j’attends car j’ai suffisamment confiance en sa fiabilité. Pourtant, je peux vous dire que quand on sent le mildiou arriver, c’est un peu le feu dans la parcelle, cette maladie n’est pas anodine Sur le plan sociétal, je dispose maintenant d’arguments solides pour justifier mes interventions, je suis beaucoup plus à l’aise pour en discuter avec mon entourage.

Envisagez-vous d’utiliser les données recueillies par votre réseau de stations météo pour lutter contre d’autres maladies ?

P.F : Les données sont seulement valorisées dans le cadre de la lutte contre le mildiou, mais il serait tout à fait possible de les utiliser pour gérer les interventions sur céréales ou betteraves. 

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