L’accord UE-Ukraine inquiète certains céréaliers français

L’accord UE-Ukraine inquiète certains céréaliers français

Le risque d'une concurrence déloyale du maïs ukrainien pour la France en cas d'accord de libre-échange avec Kiev inquiète certains producteurs français mais apparait minime aux yeux des experts.

Début mars, la Commission européenne s'est dite prête à accélérer la signature de l'accord de libre-échange avec l'Ukraine pour aider le pays en plein marasme. Selon Bruxelles, l'accord se traduirait pour Kiev par "des millions d'économies" sur ses exportations, notamment agricoles, via des baisses de tarifs douaniers.

La Coordination rurale s'est inquiétée de cet accord qui ouvrirait "davantage le marché aux produits agricoles ukrainiens", alors que "les problèmes actuels de l'Ukraine ne gênent en rien ses exportations agricoles", estime-t-elle.

L'Union européenne est traditionnellement importatrice de maïs, mais en son sein, la France est exportatrice nette et écoule 90% de ses exportations dans l'UE. Elle est donc concernée au premier chef par la concurrence ukrainienne.

Des volumes minimes

Mais les "volumes prévus par l'accord ne semblent pas de nature à bouleverser l'équilibre du bilan communautaire", relativise un observateur des marchés agricoles. En effet, alors que l'UE a déjà importé 7 millions de tonnes de maïs ukrainien cette année, l'accord prévoit d'autoriser l'importation de 400.000 tonnes de maïs sans droits de douanes d'ici au 1er novembre. Le quota augmenterait ensuite jusqu'à 650.000 tonnes sur cinq ans.

Dans les faits, "les droits de douane sont déjà nuls depuis trois ans" car il s'agit de droits flottants indexés sur les cours mondiaux du maïs, explique Matthieu Caldumbide, de l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM), branche spécialisée de la FNSEA (syndicat majoritaire).

Moins de maïs à exporter l'an prochain

Concrètement, les taxes douanières ne sont appliquées que si les cours du maïs descendent au-dessous d'un certain seuil de prix. L'accord que prépare Bruxelles ne ferait donc pas grande différence pour l'instant. "Sur la base des prix d'aujourd'hui, ce n'est pas important", selon M.  Caldumbide. Toutefois, "si les prix redescendaient à leur niveau de 2009, là les droits de douane prendraient tout leur sens", prévient-t-il.

Le poids de l'Ukraine sur le marché du maïs pourrait aussi être à relativiser l'an prochain, car les agriculteurs pourraient consacrer moins de surfaces au maïs. "Avec l'instabilité politique et les difficultés de financement, on craint que les agriculteurs ne privilégient d'autres cultures moins gourmandes en intrants et moins coûteuses à produire", analyse Hélène Morin, responsable de l'international dans le cabinet Agritel. Kiev pourrait donc avoir "moins de maïs à exporter l'an prochain", selon la consultante.

 

Source avec AFP

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