L'UE rend aux États la liberté de cultiver ou non les OGM

L'UE rend aux États la liberté de cultiver ou non les OGM
L'accord ouvre les terres de l'Union européenne à la culture des OGM (DR)

Les gouvernements européens ont donné leur accord politique jeudi à Luxembourg à un compromis qui laisse le choix aux États membres d'autoriser ou d'interdire la culture des OGM sur leur territoire et vont tenter de le faire avaliser par le Parlement européen

Six demandes d’OGM en attente d’autorisation

Quatre OGM ont obtenu une autorisation de culture dans l’UE, mais un seul est encore cultivé : le maïs MON810 du groupe américain Monsanto, qui a demandé le renouvellement de cette autorisation. Les autres, deux maïs (BT176 et T25) et la pomme de terre Amflora, ont été abandonnés. Mais six demandes de culture pour des OGM sont en attente d'une autorisation dont le maïs TC1507 du groupe Pioneer.

 

Le compromis approuvé jeudi à Luxembourg par les ministres de l'Environnement de 26 des 28 Etats membres donne la possibilité aux Etats d'autoriser ou d'interdire la culture sur "tout ou partie de leur territoire"  pour des raisons autres que la santé et l'environnement, comme l'ordre public, l'aménagement du territoire ou la lutte contre la dissémination. Les Etats membres anti-OGM ne pourront en revanche pas interdire le transit sur leur territoire des OGM autorisés.

L'accord ouvre désormais les terres de l'Union européenne à la culture des OGM, une mesure attendue par les semenciers depuis quatorze ans.  Le processus recommande aux semenciers de limiter géographiquement leur demande d'autorisation pour la culture aux seuls pays qui le veulent. Si l'entreprise refuse de restreindre le champ de sa demande, les pays qui refusent de le cultiver seront habilités à l'interdire. Ils devront transmettre à la Commission les motivations de leur décision. Une liste non exhaustive de motifs a été élaborée et

Une vague d'autorisation d'OGM redoutée

"Le nouveau système garantit aux Etats la possibilité de choix, s'ils souhaitent cultiver ou non", a expliqué la ministre française de l'Environnement Ségolène Royal. Ce nouveau système "permet du sur mesure", s'est félicité la ministre néerlandaise Wilma Mansveld.

Son homologue luxembourgeoise Carole Dieschbourg a en revanche émis de sérieuses réserves sur la solution retenue en raison du "rôle important laissé aux entreprises de biotechnologies" et a dit redouter "une vague d'autorisation de cultures" dans l'UE. La Belgique s'est également abstenue. La crainte des disséminations transfrontalières motive notamment ces réserves

L'accord politique est une étape dans le processus. Il doit encore être avalisé par le nouveau Parlement européen qui entre en fonctions le 1er juillet.

Défenseurs de l’environnement et semenciers mécontents

Les défenseurs de l'environnement entendent batailler pour convaincre le nouveau Parlement européen de refuser le compromis.  Mute Schimpf, de l'organisation des Amis de la Terre, a ainsi dénoncé le pouvoir inacceptable donné aux compagnies comme Monsanto sur toute décision d'interdire la culture de leurs produits. "Les gouvernements doivent avoir la possibilité de bannir des semences OGM sans avoir à demander la permission aux compagnies", a-t-elle soutenu dans un communiqué.

L'ancienne député européenne française Corine Lepage a pour sa part dénoncé "un accord au rabais" qui "ne comporte aucune base juridique solide pour réellement interdire les OGM et confère un pouvoir exorbitant aux compagnies dans le processus de décision".

Les semenciers eux-mêmes sont  loin d’être satisfaits. "Cette proposition permet à un pays de décider d'une interdiction pour n'importe quel motif", a déploré un de ses porte-parole, Brandon Mitchener. "Ce serait tragi-comique si cela n'adressait pas un signal aussi mauvais au reste du monde, à savoir que l'on peut sans difficulté ignorer la science et interdire des produits pour des raisons populistes", a-t-il argumenté. Brandon Mitchener a confirmé que Monsanto ne comptait pas présenter de nouvelles demandes d'autorisation de culture dans l'UE et allait continuer ses investissements dans les biotechnologies dans d'autres régions que l'Europe.

 

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 1

eleveur

Cette UE la, moi, j'en veux pas!
Tous comme les OGM!

Mosanto a ENCORE Gagné, nos politiques ce sont couchés...

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier