L'usage des pesticides agricoles a progressé de 9% en 2013

S C

L'usage des pesticides agricoles a progressé de 9% en 2013

Après un mieux en 2012, l'utilisation de pesticides agricoles en France s'est accrue de 9,2% en 2013 du fait de la prolifération des maladies fongiques. Des chiffres qui témoignent de la difficulté à inverser les pratiques, selon le ministère de l’Agriculture.

Le Ministère de l'agriculture vient de publier les résultats annuels de suivi du plan de réduction de l’utilisation des produits phytosanitaires, le plan Ecophyto.

Au niveau national, le recours aux produits phytosanitaires a augmenté de de 9,2% en moyenne entre 2012 et 2013 et de 5% entre 2009 et 2013. L’année précédente, le recours aux produits chimiques en agriculture avait baissé (-6%) pour la première fois depuis la mise en place d'un indicateur de mesure en 2009.

Une analyse de l’évolution de l’indicateur de référence NODU (nombre de doses unités) par catégories de produits montre une augmentation du recours aux herbicides et aux fongicides, et une diminution du recours aux insecticides.

Les résultats sont plus encourageants dans les zones non agricoles (jardins publics, cimetières...), où l'on constate une baisse du nombre de doses utilisées de 7,9% en un an et de 3,4% sur les cinq dernières années.

Réseau Dephy : baisse de 12% des pesticides pour les grandes cultures

Les résultats sont également encourageants pour les 2.000 fermes du réseau DEPHY (réseau de Démonstration, d’Expérimentation et de Production de références du plan Ecophyto). Ces fermes engagées dans une démarche d’agro-écologie ont réussi à réduire leur recours aux produits phytosanitaires tout en conservant de très bons rendements.

"Le nombre de traitements moyen depuis l'entrée des fermes dans le réseau a diminué en 2013 de 12% pour les grandes cultures et la polyculture-élevage et de 11% pour l'arboriculture", détaille le ministère de l'Agriculture. Le poste herbicides reste néanmoins le plus difficile à réduire.

Un nouveau plan Ecophyto dans les cartons

Au niveau climatique, l’année 2013 s’est caractérisée par un printemps exceptionnellement humide et frais d’avril à juin avec des retards d’implantation de cultures et des pertes de plantes. A la faveur de ces conditions humides, les champignons ont pu facilement se développer. Les excès d’eau ont également profité au développement des limaces et des adventices et gêné le recours aux opérations de désherbage mécanique. Comme  2012, l’année 2013 a été marquée par une forte pression des maladies fongiques sur l’ensemble des cultures.

En 2008, dans la cadre du Grenelle de l'Environnement, la précédente majorité avait lancé son plan Ecophyto avec un objectif de réduire de moitié le recours aux pesticides d'ici 2018. A son arrivée en mai 2012, Stéphane Le Foll avait pris ses distances avec cet objectif chiffré, tout en tentant de changer durablement les pratiques de production avec l'agroécologie.

Ce matin, le député PS de Meurthe-et-Moselle Dominique Potier doit remettre au Premier ministre Manuel Valls un rapport d'évaluation et de révision du plan Ecophyto baptisé "Pesticides et agroécologie: les champs du possible".   "Les recommandations de ce rapport seront analysées et serviront de socle au lancement d'un nouveau plan Ecophyto", explique le ministère.

Retrouvez le rapport en ligne

Source Ministère de l'Agriculture

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Commentaires 15

@cloche

merci pour cette tranche de rire

lachevrevache

ouai, j'suis agriculteur, je l'ai déjà dit, et même à double temps selon la norme actuelle et puis je suis aussi citoyen qui se veut bien informé et en remise en question permanente, et y'a pas besoin d'être prétentieux pour ça. L'avenir du monde m'a toujours préoccupé, et la bio m'a toujours parue être la simple évidence en agriculture. mais je sais que pour l'écrasante majorité des gens il est difficile de regarder la réalité en face, surtout si elle est gênante, et encore plus si elle fait peur. C'est pourtant la seule façon saine de réagir pour éviter qu'elle ne s'aggrave parfois jusqu'à l'irrémédiable, comme au Japon. J'en suis, comme Aigle201, à penser qu'on va droit vers le mur, mais que vu la résistance de ...80% du monde, on n'attendra pas deux générations pour se le prendre. Nicolas Hulot (quoi? Il est pas bien?) appelle ça: "Le syndrôme du Titanic". Je me permets parfois de recommander certains livres, pour ceux qui aiment lire et qui savent que les changements ne se feront pas sans eux. conseille quelquefois des livres:

AGILE364

une croissance a presque deux chiffres ,c est inesperee par les temps presents...

Guigui

Lachevrevache êtes vous agriculteur?
Je suis agri , et je pense que donner des conseils est tellement facile, on fait déjà travailler tellement de monde!!!
les engrais chimique sont indispensable (gros mots!!!) puisque les gens ne veulent pas de lisier ni de fumier à moins de 50 m et il faut équilibrer la fertilisation.

@aigle

ce que tu dis est à la fois vrai et faux , oui il y un probleme d'education agricole, nous sommes le premier pays consommateur de pesticides en europe , nous avons les charges de structures les plus elevées
et d'un autre coté on est mi-fonctionnaire et mi liberal , c'est a dire qu'on essaie de profiter du marché en speculant , et quand les cours sont haut aller chercher des qx en plus tout en etant soutenu par les subventions
aujourd'hui la seule solution qui me parait etre une evolution poour les agri , c'est de bannir les coops et vendeurs de bidons afin qu'ils ne soient plus du tout prescripteur , c'est a dire plus de tournée commerciale , et les conseils fait alors par des independants... ensuite aller comme on se dirige vers une remuneratyion via primes , mais en echange de contrepartie de reduction d'usages de pesticides , et au final etre capable de dire qu'a un agriculteur qui fera de gros efforts oui vous gagnerez bien mieux votre vie que votre voisin qui ne fait aucun effort

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