La betterave prépare la fin des quotas sucre

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La betterave prépare la fin des quotas sucre

A l’occasion de son Assemblée Générale qui se tient aujourd’hui, la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) a fait le point la semaine dernière sur la campagne betteravière 2014-2015. A deux ans de la fin des quotas, la filière s’organise pour pouvoir faire face, en 2017, à la concurrence du marché mondial.

La récolte de betteraves 2014 - 2015 s’annonce d’ores et déjà comme un excellent cru puisqu’elle devrait  atteindre en 2013 le chiffre des 37,6 millions de tonnes (Mt) récoltées, produits sur 405.000 hectares. Dans les années 80, pour produire la même quantité de betteraves, il fallait 644.000 hectares !

Rendement : franchir le cap des 100t/an

Le rendement moyen est  évalué à 93 tonnes/ha (à 16°), soit le troisième meilleur après 1997 (95 t/ha) et 2009 (94 t/ha). Il est également bien supérieur à la moyenne sur 5 ans (89 t/ha). « Depuis 37 ans nous sommes en progression en moyenne de 1,7% par an » précise Alain Jeanroy, directeur de la CGB, qui estime que cette progression devrait passer à 3,5%  du fait de l’amélioration constante de la génétique dans le cadre du projet AKER,  mais aussi du fait du réchauffement climatique. « Le cap des 100t/ha est à portée de main » assure Pascal Lainé, président de la CGB.

Un bon rendement qui devrait atténuer la baisse de la recette betteravière cette année. Une baisse liée à la chute des cours mondiaux et des prix dans l’Union européenne du fait de stocks de sucre aux plus hauts niveaux et des importations, sans droits de douane, de sucre de nouvelles origines.

La filière continue de recruter de nouveaux planteurs puisque cette année, on en compte entre  120 et 130 qui représentent 3.000 hectares. La campagne devrait s’écouler sur 116 jours, soit la plus longue jamais réalisée. L’objectif de 120 / 130 jours devrait, là encore, bientôt être atteint.

2017 : Des quotas supprimés

Amélioration des rendements, réduction des coûts de production, de transformation... La filière met tout en œuvre pour être, dès 2017, compétitive sur le marché mondial, essentiellement face à sa principale concurrente : la canne à sucre. La fin des quotas sucre et d’isoglucose aura en effet pour conséquence une diminution des cours du fait d’un déséquilibre entre offre et demande dans l'UE, une baisse de la demande européenne (du fait de l’importation d’isoglucose) et un plus grand recours aux exportations sur le marché mondial avec une grande volatilité des prix.

L’Europe envisage ainsi d’exporter de 5 à 6 Mt vers pays-tiers après 2017, au lieu de 1,5 Mt actuellement. Un chiffre que la filière avait  déjà atteint sur la période 2000-2006. La France pourrait devenir le premier exportateur européen avec 1 à 1, 5 Mt vendus, notamment en Afrique, contre 0,3 Mt aujourd’hui.

Mais il faut, pour atteindre cet objectif, baisser les coûts de production français qui restent supérieurs d’environ 30% à ceux du Brésil, principal producteur mondial de sucre de canne. Les coûts brésiliens ont toutefois tendances à augmenter alors qu’en France, on constate une baisse des coûts de production et une augmentation de la productivité.

Une filière qui garde son organisation

Mais si la suppression des quotas sucre et du prix minimum de la betterave seront effectives dès 2017, le dispositif interprofessionnel et contractuel, qui s’applique actuellement pour la filière betteravière sera maintenu et la CGB reste habilitée à négocier collectivement l’ensemble des conditions contractuelles figurant dans l’accord interprofessionnel.

« Il reste donc encore deux semis et deux récoltes (2015 et 2016) pour se préparer et fixer les quantités de betteraves à produire et définir à quel prix les vendre », précise la Eric Lainé.

La filière reste confiante car la baisse des cours mondiaux entamée en 2012 pourraient s’inverser après 2015 du fait de la fin de la situation excédentaire liée à la hausse de la demande, notamment africaine et asiatique.

« Ce changement doit être vu comme une opportunité et c’est en ce sens que nous préparons nos planteurs. Nous nous adapterons (...) la betterave a suffisamment d’atouts pour faire face à ce cap décisif. » conclut Eric Lainé, résolument optimiste.

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