La France prévoit de livrer près de 18 Mt de blé à l'exportation

La France prévoit de livrer près de 18 Mt de blé à l'exportation

La France prévoit une excellente récolte de céréales qui va lui permettre d'accroître ses exportations de blé, avec des prix confortables en raison des problèmes climatiques affectant ses principaux concurrents internationaux.

Avec 68 millions de tonnes, la production escomptée fait mieux que l'an dernier (63,1 Mt) et même dépasse la moyenne des cinq dernières années, selon FranceAgriMer.  "On attendait une récolte médiocre et on est proche du record", explique Michel Ferret, chef du service Marchés et Etudes de FranceAgriMer lors de la présentation des prévisions de l'organisme à La Rochelle.

La récolte de blé tendre, utilisé en meunerie, est estimée à 36,1 Mt (contre 34 Mt en 2011). Elle est de surcroît de bonne tenue puisque plus de la moitié de cette production est classée en catégorie "E" (excellente) et "1", et 36% en catégorie "2", malgré une "grande hétérogénéité" des qualités de la production, selon le service statistiques de l'organisme. Ces classifications, adoptées au début des années 2000, correspondent à plusieurs critères dont les teneurs en protéine et en eau de la céréale et se traduisent par une différence d'environ 2 euros par tonne sur les marchés.

Pour le maïs, avec une récolte à venir évaluée à 16,4 Mt, la France prévoit d'en réserver 6,6 Mt à ses voisins européens, le reste étant absorbé par les besoins des éleveurs français. "Le climat chaud de l'automne, le gel de février et les pluies de juin-juillet laissaient craindre le pire mais a été corrigé par le redressement des rendements", a rappelé Rémi Haquin, lui-même agriculteur et président du Conseil spécialisé "Céréales" de FranceAgriMer.

Un résultat d'autant mieux venu que les producteurs de blé de la mer Noire, Kazakhstan et Ukraine en tête, connaissent de graves difficultés dues au gel et à la sécheresse. Sans parler de la production de maïs américain, passée sous la barre des 300 Mt pour la première fois depuis 2007 ainsi que le soja et tous les oléagineux, en raison de la pire sécheresse de ces 60 dernières années. Ces aléas climatiques contribuent à maintenir des prix élevés sur le marché mondial des céréales.

Neuf millions de tonnes destinés à des pays tiers

La France, premier exportateur européen, prévoit de livrer près de 18 Mt de blé à l'exportation, soit 600.000 tonnes de plus que l'an dernier. Neuf millions de tonnes seront destinés à des pays tiers hors Union Européenne.

Elle pourra donc répondre sans difficultés à ses clients réguliers que sont l'Algérie, le Maroc et les autres pays d'Afrique du nord, alors que dans le reste de l'Europe les récoltes sont mauvaises, en Espagne et au Royaume Uni en particulier. "On va bénéficier du malheur des autres", a admis M. Ferret. La tonne de blé se négocie actuellement autour de 260 euros sur le marché à terme à échéance de novembre.

S'agissant de l'orge, avec des prévisions de récolte de 11,5 Mt, la France prévoit de conserver pour son usage 2,2 Mt --essentiellement des orges fourragères pour les animaux (1,5 Mt)-- et d'exporter 5,5 Mt surtout vers l'Europe.  Hors UE (1,3 Mt), l'orge fourragère part en priorité vers l'Arabie Saoudite, grosse consommatrice pour ses chameaux, tandis que l'orge de brasserie et le malt ont conquis des parts de marché en Chine, devenue premier brasseur du monde, a rappelé M. Ferret.

En revanche, ces statistiques satisfaisantes pour les céréaliers ne devraient pas apporter de répit aux éleveurs français: "la hausse des prix restera sévère", a estimé Michel Ferret, car les prix sont largement dépendants des mouvements hors frontières.  "On a une récolte record, donc théoriquement les prix devraient baisser. Mais ce niveau de production ne correspond pas à la situation mondiale: nos prix restent en prise sur le marché mondial qui, lui, est très tendu", a ajouté M. Ferret.

Source Afp

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