La législation sur la pulvérisation aérienne des pesticides se durcit

  La législation sur la pulvérisation aérienne des pesticides se durcit

Les dérogations annuelles autorisant la pulvérisation aérienne de pesticides, interdite en principe par la législation européenne en raison de risques pour la santé et l'environnement, sont désormais soumises à des conditions plus strictes en France, selon une récente circulaire du ministère de l'Agriculture.

Le document fournit une liste de "produits phytopharmaceutiques autorisés ou en cours d'évaluation par l'Anses" (Agence nationale de sécurité sanitaire) qui peuvent faire l'objet de dérogations comme le prévoit la loi Grenelle 2 du 13 juillet 2010 sur l'interdiction de la pulvérisation aérienne des pesticides.

La circulaire, dont le quotidien Le Monde a révélé l'existence, a été adressée le 5 mars aux directions régionales de l'agriculture et services vétérinaires. Elle prévoit des "conditions de dérogation plus strictes et plus encadrées pour 2012", a indiqué le ministère de l'Agriculture à l'AFP.

"On ne pourra plus utiliser tous les produits sur le marché mais seulement des produits évalués pour l'usage aérien par l'Anses", a-t-on précisé au ministère.

Des dérogations pour les cultures de bananes,  riz, maïs et vigne

Cette liste autorise déjà sept produits phytopharmaceutiques, fongicides, insecticides et herbicides pour les cultures de bananes et riz. Une seconde liste comprend 16 produits en cours d'évaluation par l'Anses, qui doit rendre un avis avant le 31 mars. Ces produits, susceptibles d'être autorisés dans le cadre des dérogations, sont prévus pour les cultures de maïs, riz et la vigne.

Pour les écologistes, "on peut adopter tous les principes et dispositions générales qu'on veut dans une loi, mais si on les contourne tout de suite par un système dérogatoire, ça ne va pas du tout", a estimé François Veillerette, porte-parole de Générations Futures qui milite depuis de nombreuses années contre l'usage des pesticides. "Cette note plus ou moins confidentielle donne comme consigne à peine voilée de pouvoir déroger à l'interdiction" édictée en principe par la loi européenne, a-t-il indiqué en critiquant l'ambiguité de la transposition dans la législation française du texte européen.

"On donne finalement en France des dérogations pour à peu près toutes les cultures qui utilisent traditionnellement la pulvérisation aérienne, le maïs, la vigne, la banane dans les territoires d'outre-mer", a-t-il rappelé.

Source AFP

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