La menace de l’ambroisie se renforce dans le Puy de Dôme

CA 63 FOURNIER

La menace de l’ambroisie se renforce dans le Puy de Dôme

Des foyers d’ambroisie sont présents dans le Puy de Dôme. Les agriculteurs ont un rôle à jouer pour éviter la prolifération de cette plante indésirable.

L’ambroisie : les éléments de propagation

La menace de l’ambroisie se renforce dans le Puy de Dôme

-      Une biologie adaptée à la colonisation

  • Longue période de pollinisation (août à octobre), avec un pic en septembre
  • 1 pied libère plusieurs millions de grains de pollen
  • 1 pied produit environ 3.000 graines
  • Les graines gardent leur capacité germinative pendant 30 ans voire plus.
  • En cas de fauche ou broyage estival, l’ambroisie repousse et peut refaire un cycle végétatif en 6 semaines environ = gérer les repousses dans la durée

 

-          L’homme prépare le terrain : l’ambroisie germe quand la terre est remuée

  • Chantiers de travaux publics, de construction,
  • Travail du sol pour la production agricole

 

-          L’homme assure la propagation des graines

  • Echanges de céréales, maïs, oléo-protéagineux polluées par l’ambroisie,

Déplacement et dissémination par les matériels de récolte (moissonneuses-batteuses) et les outils de travail du sol (terre collée sur les socs, disques, dents …)

Pour en savoir plus :

-          éléments de reconnaissance, botanique … : www.ambroisie.info

La menace de l’ambroisie se renforce dans le Puy de Dôme

Un pollen fortement allergisant

L’ambroisie est une plante annuelle qui sort de terre fin avril et pousse lentement jusqu’à fin juin. Elle entre ensuite dans une croissance rapide pour arriver à maturité à partir de fin juillet. Cette année, les observations de terrain réalisées sur plusieurs secteurs du Puy-de-Dôme montrent un avancement de la période de floraison quasiment aux premiers jours de juillet. Le pollen de l’ambroisie provoque des réactions allergiques marquées (voir l’encart « nuisible pour la santé ») et pose de réels problèmes de santé publique en fin d’été.

Comme la plupart des espèces invasives, la plante a des caractéristiques biologiques qui favorisent son développement  et sa pérennité (voir l’encart «éléments de propagation) : forte production de graines, longue durée de conservation à l’état dormant. La maîtrise de l’ambroisie ne se règlera pas en une seule intervention, mais sur le long terme.

L’activité humaine est l’agent le plus efficace pour la dispersion et la germination des graines d’ambroisie. Toutes les actions qui remuent la terre, aussi bien pour la construction que l’agriculture, contribuent à faire germer l’ambroisie. Les transports de terre (BTP) permettent à la plante d’aller coloniser de nouvelles zones. De même, les matériels de récolte (moissonneuses-batteuses) ou de travail du sol qui sont passés sur des parcelles contaminées par l’ambroisie déplacent des graines vers d’autres lieux. La lutte contre l’ambroisie concerne l’ensemble de la population.

La menace de l’ambroisie se renforce dans le Puy de Dôme

Etre vigilant

Face à cette menace, la préfecture du Puy-de-Dôme - en lien avec les autorités sanitaires régionales - a pris un arrêté préfectoral en juillet 2012 qui impose la destruction de l’ambroisie avant pollinisation jusqu’en limites de parcelles. Cette obligation s’applique aux propriétaires de terrains agricoles (ou leurs fermiers), ainsi qu’aux gestionnaires de domaines publics (communes, communautés de communes) et d’infrastructures routières, ferroviaires, électriques, de transport de gaz… La vigilance est aussi de mise chez les particuliers dans les jardins ou dans les terres remuées (chantiers de constructions, travaux publics).

Dans les espaces agricoles, la lutte curative repose essentiellement sur l’arrachage ou le désherbage chimique (voir encart « en savoir plus »). Les cultures de printemps - maïs et tournesol - sont particulièrement sensibles, la période de croissance de l’ambroisie étant la même que celle de la culture en place. Le binage dans l’inter-rang permet d’arracher les pieds d’ambroisie, mais de nombreuses plantules continuent à proliférer sur le rang, ce qui nécessitera un désherbage chimique. Le choix des produits de traitement devra être bien raisonné pour ne pas risquer de phytotoxicité sur les cultures en place.

Pour les céréales, l’ambroisie trouve un terrain favorable pour se développer dès l’enlèvement de la récolte. Le plus tôt possible après la moisson, un déchaumage avec des outils à dents à patte d’oie est recommandé pour couper un maximum de pieds d’ambroisie. Dans les parties de parcelles les plus envahies, des passages croisés de déchaumage doivent être faits.

Une gestion collective, précoce et appropriée

Par la diversité des milieux qu’elle peut coloniser, l’ambroisie nécessite une surveillance accrue et des actions appropriées de la part de tous les acteurs des territoires. Chacun à son niveau (élu, personnel communal, particulier, agriculteur, responsable d’entreprise …) est invité à signaler tout développement d’ambroisie pour déclencher rapidement des mesures de gestion appropriées avec le(s) propriétaire(s) des terrains concernés.

Dans les parcelles agricoles les plus envahies et où aucune mesure de gestion n’est plus possible, la destruction de la culture et de l’ambroisie sont prescrits à l’agriculteur. En cas de non-exécution, le maire de la commune peut exercer son pouvoir de police et faire détruire la parcelle, ceci à la charge du propriétaire ou de l’exploitant des terres. Aussi, une gestion précoce et appropriée de l’ambroisie est nécessaire pour éviter les solutions radicales en dernier recours.

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires