« La recherche institutionnelle doit reprendre la main » estime Alain Paris, chercheur à l'Inra

Christian Gloria - Réussir Grandes Cultures Novembre 2012

« La recherche institutionnelle doit reprendre la main » estime Alain Paris, chercheur à l'Inra
Alain Paris, toxicologue à l’Inra de Paris. « Si la publication avait été présentée par des étudiants, je leur aurais demandé de la réécrire… » © C. Gloria

Alors que la validité de l'étude de Gilles-Eric Séralini sur les effets du maïs OGM NK 603 fait débat, c'est la question des choix de la recherche institutionnelle qui est remise en question.

Marc Fellous, président de l’Association française des biotechnologies végétales (AFBV) et Alain Paris, toxicologue à l’Inra AgroParisTech,  se retrouvent dans les conclusions rendues par le BfR et l’Efsa au sujet de l'expérimentation de Gilles-Eric Séralini sur les effets du maïs OGM NK 603. « Le dispositif expérimental est trop peu puissant sur le plan statistique pour conclure. Si la publication avait été présentée par des étudiants, je leur aurais demandé de la réécrire… juge sévèrement Alain Paris. Nous ne nous retrouvons pas non plus sur la communication faite auprès du grand public. Je me méfie comme de la peste du militantisme dans la recherche. Autrement dit, en recherche, il n’y a rien de pire que de vouloir faire passer une idée à tout prix. »

« On peut espérer un coup de booster »

Le jugement est sans ménagement vis-à-vis du confrère scientifique, Gilles-Éric Séralini. Marc Fellous considère pour autant que « les tests toxicologiques peuvent être améliorés sur l’évaluation des OGM ». Alain Paris voit un intérêt à l’étude Séralini : « On peut en espérer un coup de booster pour la mise en place de recherches publiques. Il faut absolument que la recherche institutionnelle reprenne la main pour mieux évaluer ces plantes transgéniques. »
Depuis plusieurs années, les recherches sur les OGM ne figuraient plus dans les programmes de l’Inra ou d’autres organismes publics pour des raisons de choix stratégique et de pression sociétale allant jusqu’à la destruction systéma-tique de toutes tentatives d’essais aux champs. Les choses sont en train de changer à l’Inra.

Voir aussi article "L'étude Séralini dans la tourmente scientifique", mis en ligne le 7 novembre 2012 : http://www.pleinchamp.com/grandes-cultures/actualites/l-etude-seralini-dans-la-tourmente-scientifique

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