La rentabilité d'exploitation s'améliore pour les entreprises de la filière grain

Crédit Agricole - Service expertise -

La rentabilité d'exploitation s'améliore pour les entreprises de la filière grain

L’amélioration de la rentabilité d’exploitation des entreprises de la filière Grain, entamée en 2013/14, se confirme sans toutefois retrouver le niveau des années 2008-2010

La rentabilité d’exploitation s’améliore, avec des évolutions contrastées pour la collecte-appro

❙ L’amélioration de la rentabilité d’exploitation des entreprises de la filière Grain, entamée en 2013/14, se confirme sans toutefois retrouver le niveau des années 2008-2010 :

- les entreprises Leaders de Collecte-Appro (CA > 500 M€) confortent leur rentabilité, qui retrouve un niveau comparable à celle des années 2010-2012 (EBITDA = 2,8 %). Grâce à des zones de collecte étendues, elles ont d'avantage été en mesure de surmonter l’obstacle des disparités locales concernant la qualité des blés. Leur rentabilité d’exploitation reste cependant à un niveau limité ;

- les Moyennes et Grandes entreprises de Collecte sont particulièrement pénalisées par les difficultés de mise en marché des grains, dans un contexte de qualités hétérogènes entraînant des surcoûts logistiques. Leur ratio EBITDA/CA s’établit à 2,6 % ;

- la majorité des entreprises de Collecte-Appro, dont le chiffre d’affaire est inférieur à 10 M€, s’inscrivent dans la tendance générale à la reconstitution des marges. À 4,2 % en moyenne, leur taux de rentabilité se place nettement au-dessus de celui des Collecteurs de taille supérieure.

Les entreprises de première et deuxième transformation redressent globalement leur rentabilité, dans un contexte baissier du prix moyen des matières premières :

- le secteur de la meunerie française, toujours surcapacitaire, est tiré par les grands opérateurs adossés à des groupes diversifiés. Néanmoins, les écarts de performance entre entreprises sont significatifs, en fonction de leurs débouchés (boulangerie artisanale/industrie utilisatrice) et de leurs différents positionnements historiques ;

- les entreprises spécialisées en nutrition animale évoluent dans un marché déclinant en volume, et voient globalement leur chiffre d’affaires s’éroder progressivement. La stabilité des ratios d’EBITDA témoigne de la capacité des entreprises à limiter les effets de la volatilité du prix des matières premières sur leur rentabilité ;

- le secteur de la BVP, porté par des performances industrielles en amélioration, montre un rebond de rentabilité d’exploitation sans pour autant atteindre les niveaux d’il y a 4 ans. L’écart historique de rentabilité selon le débouché (BtoB/BtoC) persiste mais tend à se réduire. Le secteur reste majoritairement tourné vers le marché domestique, toutefois l’activité internationale est un axe de développement privilégié des industriels, et devrait continuer de progresser.

- Ces entreprises restaurent une partie de leur marge, grâce au reflux des cours mondiaux des matières premières et malgré une volatilité toujours record. Les entreprises Diversifiées, qui réalisent près de la moitié de leur chiffre d’affaires à l’international, ont retrouvé leur niveau de rentabilité des années 2008-2010.

La rentabilité d'exploitation s'améliore pour les entreprises de la filière grain

Les investissements reprennent

❙ La campagne 2014/15 a marqué la reprise de l’investissement, contrastant avec l’atonie de l’année précédente : une dizaine d’entreprises ont donné l’impulsion, concentrant 70 % des montants engagés.

❙ Ces investissements sont principalement tournés vers le développement des métiers d’aval en France et à l’international. Le financement de ces nouveaux projets est facilité par la liquidité abondante sur les principaux compartiments des marchés financiers (private equity, obligataire, bancaire). En amont, les entreprises de Collecte poursuivent un effort d’investissement régulier et soutenu (26 % de la valeur ajoutée de l’année sont réinvestis), malgré une rentabilité sous pression.

L’écart de rentabilité des capitaux investis se creuse entre l’amont et la transformation

❙ La rentabilité des capitaux investis de la filière Grain s’établit à 4,6 % : elle a tendance à s’infléchir compte tenu de l’augmentation des moyens mis en œuvre (immobilisations + 10 %). L’écart entre les métiers d’amont et l’industrie de transformation continue à se creuser, mettant en évidence les difficultés des entreprises peu transformatrices à répercuter les surcoûts exceptionnels de la récolte 2014 (ROCE des Collecte-Appro Moyennes et Grandes = 2,2 %) et à préserver leurs marges.

Une structure financière stable et safisfaisante

❙ Malgré deux exercices de rentabilité en creux, la structure financière de la filière Grain est satisfaisante et quasi constante, avec un ratio de capitalisation stable. L’endettement est soutenable en termes de capacité de remboursement (3,3 années d’EBITDA). En conséquence, le profil de risque global de la filière est correcte, avec seulement 8 % des entreprises en « risque fort », et on note la diminution du nombre d’entreprises présentant un ratio de leverage dégradé.

Un environnement incertain pour l’amont, des perspectives plus porteuses pour les activités de transformation

❙ En 2015/16, le chiffre d’affaires de la filière Grain devrait poursuivre une tendance baissière. En blé tendre, le repli des cours s’est poursuivi au 1er trimestre 2016 en raison de prévisions de récoltes abondantes (production mondiale + 4 %, à 717 Mt – source CIC). Les prix des intrants sont également orientés à la baisse, selon l’indice IPAMPA (107,2 en février 2016/110,2 en février 2015).

❙ La rentabilité des entreprises Collecte-Appro pourrait donc être affectée par la baisse mécanique des marges, voire aggravée, pour certaines d’entre elles, par un décalage entre le prix d’acompte versé en début de campagne et l’évolution des prix durant la phase de commercialisation. Par ailleurs, si les coopératives devaient prendre des mesures de soutien en faveur de leurs adhérents, leur compte de résultat et leur besoin en fonds de roulement pourraient être impactés négativement.

❙ Les activités de transformation et d’aval devraient rester plus porteuses et permettre aux Leaders et aux Diversifiées de préserver leurs marges - voire de les améliorer, grâce aux investissements réalisés. Par contre, le contexte des prix du pétrole et de ses dérivés devrait peser sur les marges des producteurs de biodiesel.

Voir tout le dossier :  http://etudes-economiques.credit-agricole.com/site/l-observatoire-financier-des-entreprises-agroalimentaires-2870.html

ANALYSE4

Source : L'observatoire financier des Entreprises Agroalimentaires - n° 6 - Mai 2016

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 2

CLOCHE215

si la bourse augmente de 1% les médias disent que cela ne représente rien ; si elle baisse de 1%, on nous dit qu'elle tombe aux abysses... pour le revenu des paysans, c'est tout le contraire; vous vous rendez-compte de la manipulation que nous subissons sans interruption !!!journalistes SVP arrêtez ce jeu macabre et criminel; ceux qui produisent la nourriture pour le genre humain sont entrain de crever.

loulou6345

au detriment des producteurs

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier

Publicité

Articles les + lus

Lettre d'info

Derniers commentaires