La Russie va taxer à long terme ses exportations de blé

La Russie va taxer à long terme ses exportations de blé

La Russie, l'un des principaux fournisseurs de céréales de la planète, a annoncé de nouvelles taxes sur les exportations de blé, pour éviter un assèchement de son marché intérieur en cas de rechute du rouble.

Le mécanisme publié vendredi 30 mai par décret du gouvernement vise à remplacer de manière pérenne celui imposé entre le 1er février et le 15 mai. Objectif : contenir l'hémorragie des céréales russes vers les marchés internationaux, à l'origine de flambées de prix en Russie.

Prévue pour entrer en vigueur le 1er juillet, cette taxe flottante restera au niveau très symbolique de 50 roubles par tonne (87 centimes d'euros) tant que le prix du blé sera inférieur à 11.000 roubles par tonne (191 euros), ce qui est le cas actuellement.

Mais si les prix dépassent ce seuil, soit parce que les cours augmentent sur les marchés agricoles internationaux soit parce que la monnaie russe rechute, elle deviendra bien plus importante. Les céréaliers seront alors découragés de vendre leur production à l'étranger, empêchant les prix du blé, et donc ceux très sensibles du pain, d'augmenter en Russie.

La taxe, "en cas de brusque affaiblissement du rouble, permettra de limiter les exportations de céréales", a expliqué le gouvernement dans un communiqué. C'est en réaction à l'effondrement du rouble de décembre que les autorités russes avaient décidé une première fois d'imposer des barrières douanière, fixées à partir du 1er février à un niveau bien plus élevé (35 euros par tonne minimum).

Les représentants agricoles russes contre cette décision

Devant l’importance de la collecte 2014 de céréales (105 millions de tonnes) et suite au rebond du rouble au printemps, le gouvernement a  décidé d'annuler au 15 mai cette mesure s'apparentant à une double peine pour les agriculteurs, eux-mêmes affectés par la crise économique actuelle en Russie et privés de ventes très rentables à l'étranger.

Aujourd’hui, les autorités ont donc décidé de mettre en place un nouveau mécanisme moins douloureux destiné à durer.

Les représentants du secteur agricole sont vent debout contre cette mesure : "Comment conclure des contrats à long terme si on ne sait pas quel sera le niveau de la taxe?" s'interroge-t-il. "Ce qui va se passer, c'est que (la Russie) va perdre des marchés, car les acheteurs veulent de la stabilité".

Il craint à long terme un déclin de la production de blé, à l'image de l'Argentine où une taxe du même type a conduit à une diminution des cultures. Pour cet expert, en cas de hausse des cours du blé à 300 dollars la tonne, "ce qui est réaliste", les céréaliers perdront jusqu'à 20% de leurs revenus.

« Le gouvernement russe a décidé d'aider les fermiers du monde entier au détriment des siens", a-t-il ajouté. "Et sur le marché du blé, ce sont les Français les principaux concurrents des Russes".

Source AFP

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Commentaires 2

CLOCHE215

enfin quelqu'un qui prend des décisions courageuses pour protéger les siens..

freiheit

merci vladimir ,,, enfin un politique qui nous aide

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