La vérité sur la qualité des blés 2014

Sophie Caron

La vérité sur la qualité des blés 2014

L’enquête FranceAgriMer/Arvalis le confirme : la qualité technologique des blés 2014 est en retrait par rapport à l’an passé. La profession se veut toutefois rassurante : la plupart des débouchés seront satisfaits mais, dans certaines régions, il va falloir trier !

Les enquêtes sur la qualité de la récolte pilotées par FranceAgriMer en partenariat avec ARVALIS confirment la baisse de la qualité des blés 2014. Certaines régions sont toutefois épargnées et globalement, la plupart des débouchés seront satisfaits assurent les professionnels du grain. Précisons que ces analyses sont conduites sur des échantillons à l’entrée des silos sans travail préalable de l’organisme stockeur.

Des poids spécifiques et taux de protéines « corrects » 

Pids spécifiques

Le poids spécifique, très tributaire des conditions de fin de cycle,  est en retrait par rapport à 2013 en raison de la pluviométrie abondante et persistante du début juillet. La moyenne est toutefois jugée « correcte » à 76,3 kg/hl, plus de 60% de la collecte se situant au-dessus du seuil contractuel de 76 kg/hl.  « En 2000, dans un contexte climatique assez proche, la moyenne s’établissait à seulement 74,5 kg/hl. », précise Benoit Méléard, Ingénieur chez ARVALIS - Institut du végétal.

La teneur en eau s’établit à 13,8 % en moyenne, avec des valeurs régionales qui s’échelonnent de 12,2 à 15,5 %. Mais il faut noter que ces valeurs ont été obtenues avant mise en œuvre du séchage chez les collecteurs

Teneur en protéines

Côté protéines, le taux moyen s’établit à 11,1%, équivalente à 2013  avec 1 point de rendement de plus que l’année passée. Les contrastes régionaux sont toutefois marqués, les valeurs mesurées s’échelonnant de 10,3 à 13,3% en moyennes régionales.

C’est plutôt du côté des valeurs technologiques que les craintes se confirment  : les indices de Hagberg et la force  boulangère (W et P/L) sont en effet en net baisse dans certaines régions. 

Le Sud, le Nord-Est, la façade atlantique et  la Manche épargnés

Du côté de l’indice d’Hagberg, qui a fait couler beaucoup d’encre,  les niveaux sont bien inférieurs  à ceux  habituellement requis  dans  les régions qui ont subi des précipitations abondantes alors que les blés étaient à maturité. Le Sud du pays, le Nord-Est, ainsi que la façade atlantique et celle de la Manche seraient toutefois quasi totalement épargnés. Dans les autres régions, la proportion de surfaces affectées peut être assez variable.

Hagberg

En moyenne, seuls 46% des blés ont un indice Hagberg supérieur à 220 secondes, mais 65% de la collecte atteint toutefois les 170 secondes, régulièrement appliqué comme seuil de refus contractuel. Les collecteurs portuaires de blés comme Sénalia et Socomac exigent  un indice de Hagberg  de 220, mais avec une tolérance allant jusqu’à 170 (avec réfaction).

 « Des tests de panification conduits en début de récolte ont permis de mettre en évidence que la qualité boulangère n’était pas systématiquement altérée par un indice de chute de Hagberg faible », relativise  toutefois Arvalis

43% des blés ont un « bon ou très bon » comportement en panification

En ce qui concerne les tests de  comportement en panification -réalisés sur les blés ayant un indice d’Hagberg supérieur à 140s -  la note est bonne à très bonne dans près de 60% des situations. Mais si l’on considère toute la collecte,  seuls 43% des blés (au lieu de 95% l’an passé) ont un bon ou très bon comportement en panification. 

classement des blés

En termes de classement des blés (qui prend en compte  les trois critères : taux de protéines, w et  Hadberg), seuls 20%  blés sont en classe 1 (soit 7,5 millions au lieu de plus de 20 Mt en 2013).  Près de la moitié des blés  sont relégués en classe 3, soit 17 Mt, contre 4,3 Mt l’an passé. Ces blés serviront à l’alimentation animale ou à l’industrie de l’éthanol.

Même si tous les marchés (ou presque)  devraient pouvoir être approvisionnés, 2014 sera une année compliquée pour les organismes collecteurs  de certaines régions : « ils devront mettre en œuvre tout leur savoir-faire pour mettre en lot les qualités qui s’adaptent à tous les débouchés » précise Arvalis.

 

*Conduites sur plus de 500 échantillons de blé tendre représentatifs des bassins de collecte et des catégories constituées par les collecteurs.

 

 

 

Source FAM/Arvalis

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