Le fonds de solidarité céréaliers-éleveurs prend forme pour aider la filière élevage

Nicole Ouvrard - Réussir Grandes Cultures Octobre 2012

Le fonds de solidarité céréaliers-éleveurs prend forme pour aider la filière élevage
L’idée est d’abonder un fonds grâce à un prélèvement de 2 euros la tonne de grains à destination des filières d’élevage, plus particulièrement le porc et la volaille. © A. Puybasset

Face à l’envolée des cours de matières premières, les céréaliers s’inquiètent du sort de leurs clients éleveurs et proposent de leur venir en aide.

Malgré les difficultés de mise en œuvre, le fonds de solidarité céréaliers-éleveurs devrait bientôt voir le jour. L’AGPB et l’AGPM ont pris la décision de monter
ce dispositif au cœur de l’été. Il s’agissait de prendre les devants par rapport à une éventuelle annonce des pouvoirs publics de réactiver l’article 68 du bilan de santé de la PAC, en réaction à la hausse des matières premières agricoles qui fragilise le secteur de l’élevage. Les deux associations spécialisées ont été rejointes par la FOP, avec le concours de Coop de France. L’idée est d’abonder un fonds grâce à un prélèvement de 2 euros la tonne de grains (céréales à paille, maïs et oléagineux) à destination des filières d’élevage, plus particulièrement la volaille et le porc qui sont les plus concernés, afin d’améliorer leur compétitivité.

Une contribution volontaire

« Diverses pistes ont été envisagées pour abonder le fonds, explique Christophe Terrain, président de l’AGPM. D’abord un DPU variable, mais c’est anticommunautaire ; une contribution volontaire obligatoire (CVO) mais Bercy n’y est pas favorable car il faudrait le notifier à Bruxelles et elle pourrait être retoquée ; une taxe fiscale affectée proposée par le gouvernement, mais nous y sommes opposés, de crainte de voir l’enveloppe financière tomber dans le budget de l’État et la taxe pérennisée. Il restait la piste de la contribution volontaire à titre individuel que nous avons retenue. »
Mais les céréaliers attendent en retour des engagements de l’État, notamment une amélioration du dispositif de déduction pour aléas (DPA) et des garanties sur la levée de certaines contraintes de l’acte de production. « Le discours de François Hollande au Space va dans le bon sens », considère Christophe Terrain. Une reflexion est en cours pour sécuriser le dispositif juridique et décider du devenir de ce fonds qui devrait s’élever à 100 millions d’euros, si les céréaliers répondent présents. « Au-delà de la belle idée, il nous faut élaborer un travail d’expertise avec les filières animales concernées sur leurs besoins, et monter un projet solide », considère Gérard Tubéry.
De la solidité de l’argumentation peut dépendre le niveau de générosité des céréaliers.

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