Le prix du sucre remonte enfin

Crédit Agricole, Pôle AgroAlimentaire

Le prix du sucre remonte enfin

Le prix du sucre remonte enfin Le prix du sucre brut a amorcé depuis début septembre une remontée rapide qui l'a mené de 250 USD/t fin août à 320 USD/t fin novembre. Ce mouvement intervient sur fond de déficit qui se profile dans la production mondiale de sucre, pour la première fois depuis 6 ans, et pourrait mettre fin à une baisse qui se prolonge depuis le sommet atteint en 2010 (plus de 650 USD/t).

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Le déficit pour 2015/16 est annoncé par la plupart des prévisionnistes, entre 3 et 6 Mt sur une production de 170 Mt. Il résulte d'un fléchissement de la production, en particulier chez les trois premiers producteurs mondiaux : le Brésil, où pour l'instant la récolte est retardée par les pluies, l'Inde où la sécheresse va provoquer une baisse, et l'Europe, où la sécheresse estivale s'ajoute à des mises en culture réduites par suite des prix bas régnant sur le marché intérieur. Dans le cas du Brésil et de l'Inde, il s'agit de manifestations assez typiques du phénomène El Niño.

D'autres considérations économiques s'ajoutent : l'éthanol a été relancé ces derniers mois au Brésil par des mesures fiscales qui lui ont rendu une certaine compétitivité face à l'essence. La part de la production de sucre passant en éthanol pourrait ainsi s'approcher de 60 %. La baisse du réal, qui entraînait le prix international du sucre vers le bas vu le rôle du Brésil sur le marché mondial, s'est aussi interrompue depuis septembre.

 Enfin, le mouvement a été fortement accéléré par les intervenants financiers : depuis septembre, les spéculateurs à court terme à Chicago (marché qui sert d'indicateur pour les autres places compte tenu des informations qu'il fournit) se sont reportés fortement à l'achat, alors qu'ils hésitaient entre neutres et vendeurs depuis le début de l'année.

Le mouvement sur le prix du sucre reste ainsi à la merci de fluctuations de devises et d'anticipations financières qui créent une forte volatilité actuellement, mais aussi des stocks élevés accumulés depuis plusieurs années : il convient donc d'être prudent pour la suite.

Source : PRISME - l'analyse de la conjoncture agricole et agroalimentaire - décembre 2015

Retrouvez la publication complète de PRISME en cliquant ICI

 

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