Le temps presse pour les travaux de semis et d’herbe

MARINE SUTEAU

La pluie dans le collimateur des agriculteurs : au mieux, des retards sont à déplorer et sur certains secteurs les travaux de semis n’ont pas débuté.
La pluie dans le collimateur des agriculteurs : au mieux, des retards sont à déplorer et sur certains secteurs les travaux de semis n’ont pas débuté.

Les secteurs nord et nord-ouest du département arrivent bons derniers dans les travaux de semis et d’herbe. Reportage croisé à Lusanger, Blain et La Chapelle-des-Marais.

Jean-Noël Gascoin n’a pas l’habitude de labourer ses parcelles fin mai. Les sols sont encore lourds mais portants dans la commune de La Chapelle-des-Marais. « Je profite de la fenêtre de tir pour labourer. Nos terres argilo-limoneuses sont encore humides mais elles ne semblent pas gêner le travail de la charrue. Cette parcelle de 1,70 ha devrait être semée d’ici trois jours, à condition que les pluies ne reviennent pas », explique Jean-Noël, agriculteur installé en Gaec avec son frère Richard Gascoin. 18 hectares de maïs ont à ce jour été semés. Les années sans aléa climatique, les parcelles sont retournées et semées début mai. Dans le cas présent, la majorité des travaux se fait en semis tardifs. Une conséquence, le décalage à prévoir dans les récoltes. « Le maïs arrive à maturité quatre mois et une semaine après implantation. Nous tablons donc sur des récoltes fin septembre, ce qui est encore raisonnable. » Habitué à travailler en labour à plat, Jean-Noël dispose d’une charrue à cinq corps en 18 pouces. « Je ne me pose plus de question. C’est la technique qui passe la mieux dans ces vieilles prairies qui ont cinq ou six ans. » En ce qui concerne le type de semis de maïs, seul l’indice a changé. « Nous privilégions un indice plus précoce de l’ordre de 150 pour qu’il arrive bien vite à maturité. » En comptabilisant les travaux déjà effectués, Jean-Noël pense semer 7,5 ha dans la semaine ; reste les 5 derniers hectares, beaucoup plus problématiques. « Nous sommes sur des terres non drainées, encore très mouillées. La végétation est à hauteur de 60 cm. Si au 15 juin, ce n’est pas semé, ce ne sera plus possible pour nous. Nous ferons alors une modification sur la déclaration PAC. » Comme beaucoup d’agriculteurs cette année, Jean-Noël a subi la pluviométrie de plein fouet, ce qui a impacté en priorité le maïs.

« Nous avons besoin du maïs pour l’élevage »

Humides, gorgées d’eau, impraticables, certaines terres situées près de Blain désespèrent d’être semées. Martin Pelé, agriculteur du secteur, constate que certains éleveurs n’ont pas commencé les travaux d’herbe et de semis. « À ce jour, certains agriculteurs m’ont rapporté qu’aucun maïs n’avait pu se faire à cause de la pluie. Même s’il faut semer à la mi-juin, les agriculteurs impactés le feront parce que nous avons besoin du maïs pour l’élevage. Nous ne pouvons pas nous permettre de manquer de fourrage ». La situation reste préoccupante mais pas catastrophique du côté de Lusanger. « Il reste environ 15 à 20 % qui n’ont pu être faits à cause de l’eau. Nous ne sommes pas inquiets pour l’instant. Le maïs ensilage peut supporter des dates de récoltes tardives, à la différence du maïs grain », explique Frédéric Bossard, agriculteur à Lusanger. À La Chapelle-des-Marais, le système fourrager de l’exploitation laitière repose sur une base de maïs ensilage. « Nous sommes sur une terre d’élevage. Nos surfaces en maïs nous garantissent l’autonomie fourragère et une économie de soja. À côté, nous avons 80 ha de marais que nous utilisons en majorité pour les vaches allaitantes et leur suite et pour les génisses en lait. »

Du côté de Blain, seulement la moitié des travaux d’herbe ont pu se dérouler normalement. Pour le reste des chantiers, les agriculteurs concernés attendent. « Le problème, c’est la qualité, plus on attend et moins la qualité sera présente », commente Martin Pelé. Dix hectares d’herbe attendent d’être pressés et enrubannés à La Chapelle-des-Marais. « Il est prévu de les faucher cette semaine si le temps le permet. Là encore la fenêtre est très courte. Pour la première coupe, nous avons jonglé entre les équipes d’ensilage et les premiers travaux de semis. Aujourd’hui, il faut trouver le bon moment. »

Du côté de Blain, seulement la moitié des travaux d’herbe ont pu se dérouler normalement. Pour le reste des chantiers, les agriculteurs concernés attendent. « Le problème, c’est la qualité, plus on attend et moins la qualité sera présente », commente Martin Pelé. Dix hectares d’herbe attendent d’être pressés et enrubannés à La Chapelle-des-Marais. « Il est prévu de les faucher cette semaine si le temps le permet. Là encore la fenêtre est très courte. Pour la première coupe, nous avons jonglé entre les équipes d’ensilage et les premiers travaux de semis. Aujourd’hui, il faut trouver le bon moment. »

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