Les bio-alternatives aux pesticides sous les projecteurs

Les bio-alternatives aux pesticides sous les projecteurs

Pour la première fois, les fabricants de bio-alternatives aux pesticides vont se réunir mardi à Paris pour tenter de consolider cette filière d'avenir, sous l'impulsion du ministre de l'Agriculture.

Stéphane Le Foll, qui a fait de l'agroécologie son grand projet, organise ce "Forum biocontrôle" dans la toute symbolique Cité des sciences et de l'industrie. Avec un seul et même objectif : mettre fin au tout chimique et encourager les agriculteurs à utiliser des techniques agronomiques et des méthodes naturelles pour produire au moins autant avec moins (moins d'eau, moins de pesticides, moins d'énergie...). Car en plus des impacts sanitaires -en premier lieu sur les utilisateurs- les pesticides polluent les eaux et menacent la biodiversité. "C'est la première fois qu'on met en scène cette industrie du biocontrôle, qu'on cherche à la rassembler, pour lui fixer des objectifs en terme d'investissements -avec la Bpifrance-, en termes de mise en œuvre de réseau et surtout en termes de mise en oeuvre de perspectives par rapport aux différentes approches", explique le ministre, tout récemment reconduit dans ses fonctions. L'Institut de recherche agronomique (Inra) sera justement là pour montrer "des résultats concrets" et dissiper "les doutes" du monde agricole autour de ces solutions.

  

Préserver le savoir-faire français

L'objectif du gouvernement est clair: réussir à bâtir "des géants du biocontrôle face aux géants de la chimie" et préserver le savoir-faire français des 70 entreprises qui travaillent sur le sujet, dont une majorité de PME.

Car ces sociétés, extrêmement innovantes, font l'objet de nombre de convoitises, notamment des grands groupes d'agrochimie. L'Américain Monsanto s'est d'ailleurs tout récemment lancé dans le secteur, arguant qu'il s'agit d'un marché prospère, en croissance de 15 à 20% par an et qui pèse déjà 1,6 milliard d'euros dans le monde (100 millions en France). Fin mars, la société bretonne Goëmar, qui appartenait déjà depuis 2010 à un fonds d'investissements luxembourgeois, a par exemple été rachetée par le Japonais Arysta, qui se présente comme le plus grand groupe agrochimique du monde.

Mais pour IBMA France, association qui regroupe tous les acteurs du biocontrôle, il ne faut pas diaboliser ces rapprochements. "L'arrivée de ces grands groupes est un point positif, ça va donner au secteur des moyens d'investir", explique Charles Vaury, son secrétaire général.

Le ministre entend bien ces arguments mais reste sur sa ligne de construire "une vraie industrie française du biocontrôle".

Zéro pesticide dans les espaces verts

Pour ce faire, il a déjà pris des dispositions dans la loi d'avenir de l'agriculture, en cours d'examen au Parlement. Après adoption de ce texte, les vendeurs de ces produits naturels n'auront plus besoin d'un agrément (toujours nécessaire pour les produits chimiques) et les professionnels pourront librement en faire la publicité auprès du grand public (alors qu'elle est strictement encadrée pour les produits phytosanitaires). IBMA France lui demande toutefois d'aller plus loin. Pour Charles Vaury, il faut réduire les délais d'étude des produits avant commercialisation par l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), inciter à leur utilisation avec par exemple une TVA réduite, et réserver un budget à la formation des agriculteurs et des prescripteurs. Sur le premier point, Stéphane Le Foll assure que "c'est prévu". S'agissant d'une quelconque incitation fiscale, en revanche, il craint que "dans le contexte (budgétaire tendu), ce ne soit pas possible". Sur la formation ensuite, il répond bien sûr, "il faut sensibiliser tout le monde", sans s'engager sur une enveloppe dédiée.

Aujourd'hui, le biocontrôle représente seulement 5% du marché de la protection des plantes en France. Mais IBMA espère bien réussir à en conquérir 15% d'ici trois ans. Un objectif qu'elle devrait pouvoir réaliser notamment grâce au plan gouvernemental Ecophyto de réduction de l'utilisation des produits phytosanitaires; et aux collectivités qui ne pourront plus utiliser de pesticides dans les espaces verts et de fleurissement en 2020.

Source AFP

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Commentaires 1

pp38

pourquoi les firmes qui propose des solutions alternative calque leur prix sur l'équivalent en chimique + majoration "solution alternative". Le prix n'ai pas fixé en fonction du prix de revient+marge mais jusqu'à combien les utilisateurs sont pret à mettre!!!
Pourquoi les écologiste ne réagisse pas plus sur ce sujet?

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