Les blés panifiables supérieurs reculent

Gabriel Omnès - Réussir Grandes Cultures Mai 2012

Les blés panifiables supérieurs reculent
Les catégories blés panifiables (BP) et blés panifiables supérieurs/blés améliorants ou de force (BPS+BAF) représentent 91 % de la sole française de blé. © G. Omnès

Le recul des « blés panifiables supérieurs » (BPS) au profit de variétés de qualité moindre inquiète les meuniers, qui n’utilisent que des BPS.

À première vue, les meuniers français n’ont pas de souci à se faire : en 2012, les catégories blés panifiables (BP) et blés panifiables supérieurs/blés améliorants ou de force (BPS+BAF) représentent 91 % de la sole nationale de blé, laissant les 9 % restants aux variétés pour autres usages (BAU). L’Association nationale de la meunerie française (ANMF) est pourtant inquiète : depuis cinq ans, les BPS et BAF cèdent du terrain face aux BP. Or, malgré leur nom, les BP ne sont pas du goût des meuniers de l’Hexagone, qui les laissent bien volontiers à l’export.
« C’est une préoccupation importante pour nous, a souligné Bernard Valluis, président délégué de l’ANMF. Il faut prendre conscience de cette progression des BP et en discuter dans la filière. »

Des lots déclassés

À la fin des années 90, une évolution similaire, quoique plus marquée, avait conduit à l’élaboration d’une nouvelle classification des blés par l’Onic, devenu FranceAgriMer. Bien que peu utilisée par les opérateurs du marché, cette grille avait permis de faire passer le message et avait relancé la dynamique des blés d’excellence. La montée en puissance des deux variétés Altigo et Expert, arrivées dans le top 5 avec 11 % des emblavements à elles deux, explique en partie la progression des surfaces en BP et complique la tâche des organismes collecteurs. Cette année, leur présence à des niveaux relativement élevés dans des mélanges « Blés panifiables pour la meunerie française » a entraîné le déclassement — voire le refus — des lots concernés. Ces deux variétés ne font en effet pas partie de la liste des BPMF et peuvent dégrader la qualité de la farine.

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Inscription

L’Association nationale de la meunerie française met en garde contre un relâchement de l’attention portée à l’inscription sur le profil technologique des variétés. La valeur agronomique et technologique a en effet été complétée par une composante environnementale qui favorise les variétés affichant un bon comportement face aux stress et aux baisses d’intrants. Cela ne doit pas se faire au détriment des critères qualitatifs, selon l’ANMF.

BPMF et VRM

La liste des blés panifiables pour la meunerie française (BPMF), publiée par l’ANMF, est une sélection des variétés admises dans les mélanges destinés à la meunerie en raison de leur qualité. Certains contrats passés avec les OS imposent des mélanges BPMF, dont sont exclues les variétés n’appartenant pas à la liste, même si elles sont inscrites comme blé panifiable supérieur. L’élite des BPMF correspond aux variétés recommandées par la meunerie (VRM). Ces blés d’excellence peuvent être utilisés en pur.

Profil rhéologique

Le profil rhéologique (extensibilité ou ténacité de la pâte) est un caractère variétal influencé par le climat. Entre 2000 et 2007, les surfaces étaient dominées par Apache, très extensible, et Caphorn, très tenace. Selon l’année, les meuniers jouaient sur le taux d’incorporation de chacune pour obtenir des farines équilibrées. Problème : la plupart des variétés ont aujourd’hui un caractère moins trempé, privant les meuniers de profils extrêmes  pour réaliser les corrections nécessaires certaines années.

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Commentaires 1

Benoit

Les meuniers devraient s'adapter comme les agriculteurs s'adaptent... Ils ont la possibilité de verser une prime pour des blés VRM, au lieu de refuser des apaches comme en 2011.

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