Les céréaliers français inquiets avant l'adoption de la nouvelle PAC

Les céréaliers français inquiets avant l'adoption de la nouvelle PAC

A la veille des dernières discussions pour l'adoption de la nouvelle politique agricole commune européenne la semaine prochaine, les céréaliers français s'inquiètent de réformes qui privilégieraient l'élevage en leur défaveur, au moment où la concurrence s'annonce rude sur les exportations.

Leurs responsables font valoir le risque pour la France, premier exportateur de blé de l'Union européenne (10 millions de tonnes environ), de perdre son rang à l'international et redoutent une "distorsion de concurrence" avec le voisin allemand notamment et alors que les producteurs de la Mer Noire (Russie, Ukraine et Kazakhstan) prévoient une récolte abondante - et de qualité.

"On exporte la moitié de notre production et on réalise un excédent commercial de 7,5 milliards d'euros: on est en train de plomber ce secteur", estime Philippe Pinta, président de l'Association des producteurs de blé (AGPB).

Dans le viseur, les réformes voulues par la France qui entend défendre l'élevage confronté à de graves difficultés entre la hausse des charges et les prix bloqués au ras du sol. Le ministre français de l'Agriculture s'apprête à batailler ferme pour défendre ce choix face à ses pairs lundi et mardi à Luxembourg. Stéphane Le Foll souhaite "que la réforme profite à l'élevage", a-t-il indiqué à l'AFP. Il espère notamment obtenir le couplage d'une partie des aides (12 à 15%) en sa faveur.

Les craintes des producteurs de céréales, le ministre les entend, sans changer sa ligne: "Ma priorité c'est de rassurer les éleveurs, j'assume ce choix".  Ce que dénoncent par avance les céréaliers dans ce contexte c'est la marge laissée aux gouvernements des 27 de "renationaliser" une partie des aides à leur gré. Selon leurs calculs, certains agriculteurs en grandes cultures pourraient alors voir baisser les leur de moitié "du jour au lendemain".

Retour redouté de la production des pays de la Mer Noire

"L'agriculteur allemand continuerait de toucher 390 euros en moyenne alors que certaines de nos exploitations pourraient descendre en dessous des 150", affirme Pierre Olivier Drege, directeur général de l'AGPB.  L'association montre des projections selon lesquelles, si la réforme s'applique, une exploitation de 200 ha dans le Loiret ne toucherait plus que 170 euros/ha et une autre de 250 ha dans le Berry, 150 euros/ha - quand les grands Länder est-allemands seraient à plus de 320 euros/ha.

Mais le syndicat agricole Confédération paysanne appelle de son côté "un rééquilibrage des aides indispensable": "l'écart de revenus entre grandes cultures et élevage ne cesse de s'accroître", juge-t-elle.

Pour Guy Vasseur, président des Chambres d'Agriculteurs joint par l'AFP, "ce serait trop simple de faire croire aux éleveurs que la PAC va les sauver. Confortons (les) sans affaiblir les céréales qui vont bien, mais peuvent se trouver du jour au lendemain dans des conditions difficiles".

"Nos concurrents, ajoute M. Vasseur, ce n'est pas le Brésil mais d'abord l'Ukraine et la Mer Noire" dont le retour sur la scène internationale est redouté en raison des perspectives de récolte favorables cette saison et de la qualité de ses blés. D'autant que la volatilité extrême du marché lui parait délaissée par la PAC. Or les producteurs de blé ne manquent pas de remarquer que la tonne est repassée cette semaine sous la barre des 200 euros sur le marché à terme.

Source avec AFP

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Commentaires 15

Charles

Les aides devraient être liées au prix de vente. Je conçois très bien qu'un céréalier reçoive moins d'aides lorsque le blé vaut 250 départ ferme. On va baisser les aides en 2014 alors que le prix de vente est à 170 et qu'il risque de baisser encore! Cette réforme est simplement nulle et ne répond pas au problème de demain. À part faire plaisir au lobby écologique et à monter les agriculteurs les uns contre les autres...

gerard

faire des dpu flottantes réorientées tous les trois ans, soit vers eleveurs soit vers céréaliers (suivant ceux qui auront le plus de difficultés dans une moyenne triennale). Voilà mon idée. Gérard, céréalier

geo

@paysan52: nous ne devons pas avoir la même calculette. Qu'allez-vous gagner à renoncer à vos aides PAC? Même avec un DPU à 50€, vous gagnerez toujours plus de choisir de le percevoir que d'y renoncer. N'oubliez pas que la PAC constitue un revenu sécurisant que vous êtes certain de toucher quels que soient les cours mondiaux, à condition de respecter quelques règles BCAE.

@Axial: tout à fait d'accord, certains rares éleveurs ont des DPU à 800€ du fait de la prise en compte des veaux en batterie ou taurillons. Moralité: ce DPU n'a fait que valoriser les cultures intensives (monoculture céréalière, élevage industriel). Il faut sortir progressivement de ce cercle et récompenser les agriculteurs (céréaliers ou éleveurs) qui s'engagent en faveur de l'environnement (rotations, légumineuses pour diminuer les apports, valorisations des engrais organiques...), tout en prenant en compte le fait que l'éleveur n'a pas le choix sur son temps de présence sur l'exploitation (temps plein), comparé à un céréalier.

petit

personne vous empeche d etre futur eleveur pour avoir les futurs DPU...............

Bus

D

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