Les couleurs de l’agriculture

Jean-Philippe Arnaud

L’assemblée générale de la FNSEA 44 le 28 janvier a réuni 200 personnes qui ont pu suivre des débats hauts en couleurs.
L’assemblée générale de la FNSEA 44 le 28 janvier a réuni 200 personnes qui ont pu suivre des débats hauts en couleurs.

Comme tous les ans, la FNSEA 44 a tenu son assemblée générale. Daniel Prieur, secrétaire général adjoint de la FNSEA, était présent à cette occasion, le 28 janvier dernier à Saint-Herblain.

L’assemblée générale de la FNSEA 44, qui s’est déroulée le 28 janvier, aura été haute en couleurs. Les fauteuils de la salle y auront peut-être contribué mais ce sont surtout les tonalités des interventions ayant rythmé la soirée qui ont abouti à un surprenant patchwork. Les 200 esthètes présents ont apprécié le tableau.

La couleur du deuil

Après un rapport d’activités vidéo retraçant les événements marquants de 2013, le noir a paré le début de la soirée. Un hommage a en effet été rendu à Jean-Michel Lemétayer, disparu il y a quelques mois, qui avait un vrai attachement pour la Loire-Atlantique. Un sentiment réciproque, comme l’a rappelé Alain Bernier, président de la FNSEA 44, pour qui l’ancien président de la FNSEA était « quelqu’un qui aimait les gens. Et il faut aimer les gens quand on fait du syndicalisme. Il manque à la FNSEA et à tous les agriculteurs ».

Dessine-moi l’environnement

Les débats se sont ensuite ouverts, à l’initiative des interventions cantonales (voir page 4 et suivantes). Le vert est la couleur emblématique de la FNSEA, ou tout au moins de son logo. Mais le vert fait aussi tâche dans le panorama agricole, à cause de la prééminence de l’environnement. « C’est le sujet numéro un et le dossier majeur pour les cinq à dix ans qui viennent », prévient Daniel Prieur, secrétaire général ad­joint de la FNSEA. « Pour nous, c’est demain le droit d’exercer encore notre métier qui est en jeu ». À n’en pas douter, ce thème est effectivement au cœur des préoccupations des agriculteurs : preuve en est, quasiment tous les cantons ont tenté de gommer les débordements de l’écologie excessive dans leurs interventions. Alain Bernier, président de la FNSEA 44, a d’ailleurs résumé de manière très pragmatique la situation : « la loi sur l’eau qui était censée protéger le marais est en train de le tuer ». Illustrant les discussions difficiles avec la Dreal sur ces problématiques, il s’est interrogé, non sans une pointe d’humour, sur le fait « que les parents des DDTM soient tous agriculteurs et ceux des Dreal tous écologistes ». Pour Daniel Prieur, « il faut traiter ce dossier en professionnel : il nous fallait des juristes en droit rural par le passé, il nous faut maintenant aussi des juristes en environnement pour nous aider à nous défendre ». Le ton est donné, le vert est finalement la couleur du désespoir.

PAC : les agriculteurs voient rouge

Dans un autre genre, la PAC est quant à elle à l’origine d’une couleur primaire, synonyme de profond mécontentement : le rouge. Les arbitrages concernant le paiement redistributif (la surdotation des 52 premiers hectares), les soutiens extrêmement parcimonieux en fa­veur de l’élevage ou encore le verdissement mettent en effet nombre d’agriculteurs rouges de colère. Recouverte de couleurs pastelles, la future PAC paraît bien fade, sans véritable ligne stratégique, si ce n’est une convergence qui rendra bientôt unie la mosaïque de l’agriculture française. Alors que les simulations réalisées lors des assemblées générales locales sont alarmantes, pour Pierre Papadopoulos, directeur-ad­joint de la DDTM 44, « la ré­forme de la PAC en Loire-Atlantique, et la convergence telle qu’elle se présente en 2015, ne sera pas vécue comme un choc. On est à seulement 2 € de la moyenne nationale. Mais pour ce qui est de la parité entre homme et femme pour la surdotation, le problème reste entier ». Quant à Daniel Prieur, il rappelle l’importance d’une ligne claire. « Quand aura-t-on une stratégie visant à renforcer la notion du collectif et l’organisation dans nos filières », interroge-t-il ? « Car l’enjeu est là : le bonheur est dans le prix, pas dans les primes ».
Si tout n’est pas rose, la FNSEA tient pourtant à ce que l’agriculture française reste en bonne place dans l’économie. C’est en ce sens que Daniel Prieur a invité l’assemblée à « avoir la lueur d’espoir nécessaire pour guider les gens au-delà de la montagne ». Et avoir une vue imprenable sur une agriculture parée d’or.

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