[Les débats de Pleinchamp] Irrigation : stop ou encore plus?

Raphaël LECOCQ

En novembre dernier, le gouvernement a mis en place une cellule d’expertise interministérielle sur la ressource en eau. Ses conclusions sont attendues en mai. Question : la profession agricole parle-t-elle d’une seule et unique voix en matière de gestion de l’eau et d’irrigation ?

En matière d’irrigation, la France cultive quelques paradoxes. L’irrigation est relativement peu déployée puisque 6 % seulement de la SAU est irriguée et que ce taux est stable depuis des années. C’est d’autant plus étonnant que Météo-France considère la France comme un pays d’abondance hydrique Sauf qu’en été, l’irrigation contribue à épuiser la ressource dans bon nombre de bassins versants. Le changement climatique ne va rien arranger à l’affaire : augmentation des températures et donc de l’évapotranspiration, épisodes de sécheresse plus fréquents et plus intenses, baisse du niveau cours d’eau et des nappes phréatiques, moins de manteaux neigeux etc. Or il faut savoir qu’à l’heure actuelle, les arrêtés sécheresse frappent en moyenne 30 à 40 départements chaque année, jusqu’à 80 les années les plus sèches comme par exemple en 2017.

Cellule interministérielle

Pour tenter de mieux concilier l’offre et la demande, le gouvernement a mis en place, en novembre dernier, une cellule d’expertise interministérielle sur la ressource en eau. Elle réunit des experts des ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique. Elle rendra ses conclusions en mai prochain. Les agriculteurs y sont bien évidemment représentés. Question : la profession agricole parle-t-elle d’une seule et unique voix en matière de gestion de l’eau et d’irrigation ? Éléments de réponse avec Eric Frétillère, agriculteur en Dordogne et président des Irrigants de France, et Jean-François Périgné, secrétaire national de la Confédération paysanne, mytiliculteur, autrement dit producteur de moules, en Charente-Maritime.

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Commentaires 1

Fred 68

0,1% d'eau douce?

En 4,6 milliards d’années, il a été estimé que la quantité d’eau perdue correspond à une hauteur de 3 m sur la totalité de la surface de la Terre*. On peut en déduire une bonne constance des volumes. Pour en savoir plus sur la nature de ces eaux, il faut s’intéresser aux mers intérieures, aux océans, mais aussi à certaines nappes souterraines qui représentent 97,2 % du volume. Notre planète bleue est ainsi, avant tout, la planète de l’eau salée. L’ensemble des eaux douces représente donc 2,8% du volume global. Dans ce faible pourcentage, les glaces et les neiges permanentes représentent 2,1% et l’eau douce disponible 0,7%.

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