Les maladies tardives et les adventices font pression sur les rendements 2016

Lise Monteillet

Les maladies tardives et les adventices font pression sur les rendements 2016

Jean Paul Bordes, ingénieur à Arvalis-Institut du végétal, était invité lors du conseil spécialisé céréales de France Agri Mer, le 13 juillet, à réaliser un pronostic sur la moisson 2016. Une campagne qui est passée en quelques semaines d’un potentiel très élevé à des prévisions beaucoup plus modestes.

Au printemps, tous les signaux étaient au vert : de très bonnes conditions de semis, une végétation abondante, une nutrition azotée favorable… « Nous étions prêts à battre tous les records », explique Jean Paul Bordes.

Pas assez de luminosité

En mai-juin, tout a finalement basculé. Temps plus frais, retour des pluies, couverture nuageuse assez constante… Les conditions de culture se sont dégradées.  « La luminosité, c’est quand même le carburant de la photosynthèse. Sans elle, les plantes tournent au ralenti », poursuit-il. L’inquiétude n’a pas tardé à naître chez les professionnels.

Des maladies tardives se sont développées, avec un impact fort sur le rendement. « On a déjà connu cette situation en 2007, mais pas avec une puissance et une généralisation aussi forte », estime Jean Paul Bordes.

Des résultats hétérogènes

Bilan des courses : des situations contrastées. Dans les parcelles qui ont été noyées, l’impact sur les rendements a été fort, notamment quand l’ennoiement a duré longtemps. D’autres situations plus favorables ont été observées sur des sols superficiels ou argilocalcaires qui souffrent généralement de manque d’eau.

Jaunisse nanisante de l’orge : l’anomalie de l’année

« L’anomalie de l’année a été la jaunisse nanisante de l’orge (JNO) », selon Jean Paul Bordes. Contrairement à ce que son nom laisse penser, cette maladie touche toutes les céréales. Son impact n’est pas anodin, car la JNO peut conduire à la disparition pure et simple de pieds.

L’autre problème relevé par Arvalis concerne « la pression adventices », de plus en plus franche, malgré la concurrence du blé et des orges. Cette pression a été d’autant plus difficile à gérer que le nombre de jours favorables à une intervention était relativement faible. Conséquence : des parcelles très sales. L’institut technique conseille aux agriculteurs de commencer à gérer l’enherbement de leurs parcelles dès la moisson.   

Des petits grains

Dans les silos, les petits grains risquent d’être abondants. Les rendements nationaux seront, selon les prévisionnistes, en dessous de la moyenne quinquennale et fortement hétérogènes. Après la récolte, il sera nécessaire, selon Jean-Paul Bordes, « de travailler sur le grain au stockage » et de « bien gérer le travail du sol en interculture », pour limiter la prolifération d’adventices. 

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Commentaires 1

CLOCHE215

encore des intelligents à gros salaires qui se réunissent dans des bureaux au chaud en hiver et au frais en été..........et nous!!!

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