Les tensions persistent sur les marchés des matières premières agricoles

Agritel

Les tensions persistent sur les marchés des matières premières agricoles
En blé, les quantités produites sont révisées à la baisse par le rapport USDA sur l’ensemble du globe, sauf en Amérique du Nord.

A l’heure où les récoltes se terminent dans l’hémisphère Nord et où les premières levées commencent dans l’hémisphère Sud, le ministère de l’agriculture américain publie son rapport mensuel : les marchés sont loin de s’apaiser.

« Le rapport USDA n’apporte pas de grande nouveauté, mais confirme des niveaux de tensions parmi les plus élevés depuis 10 ans », explique Pierre-Antoine ALLARD, consultant chez la société de conseil indépendante Agritel.

En blé, les quantités produites sont révisées à la baisse par le rapport USDA sur l’ensemble du globe, sauf en Amérique du Nord. La zone de la mer Noire présente une baisse de 37 % par rapport à 2011, avec un seuil historiquement bas en Russie : la production est estimée à 38 millions de tonnes, contre 41.5 millions en 2010, année de l’embargo. « Si ces prévisions sont déjà intégrées par le marché, cela n’enlève rien à l’aspect critique de la situation, d’autant plus qu’en Australie, la situation reste des plus préoccupantes. »

 L’USDA a abaissé ses estimations de la production pour ce pays à 23 millions de tonnes. « Nous estimions ce niveau dès le début du mois d’août. Aujourd’hui, selon l’évolution des conditions climatiques, nous réévaluons la production australienne entre 20 et 22 millions de tonnes », ajoute Pierre-Antoine ALLARD. Et cela se répercute dans les évolutions des exportations : l’USDA annonce une diminution des exportations australiennes de 7 millions de tonnes, qui vient s’ajouter à une baisse déjà bien marquée des disponibilités chez les grands exportateurs. Toutefois, la bonne récolte de blé aux Etats-Unis permet d’estimer cette année, selon l’USDA, une augmentation de 3 millions de tonnes des exportations. « Cette augmentation pourrait atteindre 6 millions de tonnes, les Etats-Unis étant le pays exportateur qui a le plus de stocks » précise Pierre-Antoine ALLARD. Au final, la situation générale reste critique, notamment chez les 8 grands exportateurs pour lesquels le ratio stock/consommation est estimé à 15 % par l’USDA, « un point bas qui rappelle les niveaux de 2007/2008 », souligne Pierre-Antoine ALLARD.

Situation critique en maïs

En maïs la situation est encore plus critique : les baisses observées viennent réduire un peu plus des stocks déjà marqués par une année 2011 difficile. Dans l’hémisphère Nord, les manques de production sont notables : entre 10 et 15 %. « Aux Etats-Unis, si le rapport USDA affiche une estimation de 272 millions de tonnes, l’incertitude demeure, notamment autour des estimations des surfaces récoltées qui font varier fortement les estimations de production chez les principaux analystes. La fourchette oscille entre 260 et 280 millions de tonnes », détaille Pierre-Antoine ALLARD.  « Pour l’hémisphère Sud, le rapport USDA affiche des prévisions optimistes », poursuit-il.

Les exportations sont revues en baisse par le ministère de l’agriculture américain. « Les prix vont rester élevés, pour rationner la consommation, d’autant que l’Europe va avoir besoin d’importer aux vues de la baisse de production enregistrée. Ce sera également le cas pour la Chine.», explique Pierre-Antoine ALLARD qui ajoute « la situation est très critique, de tels niveaux de tensions n’ont pas été observés depuis des années chez les exportateurs. A court et moyen terme, la situation va rester très tendue. De ce fait les conditions climatiques dans l’hémisphère Sud dans les prochains mois seront déterminantes pour les marchés agricoles.»

blé monde

Graphique Agritel – source USDA 2012

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