Lincroyable récolte : quand le lin investit notre quotidien

MB

Lincroyable récolte : quand le lin investit notre quotidien

Pendant une semaine, la confédération européenne du lin et du chanvre (CELC) a organisé une exposition place du Palais Royal à Paris afin de présenter le lin sous toutes ses formes.

Du simple rideau à la table ou au vélo, le lin, plante européenne, écologique, investit notre quotidien dans sa version textile mais aussi "composite", source d'inspiration pour le design. Plus de 80% de la production mondiale est assurée par la France (75%), la Belgique et les Pays-Bas (5% à eux deux) qui le cultivent dans une bande côtière allant de Caen à Amsterdam. « C'est une fibre verte de proximité et d'avenir qui contrairement à la plupart des autres fibres naturelles, n'a presque pas besoin d'eau ni de défoliants », souligne Marie-Emmanuelle Belzung, directrice de la CELC qui lui a consacré une exposition la semaine dernière à Paris, place du Palais Royal.

C'est dans sa version « composite », associée à de la résine notamment, que la fibre de lin révolutionne le design, qu'il s'agisse de mobilier, d'automobile, d'aéronautique ou d'industrie du sport. Le designer Noé Duchaufour-Lawrance l'a utilisée mélangée à de la résine pour créer une table basse dotée d'un plateau amovible, éditée par Saintluc. « C'est un matériau très intéressant d'aspect, à la trame vivante, solide et qui offre moins de résistances mécaniques. C'est un produit durable, de proximité », explique-t-il. Avec d'autres designers, qui ont substitué la fibre de lin à celle de verre ou de carbone, Saintluc a édité toute une gamme de mobilier ainsi que des lampadaires pour l'espace public.

Le lin, outil de création

Une grande marque sportive française commercialise un vélo composé à 80% de lin. Vendu une centaine d'euros, il a l'avantage d'être très léger et de réduire de 20% les vibrations grâce aux qualités intrinsèques de la fibre naturelle. Cette qualité a conduit d'autres fabricants à l'intégrer dans les matériaux de casques de VTT ou de moto, des cadres de raquettes de tennis, des skis ou une planche de surf, légère et solide.  « Ses propriétés mécaniques font qu'elle est aussi de plus en plus utilisée par l'industrie automobile dans les capots de voitures notamment et l'aéronautique », selon Mme Belzung. « Le lin entre même dans la composition du dollar américain, plus résistant que nombre de billets de banque dans le monde », s'amuse-t-elle.

Utilisé dans sa version textile par l'Egypte ancienne pour emmailloter les momies, le lin continue d'inspirer les stylistes du monde entier qu'il s'agisse de mode, d'ameublement, de linge de maison, d'art de la table ou du jardin. Serge Bensimon, fondateur de la marque éponyme dans les années 80, connue pour ses tennis à la semelle en caoutchouc blanc, a « travaillé dès le départ avec du lin ». Il a lancé ses premières collections à partir de surplus militaires, or le lin « fait partie des matières utilisées par l'armée ». « Pour moi, l'intérêt premier du lin, c'est que c'est une matière complètement naturelle. Et elle fait partie de la culture française, puisque la France est le premier producteur mondial », dit-il, regrettant toutefois que la récolte du lin soit « envoyée en Chine pour y être transformée, avant de revenir en France ». L'un des derniers débouchés dans le secteur de la mode: « la maille utilisée dans des T-shirts, aussi légers que ceux en coton », selon Mme Belzung.

Ainsi, pendant une semaine place du Palais Royal, les visiteurs pouvaient découvrir toutes sortes de créations à base de lin, du tissu à la carrosserie de voiture, en passant par une planche de surf et un cadre de vélo.

Source AFP

Publié par MB

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