Loi biodiversité/abeilles: les néonicotinoïdes au coeur des débats

Loi biodiversité/abeilles: les néonicotinoïdes au coeur des débats

Les insecticides de la famille des néonicotinoïdes, utilisés dans l'agriculture et considérés comme nocifs pour les abeilles, sont au coeur des débats alors que le Sénat est revenu en commission sur l'interdiction votée par l'Assemblée nationale dans le projet de loi sur la biodiversité.

Au terme d'un débat intense, l'Assemblée nationale avait voté à la mi-mars en deuxième lecture l'interdiction sans dérogation des néonicotinoïdes à partir du 1er septembre 2018. Dans une démarche inhabituelle, Stéphane Le Foll avait pourtant envoyé aux députés une lettre pour les appeler à ne pas entreprendre de telles "interdictions brutales" au seul niveau français. Mais depuis, la balance est repartie dans l'autre sens au Sénat. Les sénateurs ont en effet rétabli en commission, à l'unanimité des membres des groupes socialiste et Les Républicains, le texte initial voté en première lecture prévoyant qu'un arrêté du ministre de l'Agriculture définisse les conditions d'utilisation de ces produits, sans évoquer d'interdiction. C'est ce texte qui sera examiné à partir de mardi au Sénat.

Contrairement à une interdiction brutale, cette réglementation permettrait "d'encadrer l'utilisation de ces produits, sans pour autant conduire des productions agricoles dans des impasses techniques", peut-on lire dans les amendements déposés par le groupe Les Républicains. Le délai de deux ans d'ici à l'interdiction prévu dans le projet de loi voté à l'Assemblée est en effet considéré comme trop court par les groupes d'agrochimie. "On est dans des métiers où on travaille sur des plateformes de 5 à 10 ans" pour développer de nouveaux produits, explique à l'AFP le directeur général de Syngenta France, Denis Tardit. Et, selon lui, à ce jour, les néonicotinoïdes "sont les (produits) les plus efficaces et les plus respectueux de l'environnement quand on fait une approche comparative". "On risque de revenir sur des produits plus anciens. On était avec des iPad, on va retourner au minitel, avec des produits qu'il faudra appliquer plus souvent et donc avec des risques de résistance plus élevés", soutient-il. Face aux insectes vecteurs de maladies comme les pucerons et la cicadelle, les producteurs estiment aussi ne pas avoir de meilleurs moyens de défense que les néonicotinoïdes.      

Pertes de rendement

Ainsi, le directeur général de la confédération générale des planteurs de betteraves (CGB), Alain Jeanroy, déclare qu'en cas d'interdiction des néonicotinoïdes, "nous serions obligés de revenir à une pratique beaucoup plus dommageable pour l'environnement, avec une ou plusieurs pulvérisations". La conséquence pourrait aussi être des baisses de rendements "d'environ 15% pour certaines régions" selon lui. C'est également l'argument des producteurs de céréales à paille (blé, orge, avoine) réunis dans l'AGPB qui estiment les "pertes de rendements" évitées grâce aux grains enrobés d'un produit à base de néonicotinoïdes, à 30% pour l'orge et 21% pour le blé. Face aux fabricants et aux producteurs, les organisations écologistes plaident, elles, pour l'arrêt total et rapide d'un produit jugé nocif, notamment pour les abeilles.   Plusieurs ONG et organisations professionnelles dont la Confédération paysanne, la Fondation Nicolas Hulot, et Greenpeace ont demandé la semaine dernière aux sénateurs de promouvoir des "alternatives sans chimie" à ces pesticides considérés comme "néfastes pour l'environnement et la santé".   

Depuis le milieu des années 1990, chaque année, 30% des colonies d'abeilles meurent. Avant 1995, date de l'apparition des néonicotinoïdes sur le marché français, "les mortalités avoisinaient seulement les 5%", ont relevé les organisations. Des arguments que conteste Syngenta. "Toutes les études qu'on a pu faire montrent que, bien utilisé dans les conditions pratiques d'emploi, on n'observe pas d'effets sur les ruches", lors des études aux champs, assure M. Tardit. Mais si les sénateurs ont semblé entendre ces arguments, la loi biodiversité devra ensuite repasser devant l'Assemblée nationale et les débats sont loin d'être terminés.

Source AFP

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Commentaires 45

agripoy89

malgré ces terres humides nous avons un potentiel en blé/orge de 70 à 85q/ha car en revanche elles supportent assez bien le sec au printemps. Cette année sur des semis du 25/10 - 01/11 on voit de plus en plus de viroses dans les parcelles, les pucerons ont été dans les parcelles jusqu'à la mi-décembre !!

juliotouk

Si tu vis très bien dans ton système c'est tout ce qu'on peut te souhaiter. Moi je vis très bien aussi dans le miens et convaincu comme toi tu l'es pour le tiens que mon système est pertinent. Essayes juste d'accepter ça.

cachoux

40 ha de SAU en polyculture élevage ( transfo fromagere et pains ) , 6 ha de prairie temporaires et luzerne détruites chaque année pour le blé panifiable , on vit à deux et on prends 5 semainse de congé , j'ai pas envie de faire plus et je vis bien sur mon terroir
La question n'est pas de d'augmenter la production mais de bien nourrir les gens et durablement , il n( y a pas d'incohérence , celle des conventionnel est de nous faire croire que l'on peut nourrir tout le monde avec des montagnes de lait et de viande qui n'est que de la convertion d'azote chimique et d' un systeme dopé à la sub et aux primes à la mécanisation qui n'est pas reproductible à l'échelle mondiale
N'oublions pas que la population agricole mondiale souffre plus de manque de stockage et de moyens techniques de production que de manque de production agricole
En france on produit trop et mal , tu nourris pas le monde mais les banques et tout les buveurs de sangs qui te vendent du matériel Hitech à vils prix

juliotouk

Dis donc cachoux tu dois avoir une sacrée surface pour faire tes blés uniquement derrière luzerne ou alors ces dernières on un cycle d'une année. En tout cas si avec si peu d interventions tu arrives à faire 45 qtx bravo il te faut une médaille parce que chez moi les bios qui font 45 qtx c'est pas pareil. Alors bien sur tu vis pas a crédit, moi non plus soit dit en passant , mais tu participes bien a accentuer cette idée ou le bio nourrirait tout le monde. Comment veux tu qu'aujourd'hui en faisant à peu près 30 quintaux de moins qu'en conventionnel et qu'on explique qu'il nous faudra doubler l'offre alimentaire dans moins de 30 ans , avoir une moindre pertinence dans tes propos. Alors tu vas nous dire que tes rendements vont augmentés, si t'y crois tant mieux pour toi mais rêves pas trop quand même ou que une bonne partie des terres n'est pas exploitée sauf que ça ce n'est pas en france et que les gens comme toi prônent le " manger local". Alors moi il faudra bien m'expliquer un jour toutes ces incohérences.

cachoux

@sarclus
Pour répondre aux bétises que racontent Sarclus il faut s'adresser aux producteurs bio et j'en suis
Effectivement le rendement est moindre ( je fais de 30 à 45 quintaux de blé en moyenne ) , sans intrants ( derrière luzerne qui nourrit mes bêtes et mes abeilles ) et avec des blés fermiers et des charges de mécanisation trés faibles ( un petit labour , un semis , une récolte et un tri après )
Pas de multiples passages de pesticides qui pourrissent les rivières et la vie ( combien coûtent à la communauté vos saloperies en dépollution sans parler de l'érosion des sols et de la biodiversité qui va se payer trés cher dans l'avenir ) Combien coûte aussi les engrais chimiques en pétrole et en trésorerie , combien te coûte le concentré de soja pour tes bêtes qu tu achétes et qui saccage les terres d'Amérique du sud au détriments de la forêts et des petits producteurs ) TU VIES A CREDITS SARCLUS et tu hypothéques la vie des autres . Je paye mon certificat bio mais c'est toi qui devrais payer pour me polluer la vie !

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