maïs doux : reconstitution des stocks et reconquête du monde européen

Christine HUPPERT

maïs doux : reconstitution des stocks et reconquête du monde européen

La filière française des légumes transformés représente, en France, onze entreprises et trente sites industriels, 15 000 emplois industriels et près de 5 500 agriculteurs. Le maïs doux, représente près de 20% des légumes transformés et rassemble 1 000 agriculteurs,six Entreprises, sept outils industriels et plus de 1 500 salariés. L’Aquitaine est la première région française pour la production de maïs doux (85 % des surfaces).

maïs doux : reconstitution des stocks et reconquête du monde européen

Une grande part du maïs doux français s’exporte vers ses voisins européens. La balance commerciale française est, ainsi, largement positive et s’élevait à 146 millions d’euros en 2012.

Les principales entreprises implantées dans le Sud Ouest :

• l’unité de production de Bonduelle dans les Landes a été créée au sein d’une structure SOLEAL (145 salariés), dont les actionnaires sont Bonduelle, Maisadour, Euralis et Vivadour. Elle conditionne chaque année 36 000 tonnes de maïs doux et 19 000 tonnes de légumes surgelés. Bonduelle est aussi présent en Bretagne, puis en Hongrie avec plusieurs sites de production, 

M2

• Géant Vert, est une marque américaine: sa seule unité de production en France, est implantée dans le département des Landes en partenariat avec la coopérative Euralis,

• Conserve de France, dans le lot et Garonne, appartient à un groupe italien. Les volumes sont plus faibles (4000 tonnes de mais doux) et consolident les volumes produits en Italie par ce groupe,

• Daucy est la marque du groupe breton CECAB, présente dans le Sud-Ouest pour le maïs doux en Lot-et-Garonne et en Dordogne. Le groupe a également investi en Espagne et Hongrie,

• le regroupement de coopératives Bretonnes (CAM56, Coopagri Bretagne et Kéolis), a quant à lui une unité de production dans la région Centre,

• le groupe Belge ARDO dispose d’un site en France pour le Mais doux avec son site Aquitaine légumes surgelés (ALS), ainsi que le groupe Hollandais Pinguin, également présent en Hongrie.

Tous ces groupes exportent une partie importante de leur production.Pour autant sur les dernières années la part de production de la France diminue au profit de la Hongrie.

L’année 2013 a été très mauvaise coté production avec des rendements bas dus aux conditions climatiques du printemps. Les entreprises françaises ont vu leur position diminuer par manque de production. La Pologne a aussi fait son apparition en 2011 comme compétiteur. 

maïs doux : reconstitution des stocks et reconquête du monde européen

Les tendances pour 2014

Le marché européen du maïs doux est en très faible croissance. Côté production les mises en place sont en développement pour reconstituer les stocks très bas, liés aux faibles rendements de l’année 2013.

Pour autant, les producteurs français ont mis en culture 22 500 ha à comparer aux 37 000 ha en Hongrie.  Les rendements sont bons et les usines du Sud-Ouest tournent à plein. L’avenir tient aux choix stratégiques des entreprises implantés sur le territoire.

Notons l’actualité de la plus importante :

• Bonduelle vient de racheter une usine de légumes surgelés au Canada, pour se développer sur les États-Unis. Cette acquisition porte à 11 le nombre d’unités de production de Bonduelle en Amérique du nord, dont 8 au Canada et 3 aux États-Unis,

• en parallèle, le groupe développe l’intégration de la fabrication de boîtes de conserve dans ses usines européennes pour mieux maîtriser ses coûts de revient dans ce secteur qui compte maintenant 3 grands groupes mondiaux. L'usine hongroise de Bekescsaba vient d’accueillir une unité pilote de production de boîtes.

En Russie, sur le site de Novotitaros -kaya, le groupe a privilégié la solution du « Wall to wall», consistant à accueillir directement son fournisseur, Krone, pour fabriquer des boîtes sur place, limitant le coût des transports par camions. Ces deux points génèrent à la fois des opportunités et des menaces pour la France : l’acquisition Canadienne devrait permettre au groupe Bonduelle de maintenir voir développer ses parts de marchés sur l’échiquier mondial et donc sa rentabilité, ce qui est favorable pour les activités du Mais doux par exemple.

maïs doux : reconstitution des stocks et reconquête du monde européen

Les défis à relever essentiels à la préservation de la filière française

• Une consommation Française à booster. Si le maïs doux est actuellement consommé comme un légume et est déjà considéré comme tel par de nombreux pays y compris européens, ce n’est pas le cas en France dans les campagnes en faveur de fruits et légumes,

• les accords internationaux : les discussions en cours (Europe – Canada et – USA) conditionnent les échanges de 2016-2017,

• les réglementations et les aspects techniques : la culture du maïs doux concerne peu d’hectare, et n’intéresse pas la recherche notamment sur les protections des cultures. Face aux nouvelles réglementations qui interdisent l’utilisation de molécules et de produits, la filière française est fragilisée d’autant que ces mêmes molécules restent autorisées ailleurs en Europe et notamment en Hongrie,

• les enjeux économiques pour l’amont de la filière :

- le prix du maïs doux est indexé au prix du maïs consommation,

- Les entreprises bénéficient en ce moment du CICE ce qui donne un avantage concurrentiel pour les sites français. C’est le moment de développer les capacités de production et les investissements productifs.

 

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Des forces réelles à conforter

La France conserve sa place sur l’échiquier grâce à :

• la régularité de sa production,

• la productivité enregistrée : les rendements au champ sont les meilleurs en Europe,

• aux semis répartis sur 3 mois, ainsi que les récoltes, ce qui permet une utilisation optimum des outils industriels, et donc de meilleurs coûts de revient,

• au savoir-faire des agriculteurs : le réseau est en place depuis de nombreuses années, les producteurs sont formés et réactifs,

• aux entreprises d’aval qui ont investi dans des unités de production performantes,

• aux alliances entre les coopératives d’amont et les industriels,

• la présence de 2 opérateurs majeurs sur 3 en France (Bonduelle et Géant Vert) et des principaux opérateurs Européens (Belges, Hollandais).

En conclusion, c’est sur ces forces réelles que la filière doit s’appuyer sans oublier de s’adapter au marché, à la tendance du Bio, et aux thèmes liés aux besoins en eau de la culture et aux impacts sur l’environnement. C’est peut-être le moment de « récupérer » des volumes de production en France avec l’objectif de redevenir le principal acteur en Europe. Cela permettrait de mettre en culture davantage d’hectares à condition que les structures d’irrigation puissent être développées...Tout un programme !

Source - cerfrance - Lettre Veille Economique - décembre 2014 - n° 40

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