Manifestation des céréaliers : Etat des lieux

Les producteurs de « grandes cultures », dont les céréaliers qui manifestent mardi, représentent un secteur de poids dans l'agriculture française, mais hétérogène en termes de revenus et d'exploitations.

Les grandes cultures : 12 millions d'hectares

Les céréales (blé, orge, maïs...), les oléagineux (tournesol, colza, soja...), les protéagineux (pois...), ainsi que les betteraves et autres cultures industrielles (pommes de terre) composent le secteur des « grandes cultures ». Elles représentent quelque 12 millions d'hectares, soit un peu plus de 40% de la superficie agricole utilisée. A elles seules, les céréales couvrent 9,5 millions d'ha. Depuis 1993, les surfaces consacrées à leur culture ont augmenté de 7%. Le blé arrive largement en tête, devant orge et maïs. L'hexagone est de loin le premier producteur européen de céréales devant l'Allemagne et en vend près de la moitié à l'étranger. La France est le second exportateur de céréales au monde. Les autres « grandes cultures » représentent des surfaces bien moindres (2,6 millions d'ha).

De grandes exploitations spécialisées

Sur les 320.000 exploitations professionnelles agricoles, une sur quatre est spécialisée en grandes cultures. Si leur nombre a tendance à diminuer, comme dans tous les secteurs agricoles, elles voient leur surface s'agrandir avec une mécanisation toujours plus poussée. Leur taille moyenne approche les 120 ha, ce qui leur a permis pendant des années de bénéficier largement des aides européennes, longtemps attribuées à l'hectare. Ces exploitations à la pointe de la technique et qui pratiquent un rendement maximal, sont surtout présentes dans le Centre, l'Ile-de-France, la Champagne-Ardenne, le Poitou-Charentes, le Midi-Pyrénées, le Nord-Pas-de-Calais.

Aux côtés d'exploitations mixtes beaucoup plus modestes

Unigrains, la société financière créée il y a cinquante ans par les céréaliers, compte 35.000 exploitations de polyculture-élevage qui cultivent à la fois quelques dizaines d'hectares de céréales ou d'oléoprotéagineux, à côté d'un élevage de volaille ou de porcs. Ces exploitations, beaucoup plus modestes et plus artisanales, sont surtout présentes en Pays-de-Loire, Bretagne et Auvergne.

L'état du marché

La France a dû faire face à une conjoncture défavorable avec des exportations en baisse. Avec le recul de l'euro, celles-ci ont repris, mais les prix ne sont pas suffisamment rémunérateurs car les stocks de blé dans le monde se sont reconstitués, après les mauvaises récoltes de 2007. Ils sont aujourd'hui estimés à 200 millions de tonnes, du jamais vu depuis 2000. Les producteurs français s'inquiètent aussi de la volatilité des prix. Après une envolée en 2007 et sur une partie de 2008, les cours ont chuté. Depuis 2010, la tonne de blé avoisine les 112/113 euros, contre 193,3 et 197,7 euros en moyenne en 2007 et 2008.

Source AFP

Sur le même sujet

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier