Moisson 2014 : la qualité en question

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Moisson 2014 : la qualité en question
Les rendements sont bons, à 75 q/ha en moyenne nationale (DR)

Alors que les moissons de blé tendre traînent en longueur dans le Nord, interrompues par les épisodes pluvieux, FranceAgriMer dévoile son premier bilan de récolte. Globalement, la moisson 2014 sera bonne en quantité mais très hétérogène en qualité, marquée par la dégradation de la qualité boulangère dans certaines régions.

Dégradation des indices de chute de Hagberg

Moisson 2014 : la qualité en question

Le temps de chute de Hagberg est l’un des critères de sélection des lots de blés destinés à la panification. Il consiste à mesurer le temps de chute d'une tige dans une pâte fluide et chaude obtenue en mélangeant la farine à de l'eau. Plus il y a de germination sur l'épi, plus l'activité enzymatique est intense et plus l'amidon est dégradé en sucres. La pâte contenant moins d'amidon est plus fluide en conséquence la tige y descend plus rapidement. A un temps de chute court, on associe des pâtes collantes, un pain qui se déchire qui manque de tenu. Un temps suffisamment long traduit l’intégrité de l’amidon et l’aptitude à la fermentation.

Grâce à des conditions climatiques dans l’ensemble favorables au moment de la montaison et du remplissage des grains, les rendements sont bons, à 75 q/ha en moyenne nationale soit 1 q/ha de mieux qu’en 2013 et 2 q/ha de plus que la moyenne quinquennale (72.9 q/ha).

D’après les premières estimations de FranceAgriMer, le Sud-Ouest affiche des moyennes de 55 q/ha, la bande allant du Poitou-Charentes à la Franche-Comté se situe autour de 65 q/ha, l’Ouest est proche de 75 q/ha. Enfin les valeurs attendues au nord de la Seine sont comprises entre 80 et 100 q/ha.

La production nationale 2014 est ainsi estimée à plus de 37,3 Mt, en hausse par rapport à 2013 (36,8 Mt), mais en deçà des 38,16 millions de tonnes estimés par le cabinet Agritel.

Diminution des PS

Sur le plan qualitatif, les résultats sont contrastés en raison d’un contexte climatique exceptionnel : de fortes chaleurs au moment du remplissage des grains, suivies de températures froides et d’humidité persistante alors que les blés avaient atteint leur maturité physiologique. « En conséquence, une diminution des PS ainsi que des phénomènes de germination sur pied et de dégradation des indices de chute de Hagberg  sont observés dans les zones les plus concernées par ce scénario atypique. » explique l’office agricole ministériel.

Certaines régions sont heureusement totalement épargnées : le Nord-Est ainsi qu’un large territoire du Sud-Est au Sud-Ouest, et couvrant la façade atlantique et Manche, ainsi que le Nord et le Pas-de-Calais. Dans les autres régions, la proportion de céréales affectées peut être assez variable. La moisson n’étant pas terminée, l’ampleur du sujet reste à préciser.

Pour les autres indicateurs, la teneur en protéines est attendue autour de 11% dans nombre de cas, malgré des situations contrastées. Les niveaux les plus élevés (11,5-12,5 %) concernent l’Auvergne, la Bourgogne et la Franche-Comté. En revanche, ceux de l’Ouest, du Nord-Pas-de-Calais et de la Champagne souvent associés à des rendements élevés, pourraient être parmi les plus faibles, parfois inférieurs à 11 %.

Voir aussi :

Germination, Hagberg et qualité des blés (Arvalis)

France : Une récolte de blé tendre record mais de qualité hétérogène (Agritel)  

Source FranceAgriMer

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