Pas d'accord pour le renouvellement du glyphosate, la Commission étudie ses options

Pas d'accord pour le renouvellement du glyphosate, la Commission étudie ses options

Les représentants des 28 Etats membres de l'UE, réunis en comité d'experts, ne sont pas parvenus lundi à former une majorité convaincante en faveur d'une prolongation temporaire de l'homologation du glyphosate, herbicide courant mais aux effets sur la santé controversés, a indiqué la Commission.

La Commission européenne va étudier ses options pour la suite au niveau politique. "Il n'y a pas eu de majorité qualifiée", a simplement affirmé un porte-parole de l'exécutif européen, Alexander Winterstein, lors d'un point presse quotidien de l'institution. La Commission européenne proposait de prolonger de 12 à 18 mois, sous conditions, l'autorisation du glyphosate sur le territoire de l'UE, qui expire le 30 juin. Selon une source européenne, 20 Etats membres ont donné leur accord, un a voté contre, les autres se sont abstenus.

Pour être adopté à la majorité qualifiée, le vote devait être approuvé par 55% des participants, représentant 65% de la population de l'UE. L'échec de ce vote intervient après deux précédentes réunions sans décision en mars et en mai, et scelle la tension grandissante entre la Commission et les Etats membres sur le sujet. "Chacun doit prendre ses responsabilités", a souligné M. Winterstein lundi. "Il n'est pas possible de se cacher derrière la Commission", a-t-il ajouté, visant les Etats membres.  

Une deuxième discussion

La réglementation européenne prévoit qu'en cas d'absence de majorité qualifiée, le sujet puisse passer en comité d'appel. Composé de représentants des pays de l'UE et présidé par la Commission, ce comité suit les mêmes règles de vote qu'en première instance. Il s'agit, selon les règles communautaires, de permettre aux pays de l'UE "d'avoir une deuxième discussion à un niveau de représentation plus élevé".   Bruxelles ne confirmait pas dans un premier temps cette saisine. Le sujet sera à l'ordre du jour de la réunion hebdomadaire des commissaires européens mardi, "et de là on verra ce qu'on fait", a indiqué Alexander Winterstein.

Des sources européennes ont indiqué que l'Allemagne, notamment, s'est abstenue. La ministre française de l'Environnement Ségolène Royal avait de son côté fait savoir sur Twitter le 1er juin que Paris "ne votera(it) pas la proposition de Bruxelles". Les défenseurs de l'environnement se sont réjouis de l'issue de lundi. "Monsanto pensait qu'obtenir la permission d'inonder l'Europe de glyphosate pour 15 années supplémentaires allait être une formalité. Mais le public s'est massivement mobilisé et, les uns après les autres, les pays européens ont rejoint la fronde contre ce produit", a réagi Ricken Patel, président d'Avaaz, un mouvement citoyen international. Le glyphosate se retrouve dans les pesticides les plus courants, comme le Round-Up de Monsanto, ou encore chez les concurrents Syngenta, BASF, Bayer, Dupont, ou Dow Agrosciences.

Source avec AFP

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Commentaires 19

aaaa

chère pivoine,
Vous avez parfaitement raison, tout comme vous je suis très heureux de trouver des personnes et des médicaments performants pour soigner, que ce soit moi ou mes proches. il en résulte d'ailleurs un allongement de l’espérance de vie depuis quelques dizaines d'années vous en conviendrez. Mais vous conviendrez aussi, je l’espère, de l'explosion des besoins de santé, notamment pour des personnes relativement jeunes dans les pays occidentaux. notre mode de vie et d'alimentation, sont les premiers facteurs de déclenchement de toute sorte de maladie ou problème type cancer, infertilité, autisme ...
Alors comprenez bien que non, je ne souhaite pas un retour de 50, 100 ou 1000 ans en arrière, mais au contraire une avancée importante de notre métier au travers d'une agronomie réelle basée sur le respect du sol et de la vie qu'il contient. Continuer à ignorer que notre façon de produire détruit progressivement les sols, est dangereux pour les générations futures....

Pivoine

@ aaaa
Je me doute que vu vos propos vous cultivez la terre comme il y a 8000 ans!
J'espère que lorsque vous êtes malades, vous usiez des méthodes de la même époque. Vous accorderez qu'il serait malheureux d'utiliser les molécules de quelques décennies pour des maux connus depuis des millénaires!
A bon entendeur... J'espère que vous voyez la parallèle...

sanssous

effectivement la polémique sur les engins et leur rapport a la route est ridicule et hors sujet.
que veut on?
pas de tracteurs a la campagne, pas d'agriculteurs non plus
chaque utilisateur use la route a sa façon
et chacun participe a son entretient par le biais des taxes et impots.
faisons un musé de cette france rurale et les agriculteurs quittez ce pay ou l'ambiance devient vraiment malsaine pour l'agriculture
peut etre que ça ira mieux aprés.

marcelin

Patrick: concernant le poids lourds qui esquintent les routes, entièrement d'accord malgré qu'ils soient principalement sur les AR ,les nationales et les grosses départementales par contre sur les communales et les petites départementales, on voit beaucoup plus de tracteurs que de camions.

Patrick

Les commentaires cumulent toutes les caricatures:
- le Glyphosate peut effectivement être remplacé, est-ce qu'il sera remplacé par un mieux, ce n'est pas sûr, c'est même assez certains que ce sera moins bien
- le grand danger du glyphosate : oui le fabricant a exagéré son absence de danger, mais dans l'autre sens les opposants ont construit un discours bancal sur sa dangerosité fait de jugement sur la forme

S'ensuit une diversion sur les engins agricoles qui endommage les routes assez ridicule : il faut mettre en relation la circulation des poids lourds assez importante et les engins agricoles qui par définition ne sont pas fait pour aller sur les routes mais dans les champs. Pour l'essentiel, ils ne représentent rien dans les dégats des routes alors même que les agriculteurs payent leurs impôts localement et donc participent à l'entretien. Au contraire, les poids lourds qui viennent de loin payent peu et ce grâce en partie au lobby des agriculteurs (bretons) qui ont refusé l'ecotaxe.

Sinon, un bon moyen pour voir que la France se trompe, c'est que Ségolène se targue de faire de la science sur cette histoire. Comme elle est capable de définir la couleur des alertes sans s'occuper de l'avis des experts, elle est capable de décider de l'usage du glyphosate sans prendre l'avis des agriculteurs.

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