Perspectives : Pas de record à l'export pour la pomme de terre

Gabriel Omnès

mi-campagne, les exportations affichent une tendance moins dynamique que les deux années précédentes.

Les tonnages de pommes de terre françaises expédiés à l'étranger ne devraient pas établir un nouveau record cette année. « Les chiffres de début de campagne sont un peu en retrait en comparaison des deux années précédentes, mais celles-ci étaient exceptionnelles, rappelle Jean-Luc Gosselin, directeur du Comité national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT). On reste sur une bonne orientation. »

Les exportations de pommes de terre françaises sont en recul. Les volumes comme les prix. (S. Leitenberger)

Les exportations de pommes de terre françaises sont en recul. Les volumes comme les prix. (S. Leitenberger)

Éléments conjoncturels

Pas de retournement de tendance donc, mais plutôt des aléas conjoncturels. « L'Italie s'arbitre entre les origines française et allemande, et les Allemands sont très présents cette année, d'où un plus faible volume à destination de ce pays, souligne Hervé Morel, de Fedepom, la fédération française des négociants en pommes de terre de consommation. Le Royaume-Uni a vu sa production augmenter, et la Grèce vient d'instaurer une réglementation qui limite le recours à l'importation. »
Le recul en valeur des exportations n'est pas le simple effet du repli des volumes. « Les prix sont moins intéressants que lors des dernières campagnes », concède-t-on à Fedepom. Le phénomène est particulièrement marqué en Espagne. « On ressent l'effet de la crise qui frappe durement ce pays, explique Roger Luthun, expert pour les pommes de terre au Service des nouvelles des marchés de Lille. Les acheteurs font désormais passer le prix avant la qualité visuelle, contrairement à ce que l'on observait auparavant. » Cette évolution des comportements d'achat est aggravée par la désorganisation de l'offre face à la demande.
La situation n'a pour l'heure rien de catastrophique, mais ce tassement à l'export n'est pas fait pour rassurer une filière toujours pénalisée par une demande intérieure fragile.

Enjeu de taille

La reprise de la consommation de pommes de terre par les ménages français enregistrée l'an passé après plusieurs années de décrochage peine à se confirmer. « Sur trois ans, on est plutôt sur une tendance haussière », veut-on croire au CNIPT. Mais l'embellie de la campagne 2007-2008 pourrait ne refléter que l'absence de production dans les jardins, qui avait dopé les achats dans le commerce. L'enjeu de la bataille à l'export, moteur actuel de la filière, reste donc décisif.

 

Source Réussir Grandes Cultures Mars 2009

Sur le même sujet

Articles publiés par ce partenaire

Commentaires 0

Pour réagir à cet article, merci de vous identifier