Petit grain sur les blés

GUILLAUME DE WERBIER

François-Xavier Guillet a commencé ses semis de blé le 15 octobre. Mardi dernier, les précipitations ont imposé l’arrêt du chantier.
François-Xavier Guillet a commencé ses semis de blé le 15 octobre. Mardi dernier, les précipitations ont imposé l’arrêt du chantier.

Les semis de céréales ont débuté à la mi-octobre. En milieu de semaine, les agriculteurs, comme François-Xavier Guillet, à Mésanger, ont été coupés dans leur élan par la pluie.

Quatre millimètres d’eau sont tombés ces dernières heures. Suffisant pour stopper net les semis de blé en cours sur l’exploitation de François-Xavier Guillet, à Mésanger. Mercredi matin, le céréalier analysait la texture de la terre en l’effritant entre ses doigts. « Ça fait encore un peu chewing-gum ! » Si la terre colle, c’est la progression des machines qui est freinée. L’humidité est encore là. Obligé donc de patienter encore avant de ressortir le semoir.

Pour cette SCEA (1) spécialisée dans les cultures de vente, les semis ont débuté avec l’orge (sur précédent blé), le 13 octobre dernier. Le lendemain, ils étaient terminés. « Les sols étaient secs, il n’y avait pas de risque à semer de bonne heure. »

François-Xavier fait confiance à des orges hybrides. Elles ont été semées à 150 grains / m2. Il qualifie la plante de « plus puissante », « plus résistante » et forte d’un pouvoir de tallage très intéressant. L’exploitation connaît habituellement des rendements en orge avoisinant les 70 à 75 q / ha. Cette année, le céréalier s’est tourné vers de nouvelles variétés. Reste à voir si elles répondront aux besoins de l’agriculteur.

5 variétés de blé

Les semis de blé (sur précédent féverole) ont commencé le 15 octobre. « Nous avions de bonnes conditions pour semer. La terre était très belle. Elle était sèche et facile à travailler. Comme précédent, une culture telle que la féverole, à racine pivotante, a un impact positif sur la structure du sol. » Mais, comme pour beaucoup d’agriculteurs du département, les semis ont dû être arrêtés dans la journée du 18 octobre, la pluie jouant l’invitée surprise. Cinq variétés de blé hybride ont été retenues cette année par François-Xavier. Parmi elles, Hysun, qu’il utilise déjà depuis 2004, notamment pour son excellent poids spécifique. Un critère qu’il regarde de près, au même titre que la rusticité ou la teneur en protéines, en pensant à son débouché principal. « Toute ma production part à l’export. La livraison à destination du port assure une meilleure valorisation. »

En amont des semis, le producteur, qui a opté depuis une dizaine d’années pour les techniques de conservation des sols (TCS), travaille ses parcelles de façon à avoir « une terre fine, qui garde la fraîcheur, et un bon horizon ». Il y tient. Appréciant la technologie Simba (distribuée par Modema), il utilise le modèle SL 500 de cette marque, juste après la moisson pour un déchaumage en vue de faire un faux semis. S’y ajoute plus tard un travail de décompactage. « Cette machine permet une bonne préparation superficielle. On peut semer directement sans problème. Sur des terres argileuses, lourdes, en un seul passage, elle fait une terre fine. » Et à la clef, même si le prix de ce type de déchaumeur est onéreux, une baisse du coût de production à l’hectare.

Pour les semis, François-Xavier utilise son semoir rapide Kverneland MSC (pour techniques culturales simplifiées). Il fait 6 m de large. Pour le tirer, un tracteur de 360 CV. « Il faut de la puissance. Moins il patine, moins on abîme le sol, et moins on voit les traces du tracteur. J’utilise ce semoir depuis 2007. Avant j’avais un semoir à dents. Avec le Kverneland, je suis certain que sur 2 kg semés, il y a le volume équivalent qui lève. » La qualité de semis assure pour une large part un bon rendement. Le producteur croit à l’adage.

Pour l’orge et le blé, la vitesse d’avancée au semis est de 4 ha / h, pour une moyenne de 11,5 km / h. Pour la féverole, qui sera semée après le blé, la vitesse de progression est de 7 km / h. Mais mercredi matin, en attendant de meilleures conditions climatiques, tous les outils étaient au point mort.

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