Philippe Pinta, président d'Orama : Nous avons besoin de retrouver 80 à 100 euros/hectare».

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Philippe Pinta, président d'Orama : Nous avons besoin de retrouver 80 à 100 euros/hectare».

A l'occasion du 4ème Sommet du Végétal, à Rungis, Philippe Pinta, président d'Orama*, a dressé un tableau noir de la situation des producteurs de grandes cultures français et a réclamé des aides gouvernementales.

La situation des producteurs de grandes cultures français, déjà critique, risque de s'aggraver en 2010, a estimé Philippe Pinta, président d'Orama, section spécialisée « grandes cultures» de la Fnsea. «D'un côté, les chances d'amélioration du couple récolte/prix sont en effet très réduites ; de l'autre, l'amputation brutale des paiements directs décidée en France pour 2010 en grandes cultures va annuler la baisse des charges d'intrants» analyse-t-il. Pour les producteurs, la pilule du rééquilibrage des aides PAC, au détriment des grandes cultures, a en effet du mal à passer : « En optant, il y a onze mois pour cette amputation des paiements, (...) en affirmant aventureusement que, de toute façon, nos prix seraient durablement élevés, le Gouvernement a commis une erreur majeure », estime le président d'Orama.

Orama réclame donc le soutien de l'État et estime que les producteurs « ont besoin de retrouver 80 à 100 €/hectare dès cette campagne ». Pour arrêter les mesures nécessaires, Orama réclame la constitution d'un « Comité de suivi des grandes cultures » évoqué par le président de la République en mars 2009.



Des visites «impromptues» lors des réunions électorales

Sur le terrain, la situation reste très tendue. : « Il ne faudra pas s'étonner si, les semaines à venir, les candidats de la majorité aux régionales reçoivent quelques visites impromptues lors des réunions électorales » prévient-il

Philippe Pinta a également appelé de ses voeux une politique agricole d'après 2013 qui permette de produire de manière intensive et durable à la fois. En ce qui concerne les filières, il souscrit à la volonté du ministre d'accentuer le rôle des interprofessions et de développer la contractualisation

En matière de gestion d'aléas, il est satisfaisant que l'utilisation de la Dotation pour aléas (DPA) ait été étendue aux aléas économiques, mais il réclame que les plafonds de cette dotation deviennent proportionnels au chiffre d'affaires. «Il faut aussi que le dispositif d'assurance-récolte actuellement prévu devienne intéressant en grandes cultures. Le seuil de déclenchement et le montant de franchise retenus empêchent pour le moment qu'il en soit ainsi » estime-t-il.

* Orama fédére : l'Association Générale des Producteurs de Blé (AGPB), l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM) et la Fédération française des producteurs d'oléagineux et de protéagineux (FOP). Cela représente 325.000 exploitations.

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