Phytosanitaires: le futur arrêté sera "pour l'essentiel" celui de 2006 (Valls)

Phytosanitaires: le futur arrêté sera "pour l'essentiel" celui de 2006 (Valls)

Le Premier ministre, Manuel Valls, a assuré jeudi que le futur arrêté réglementant l'usage de pesticides sera "pour l'essentiel" celui de 2006, retoqué par le Conseil d'Etat pour une question de forme, mais avec des portes ouvertes à des précautions nouvelles liées à la technologie, aux pratiques.

"Le nouvel arrêté, tant dans son architecture que dans les mesures de fond, sera pour l'essentiel le même que celui de 2006", a déclaré le chef du gouvernement lors d'une rencontre avec des représentants de l'interprofession des vins de Bordeaux et de la Chambre d'agriculture, en marge d'un déplacement en Gironde. En juillet, le Conseil d'Etat avait annulé l'arrêté ministériel du 12 septembre 2006 encadrant l'utilisation des produits phytosanitaires, au motif qu'il n'avait pas été soumis à la Commission européenne pour avis. Ce texte, caduc au 7 janvier 2017, stipulait notamment que "des moyens appropriés doivent être mis en oeuvre pour éviter l'entraînement (des pesticides) hors de la parcelle ou de la zone traitée", intégrant de nombreux facteurs comme la force du vent, la proximité d'un cours d'eau ou d'une zone riche en biodiversité, la durée du traitement, etc.  

Le futur texte "ne sera pas en recul" par rapport à 2006, a affirmé jeudi Manuel Valls, face à des professionnels de la viticulture, grosse consommatrice de pesticides, notamment inquiets de possibles entraves à leur usage à proximité de toutes zones habitées, indépendamment des précautions.  Mais le Premier ministe a aussi indiqué que le futur texte devra, si des "mesures consensuelles" se dégagent, intégrer de nouvelles précautions "car la société française toute entière regarde avec plus d'acuité les questions de santé et de protection de la biodiversité". Manuel Valls a aussi insisté sur les leviers, autres que réglementaires, qui doivent être actionnés "pour atteindre une meilleure protection des exploitants agricoles eux-mêmes, de leurs ouvriers agricoles, des riverains, des cours d'eau et de la biodiversité": notamment l'amélioration du matériel d'épandage, le recours à des produits de substitution moins dangereux, auxquels les producteurs de phytosanitaires seront de plus en plus soumis, et des changements de pratiques, plus économes en produits sanitaires.

Le futur arrêté, fruit d'un travail interministériel (Agriculture, Environnement, Santé), doit faire l'objet d'un avis du Comité national sur les pratiques fertilisantes et supports de cultures, attendu en novembre, puis d'une consultation publique avant d'être transmis à la Commission europénne, rappelle-t-on dans l'entourage ministériel. Et il n'y aura pas de "vide juridique" sur les épandages, le texte de 2006 restant en vigueur jusqu'au prochain arrêté, souligne-t-on de même source. Par ailleurs, le contenu du futur arrêté est aussi l'objet de toutes les attentions des opposants aux pesticides, qui craignent un affadissement des mesures de protection, déjà fortement insuffisantes, selon eux, en raison de l'influence tant du groupe de pression viticole, que de l'industrie phyto-sanitaire.

Source AFP

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Commentaires 5

joel lacrejo "freddjo"

on est dans la suspicion anti pesticide a fond , pour jouer les Zorro rien de tel que de faire peur aux populations puis arriver en chevalier blanc .... alors tant pis si comme pour les nitrates on decrete qu'il y a danger sans qu'aucune etude valable n'ai montré d'effet néfaste ; l'essentiel est de capter le vote et la reconnaissance de tout les bobos que l'on a formaté...

ESCHENMANN PHILIPPE OU MME "CLOCHE215"

ne plus avoir recours au traitement s'il le faut absolument , veut dire rendre la terre improductive....pour le moment, je n'ai pas pu constater que l'on supprime la taxe foncière. quelle contradiction !!!!!!!

moumi

ptto tu ne te rends juste pas compte qu un jour un paysan se prendra un coup de fusil lors d 'n traitement , ou meme avec la batteuse deja certain se sont fait menacé de mort , deja vu des entreprises de deshydratation qui ont pris une balle dans l'ensileuse .... et puis c'est phyto prendre des risques pour pas etre payer un rond , et comment se dire raisonnable quand la moyenne de traitement en pomme a couteau c'est 34 ...bon sang reveillez vous paysan

Charlie28

Que le gouvernement n'oublie surtout pas d'aller jusqu'au bout des choses : par exemple, établir une cartographie de chaque commune avant la mise en application du nouvel arrêté et interdire toute nouvelle construction à proximité des parcelles agricoles (il n'y a pas de raison que les agriculteurs soient les seuls pénalisés), prévoir une réduction du fermage si l'on ne peut plus cultiver partiellement une parcelle ou bien compenser la perte par une aide, communiquer sur ces espaces non cultivés afin qu'ils ne deviennent des aires de stationnement ou lieux de promenade, etc...

otto

Mais qui paye tous ces fonctionnaires qui ont passé un temps fou à élaborer un texte idéologique qui de plus allait bien au delà des directives de Bruxelles?

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