Pomme de terre : La coop est l'avenir de la fécule

Nicole Ouvrard

Didier Lombart, président du GIPT, prône la constitution d'une coopérative de collecte qui fournirait l'usine Roquette de Vecquemont.

Que va devenir la filière pomme de terre fécule au-delà du 1er juillet 2012 ? La disparition des quotas par État membre et par industriel, du prix minimum fixe et de l'aide couplée vont laisser un grand vide pour cette production hypercontingentée. « Toute la filière profite des aides. À nous tous de créer la stabilité et la visibilité de demain », a interpellé Christophe Naud, directeur de la féculerie de Vecquemont dans la Somme, approvisionnée par 850 producteurs. Avec 202 000 tonnes, l'usine représente à elle seule les trois quarts du contingent français de fécule.

Didier Lombart, président du GIPT . (N. Ouvrard)

Didier Lombart, président du GIPT . (N. Ouvrard)

Transfert de propriété

Le face à face groupement/industriel a bien fonctionné pendant des années pour la fixation des prix, mais il bat de l'aile depuis la volatilité du prix du blé. Et le risque est grand d'un effondrement de la production au-delà de 2012. « La meilleure réponse est la création d'une coopérative de collecte » a affirmé haut et fort Didier Lombart, président du groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre (GIPT) et producteur livreur à l'usine Roquette de Vecquemont, lors du dernier congrès de l'UNPT (producteurs de pommes de terre) à Amiens. « Non, la coopérative n'est pas ‘has been'! Elle est ancrée à un terroir et a une fiscalité adaptée. C'est un outil économique idéal par rapport à l'acte commercial, car il y a un transfert de propriété du produit agricole. » Mais l'affaire n'est pas faite car il s'agit d'une réelle rupture culturelle pour les agriculteurs par rapport au mode de fonctionnement actuel, dans un contexte de baisses de tonnage (- 20 %) et de prix pour la récolte 2010.

Source Réussir Grandes Cultures Avril 2010

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